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A la foire du livre de Lomé avec Steve BODJONA

Steve Bodjona veut « placer le Togo au rang des pays qui font du livre et de la lecture un pilier de l’éducation et de la formation des jeunes » !

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La deuxième édition de la Foire Internationale du Livre de Lomé vient de rentrer dans l’histoire.

Son promoteur, Steve Bodjona, peut être fier de la réussite de cette grande messe du livre au Togo. Nous sommes allés à sa rencontre pour vous recueillir, non seulement ses impressions sur le secteur culturel au Togo, mais aussi son analyse de la filière du livre et les perspectives de son action, en tant que promoteur de la Foire Internationale du Livre de Lomé (FI2L).

Vous êtes un homme avec plusieurs casquettes. Diplomate, écrivain et promoteur culturel. Nos lecteurs sont curieux de savoir comment vous vous débrouillez pour gérer un emploi du temps aussi chargé ? 

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Steve Bodjona : (Rires)… J’ai la chance qu’aucune de ces trois activités ne soit pour moi une corvée mais bien au contraire une voie incontournable pour mon plein épanouissement. Elles se valent toutes et comme j’ai l’habitude de le dire, elles se complètent. Elles sont l’expression d’une réelle passion et, vous conviendrez avec moi, le passionné trouve toujours le temps nécessaire. Le reste n’est qu’une question d’organisation et de planification.

Vous êtes un écrivain togolais, auteur, entre autres, de L’odyssée ou le journal d’un migrant, La valse des diplomates, D’un cœur d’enfant, Les ronces de l’amour. Vous connaissez bien le paysage littéraire togolais. Dites-nous comment se porte la littérature au Togo et la chaîne du livre, ces dernières années.

Steve Bodjona : La littérature se porte bien. La chaîne du livre par contre pourrait être mieux organisée.

Ces dernières années, nous constatons qu’il y a un souffle nouveau dans le monde littéraire togolais. Nombreux sont ces jeunes auteurs publiés chaque année et nombreuses sont également les maisons d’éditions que compte notre pays. Nous avions d’ailleurs été surpris de recenser une douzaine de maisons lorsque nous lancions en 2017 la Foire Internationale du Livre de Lomé.

Si les publications foisonnent, il est important que celles-ci soient de qualité, sur ce plan, je reste personnellement sur ma soif quant à l’implication des critiques littéraires qui, à mon avis, sauf quelques rares parmi eux, ne jouent pas pleinement leur rôle au service de la littérature togolaise. Les hommes et femmes de médias devraient également renforcer leur capacité en la matière.

La distribution reste également un volet sur lequel les acteurs du livre devraient se pencher sérieusement et œuvrer à ce que toute production puisse être accessible, d’abord sur l’ensemble du territoire togolais et, ensuite, hors des frontières de notre pays. La prise en compte effective des œuvres littéraires togolaises dans les programmes scolaires et universitaires de notre pays seraient un grand pas dans la recherche de solutions.

Aujourd’hui, vous êtes plus sur le terrain en tant que promoteur culturel. Qu’est-ce qui vous à motivé ?

Steve Bodjona : Cela se résume en quelques mots : l’ambition de dynamiser le secteur du livre dans son ensemble et de porter haut la culture togolaise, la littérature en particulier.

La filière du livre peut se réjouir d’avoir une plateforme interactive à partir de la Foire Internationale du Livre de Lomé que vous portez à bout de bras. Racontez-nous la petite histoire de cette foire qui vient de clôturer sa deuxième édition.

Steve Bodjona : L’histoire prend racine dès le début de l’année 2018 pour porter ses fruits courant novembre 2018. Elle est faite de concours (concours Miss Littérature, concours Interlycées de lecture, compétition de scrabble) du forum Livre-Jeune, de conférences, panels et ateliers d’écriture, de nombreuses rencontres autour de Théo Ananissoh, l’auteur invité 2018 et bien d’autres auteurs. Elle est écrite par 23 exposants venus de six pays différents (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Niger et Togo).

Elle a consacré la convergence d’idée et de vison entre acteur comme démontré à travers la coorganisation par le club Le Littéraire et les Editions Awoudy de la nuit des auteurs et s’est laissée agrémenter par le talent de nombre d’artistes lors de soirées conte, slam et théâtre.

Quelles sont les différentes activités qui ont meublé cette troisième édition de FI2L ? Et quel était l’objectif ou les objectifs visés ?

Steve Bodjona : Ayant effleuré l’agenda de la FI2L-2018 dans ma précédente réponse, je vais surtout mettre l’accent sur les objectifs à court terme qui tiennent en trois principaux points : offrir aux acteurs et observateurs de la scène littéraire togolaise et internationale un cadre de rencontre et d’échange autour du livre, permettant ainsi de créer entre ces derniers une véritable cohésion et de faire découvrir au public togolais les talents dont regorge le monde de l’écriture au Togo.

