War Don Don de Rebecca Richman Cohen

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War_don_donDocumentaires / Sierra Leone
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War Don Don
de Rebecca Richman Cohen
Racing Horse Productions / Naked Edge Films

 Un documentaire dérangeant sur l'équité du procès d'un criminel de guerre organisé par la justice internationale.

 

La guerre en Sierra Leone est terminée, c'est le temps des procès.

War Don Don, admirablement réalisé par Rebecca Richman Cohen, nous plonge dans les coulisses du procès de Issa Sesay accusé d'être un criminel de guerre.

A la manoeuvre le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, tribunal mis en place par les Nations-Unis et le gouvernement de Sierra Leone.

Le documentaire donne tour à tour la parole à l'accusation, au Procureur et à la défense, donnant un sentiment d'une justice à deux vitesses à travers les difficultés rencontrées par la défense : manque de moyens, exiguïté des locaux, justice politique.

L'avocat d'Issa Sesay admet la culpabilité de son client mais souhaite un procès équitable pour une peine raisonnable. C'est tout le dilemme d'un tel procès.

Comment juger un criminel de guerre devant l'horreur des atrocités commises ? Issa Sesay est coupable mais jusqu'où ?

A-t-il participé à la mise en oeuvre et à l'application d'un plan visant à commettre toutes ces atrocités ? Ou a-t-il été un rouage parmi d'autres ?

A-t-il des circonstances atténuantes en ayant participé au dépôt des armes, préalable au retour de la paix ? Ou la raison d'Etat l'emporte-t-il pour donner un signal fort aux futurs rebelles que leurs crimes ne resteront pas impunis ?

War Don Don est sans doute le documentaire le plus abouti sur la défense des criminels de guerre, sujet oh combien périlleux et source de polémiques !

 

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Une condamnation à 52 ans de prison

L’acte d’accusation contre Issa Hassan Sesay a été émis le 7 mars 2003 par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Il a été arrêté trois jours plus tard et est inculpé sur la base de sa responsabilité individuelle de 18 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Le 25 février 2009, le Tribunal l'a condamné de 16 des 18 chefs contre lui, et le 8 avril 2009 Sesay a été condamné à 52 ans de prison. Il s’agit de la plus lourde peine jamais prononcée par le Tribunal.

Le 26 octobre 2009, la Chambre d'appel a confirmé à l'unanimité la culpabilité et la sentence concernant les 16 chefs d'accusation.

Le 31 octobre 2009, Issa Sesay et sept autres personnes condamnées par le Tribunal ont été transférés au Rwanda pour y purger leur peine.

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