La Pirogue de Moussa Touré

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La Pirogue
de Moussa Touré
Une coproduction franco-sénégalaise : Les Chauves-Souris, Astou Films, Arte France Cinéma, Appaloosa Films, Royal Pony Film, LCS, Studio 37
"Au Sénégal, chaque famille compte au moins un de ses membres qui s'est embarqué dans une pirogue pour tenter sa chance en Europe".

 

La Pirogue de Moussa Touré est tout simplement le film qui donne tout son sens à la phrase du critique Serge Daney : "Le cinéma africain sera adulte lorsqu'on dira d'un film africain qu'il est nul."

Et ne nous y méprenons pas : ce film-là ne fait pas partie du camp des oeuvres surévaluées, des petits films pour lesquels la critique a été jusqu'ici un peu trop complaisante. Ce film-là, c'est au contraire la preuve que le cinéma africain est en train de passer dans une autre dimension, aussi bien sur le plan technique que sur la qualité de la construction narrative.

Caméra embarquée dans les « barques de la honte »

La principale qualité de La Pirogue est d'avoir su trouver le positionnement juste sur une question politique épineuse, à laquelle il est difficile de trouver un responsable précis.

Sans faire preuve d'un engagement excessif (hormis la pique au discours de Dakar de Nicolas Sarkozy), sans sombrer dans la résignation, qui était le défaut du documentaire Dieu a-t-il quitté l’Afrique ? de Musa Dieng Kala, Moussa Touré parvient très justement à trouver un équilibre de ton qui impose l'approbation.

Embarqués dans ces barques de la honte, on devient spectateur d’un des plus grands drames de ce siècle dans un huis clos saisissant où la promiscuité et l'enfermement tranchent avec l'horizon de la mer.

Moussa Touré sait donner la gravité nécessaire au traitement d’un tel sujet, en proposant sans fausse note une forme proche de l’épopée.

 

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Moussa Touré, cinéaste montant de la scène africaine

Découvert avec son long-métrage TGV, le réalisateur de La Pirogue est devenu en l'espace de quelques années une des figures qui comptent parmi les cinéastes africains.

Ce dakarois touche-à-tout est également un cinéaste engagé : il a réalisé des documentaires politiquement incorrects sur les femmes violées lors de la guerre civile au Congo-Brazzaville (Nous sommes nombreuses), la polygamie au Sénégal (5x5), la vie des immigrés en Catalogne (Nosaltres).

En 2002, il initie le festival "Moussa invite" à Rufisque au Sénégal qui fait la promotion de documentaires africains réalisés par des Africains.

Romain Dostes
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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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