Placer le Togo au rang des pays qui font du livre et de la lecture un pilier de l’éducation et de la formation des jeunes.

Valoriser la production littérature togolaise aussi bien au plan national qu’international.

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Votre action semble se focaliser plus sur la jeunesse. Y a-t-il déjà des signaux qui augurent un lendemain meilleur pour la filière du livre au Togo ? 

Steve Bodjona : En la matière le doute n’est point permis. L’initiative de la FI2L et celle des régionales du livre ont surtout révélé la passion qu’ont les jeunes pour le livre. Il nous faut juste leur proposer les cadres adéquats pour exprimer et vivre leur passion pour la littérature. Cette responsabilité incombe à l’ensemble des acteurs du livre qui, plus que jamais, doivent mutualiser leurs efforts pour l’atteinte de l’objectif commun.

Peut-on avoir quelques statistiques sur la fréquentation des stands par le public ?

Steve Bodjona : Le site de la foire a été visité par 2910 adultes et environs 900 enfants. A côté il y a lieu de préciser que des activités tels que le forum Livre-Jeune, le concours Inter-lycées de lecture et le concours Miss Littérature se sont tenues hors site et ont mobilisé plus de 1000 personnes.

Cette 2ème édition a connu le Bénin comme invité d’honneur. Est-ce un choix stratégique pour la distribution ?

Steve Bodjona : L’objectif de la FI2L étant également de créer un cadre de brassage et de partage d’expériences entre acteurs du livre de divers pays, il était de bon ton, chaque année, de mettre un pays à l’honneur afin de permettre aux uns et aux autres de découvrir de manière suffisamment approfondie, les réalités de la littérature du pays en question. Cette année nous avons eu le Bénin, en 2017 ce fut la Côte d’Ivoire et en 2019, nous attendons le Cameroun.

Avec toute la volonté et la détermination dont vous faites preuves, le champ littéraire togolais doit s’attendre à voir émerger d’autres institutions comme une plateforme de distribution. Vous-y pensez ?

Steve Bodjona : Notre souhait le plus ardent est justement de voir émerger d’autres institutions pour qu’ensemble nous portions haut le flambeau de la littérature togolaise. Avant le lancement officiel des activités du Club Le Littéraire, d’autres entités existaient qui, en fonction de leur moyen et de leur mission œuvraient pour donner vie au secteur du livre.

Il importe que les initiatives ne s’arrêtent pas avec l’arrivée du Club sur la scène littéraire. Mon rêve est de voir un jour un véritable réseau de distribution de livre s’imposer et faciliter, en temps réel, l’accès des populations aux productions littéraires togolaises et au-delà au livre dans toute sa globalité.

Aujourd’hui vous êtes un des acteurs incontournables dans la filière du livre Togo. Une instance de légitimation et d’orientation pour les jeunes auteurs et de célébration des talents. Quelle est votre positionnement face au champ littéraire togolais ?

Steve Bodjona : La poésie un peu partout dans le monde est de plus en plus reléguée au rang des genres littéraires les moins lus tandis que le roman garde toute sa place avec une place de choix faite aussi bien par bon nombre d’écrivain que par les lecteurs au roman à l’eau de rose.

Je serai personnellement heureux de voir autant d’intérêt accordé au théâtre (saluant l’effort des promoteurs du Festival Scolaire de Théâtre pour maintenir la flamme de cet art) et à l’essai. 

Un mot à l’endroit de votre public ?

Steve Bodjona : Ma gratitude à tous ceux qui croient en nos diverses initiatives et les soutiennent d’une manière ou d’une autre. Il importe également de rappeler aux uns et aux autres l’immense richesse contenue dans le livre et exhorter surtout les parents à toujours le mettre au centre de l’éducation et de la formation des enfants.

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Les régionales du livre

Vous organisez aussi les régionales du livre. Expliquez-nous comment elles fonctionnent et quelles régions du Togo seront concernées pour l’édition en préparation ?

Steve Bodjona : L’impératif de porter le livre vers la population ne se limite pas qu’à Lomé, qui abrite déjà la Foire internationale du Livre de Lomé. Il est donc apparu nécessaire de lancer une initiative afin de répondre également aux attentes des populations qui résident en dehors de la capitale.

Les régionales du livre sont une sorte de foire nationale du livre qui se tient sur la base d’un principe rotatif avec l’objectif de porter à chaque région du Togo et ceux, de manière alternative, le livre.

Nous envisageons pour la deuxième édition (après Atakpamé l’an dernier), en avril 2019, de couvrir les régions Centrale et de la Kara.

Propos recueillis par Edem Kodjo LATEVI

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