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Vaudou Game : envoûtement assuré !

Vous l'avez entendu à la radio pousser des cris tel un James Brown ressuscité, Peter Solo est le leader charismatique du très en vogue Vaudou Game.

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Avec son " Pas contente ", morceau aux sonorités seventies, à la ritournelle accrocheuse et au groove flamboyant, on plonge dans une eau douce vaudoue.

Interview de Peter Solo. Envoûtement assuré.

Africavivre : Après Miadoné en 2008, Analog Vaudou en 2013, Apiafo sort en 2014 et fait une entrée remarquée sur la scène musicale française. Quel est le message que vous souhaitez porter avec cet album ? Est-il politique ? Utopique ? Artistique ?

Peter Solo : Cet album parle d'une philosophie, la philosophie vaudoue. Il y a une cause à défendre. Et deux sujets qui me tiennent particulièrement à coeur. Il faut protéger la nature et réabiliter un royaume, le royaume vaudou.

Avant de créer cet album, je me suis demandé quelle image les gens avaient de la culture vaudou. J'ai eu le sentiment qu'il la voyait sous un angle très stéréotypé. Ils pensaient tout de suite à la poupée vaudou et aux aiguilles plantées dedans. Alors que le vaudou ce n'est pas ça.

Et puis, la nature, nous sommes en train de la détruire. C'est pourquoi je cherche à défendre cette cause également. Il faut que les gens sachent que cette terre sur laquelle nous marchons, l'eau, l'air et le feu sont vivants. Il faut les respecter.

VAUDOU-GAME


Africavivre : Plusieurs styles musicaux ont influencé votre travail. Pouvez-vous nous dire un mot sur chacun d'eux ? 
La funk musique ?

Peter Solo : C'est une énergie. Dans le funk, il y a quelque chose qui est proche du vaudou. Pendant les cérémonies pour la divinité vaudou Sakpata, les rythmes, c'est du pur funk. Il y a une énergie similaire dans la transe. La danse, le chant, c'est la même énergie que le vaudou.

Africavivre : Le groove ?

Peter Solo : Je ne sais pas ce qu'est la musique groove. Le groove, c'est le rythme ! Le rythme du corps, des battements du coeur. C'est quelque chose qui est vivant, qu'on ne peut pas exprimer.

Africavivre : La musique juju ?

Peter Solo : King Sunny Adé, je l'écoutais à Lomé au Togo. Puis à Londres car je jouais de la musique avec des Nigérians. C'est une musique de fête, de mariage... cette musique traditionnelle-là ne m'a pas trop influencé. King Sunny Adé a créé une musique juju moderne. Mais ça n'est pas pareil que ma musique. C'en est très loin.

Africavivre : L'afrobeat ?

Peter Solo : Ce que j'ai appris de Fela Kuti, c'est son charisme, sa rigueur et sa détermination. Sa croyance qu'il avait dans la musique, le fait que l'artiste et la musique soient liés, ça me parle. Quand tu te donnes à la musique, elle te le rend bien

Africavivre : La musique des années 1970 ?

Peter Solo : Je suis influencé par mon oncle Roger Damawuzan. Il a participé à deux titres sur l'album Apiafo. J'ai également été influencé par Poly-Rythmo. J'ai aussi beaucoup écouté James Brown et Otis Redding. Tous ces grands chanteurs m'ont beaucoup influencé

Africavivre : La culture vaudou est très présente dans votre travail. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela influt lorsque vous créez ? Pour le morceau " Pas contente ", par exemple comment l'avez-vous écrit ?

Peter Solo : Le processus de création parfois ça vient, parfois ça ne vient pas. Pour " Pas contente ", c'est parti d'un sentiment de révolte. Je trouvais que le vaudou était stigmatisé. Et, les quatre éléments du vaudou étaient considérés comme mystique.

J'ai pensé alors : "La nature n'est pas pas contente. Je ne suis pas content." Comme il fallait amener notre discours, notre position avec douceur, on l'a fait avec humour en musique.

Africavivre : Cet album a été enregistré dans des conditions sonores particulières. Quelles sont-elles ?

Peter Solo : Pour nous, l'idée était de faire comme cela se faisait avant dans les années 1970. Comme ces musiques qu'on aime d'ailleurs encore aujourd'hui.

Cet album, je l'ai voulu entièrement en analogique, sans ordinateur. Enregistré sur un magnéto à bandes. À l'ancienne. Le groupe joue ensemble directement. C'est enregistré en direct. Y a pas quinze entrées son. On est des artisans en quelque sorte.

Comme on est des artisans, on doit bricoler. Quand y a un truc qui loupe, c'est ce qui fait le charme. Et puis avec ce mode d'enregistrement, il y a une énergie spontanée que tu n'as pas autrement. Après, l'album tu l'aimes ou tu l'aimes pas.

Africavivre : Que signifie Apiafo ?

Peter Solo : C'est un peu l'équivalent de amen dans la religion catholique mais sans intention religieuse. C'est une sorte de ponctuation. Lorsqu'on te dit par exemple :"Tout ce que tu veux dans ta vie, tu l'auras." Tu dois répondre : "Apiafo."

Vaudou Game - Pas Contente - (official video)

Zoom

Le portrait chinois de Peter Solo du groupe Vaudou Game

Africavivre : Si vous étiez un(e) auteur(e) africain(e). Qui seriez-vous ? Pourquoi ?

Peter Solo : Léopold Sedar Senghor. Pour son africanisme, ses valeurs et son intégrité en tant qu'être humain.

Africavivre : Si vous étiez un(e) réalisateur/trice africain(e). Qui seriez-vous ? Pourquoi ?

Peter Solo : Je ne suis pas trop film.

Africavivre : Si vous étiez un(e) musicien(ne) / chanteur/teuse africain(e). Qui seriez-vous ? Pourquoi ?

Peter Solo : Miriam Makeba. Elle a beaucoup lutté et défendu ses valeurs dans des moments très difficiles. Et, Bob Marley aussi. Mais Miriam Makeba, je l'ai accompagné une fois sur scène. Je l'aime beaucoup.

Africavivre : Si vous étiez un plat africain. Lequel seriez-vous ? Pourquoi ?

Peter Solo : L'akoumé ! C'est de la farine de maïs. On mange ça avec de la sauce. C'est comme une purée

Africavivre : Merci Peter d'avoir répondu à nos questions. Bonne tournée ! Elle est déjà bien remplie, il me semble ?

Peter Solo : Oui, c'est déjà la course pour cet été ! On est content !

Propos recueillis par Eva Dréano

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