Liyana-Gcina-Mhlophe

Films / Swaziland

LIYANA, pépite visuelle venue du Swaziland

La fiction guérisseuse

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A l'origine, une histoire imaginée par cinq orphelins swazis...

Multi-primé déjà, notamment lors du British Film Institute's London Film Festival, ou à la MOMA's Doc Fortnight, " Liyana " mêle documentaire en prises de vues réelles et partie animée.

Co-réalisé par Aaron et Amanda Kopp, ce film hybride s'appuie sur une histoire imaginée par cinq orphelins swazis en complicité avec la célèbre conteuse sud-africaine Gcina Mhlophe.

Ce récit, qui met en scène une intrépide héroïne partant à la rescousse de ses frères jumeaux, permet de cautériser leurs plaies, comme de nous faire ressentir profondément les traumatismes de ces jeunes narrateurs, et leur indéfectible optimisme malgré toutes les cicatrices de la vie qu'ils ont déjà connues.

Sans grand discours pompeux, " Liyana " donne à réfléchir sur les très grandes vertus de la fiction, notamment thérapeutiques, et libératrices. Le fait de pouvoir tout à coup créer leur propre histoire propose à ces enfants fragilisés un formidable espace de liberté, d'ouvrir une porte, si salutaire pour eux. On ressent avec ce film à quel point nous avons besoin d'histoires.

En plus de son parti-pris de départ fort - de muer ces écrivains en herbe en scénaristes du film -, ce projet longuement mûri acquiert une ampleur encore accrue par le très appréciable concours du créateur visuel nigérian Shofela Coker.

Par un travail de longue haleine, l'artiste a donné vie à l'imaginaire fertile des enfants, en images lumineuses, luxuriantes et colorées, chatoyantes, magnifiques et irradiantes, qu'on voudrait bien, toutes, accrocher dans sa chambre ou son salon.

L'association entre prises de vues réelles tournées dans l'orphelinat swazi de Likahaya Lemphilo Lensha et les visions resplendissantes de Shofela Coker accroît considérablement la force du propos, permettant d'asseoir avec plus de vigueur encore l'idée d'un imaginaire où tout est possible.

L'attrait de cet envoûtant ovni swazi se voit en outre encore rehaussé par la musique romanesque et inspirée du sud-africain Philip Miller. Cette épopée originale et féministe y gagne encoredavantage en puissance, tutoyant le mythe.

Gcina-Mhlophe

Elsie Mhlope dite Gcina Mhlophe, née en 1958, est une militante anti-apartheid, une actrice, une conteuse, une poète, une dramaturge, et une metteuse en scène sud-africaine.

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La célèbre conteuse sud-africaine Gcina Mhlophe

Gcina Mhlophe, doctoresse honoraire de la London Open University et de l'University de Natal, a acquis une grande notoriété et fédéré un large public International, grâce à ses diverses performances, publications et différentes actions pour promouvoir la lecture en Afrique du Sud comme ailleurs.

Gcina Mhlophe s'est déjà produite en effet lors de Poètes Africa ainsi que le Perth Writers Festival, aussi bien à Johannesburg qu'à Edinbourg ou à l'Opéra comique de Berlin, entre autres.

Elle a fait également diverses lectures dans plusieurs universités, des collaborations avec des artistes musicaux tels que Ladysmith Black Mambazo, Pops Mohamed ou Bheki Khoza, et on lui doit de nombreuses histoires très plébiscitées, telles que "Have you seen Zandile ?", "The Singing Dog", "Queen of the Tortoises", "Fudukazi's Magic"...

S'exprimant à la fois en afrikaans, zulu, xhosa et anglais, elle préside l'ASSITEJ, une association internationale de théâtre dédiée aux enfants et aux jeunes dans son pays d'origine, et milite ardemment pour sensibiliser à l'importance d'écouter et de raconter soi-même des histoires, dès le plus jeune âge.

Matthias Turcaud

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