Coup de torchon de Bertrand Tavernier

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Coup_de_torchonFilms / Sénégal
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Coup de torchon
de Bertrand Tavernier
Parafrance
Règlements de compte en Afrique coloniale française.

 

Coup de torchon, l’une des nombreuses collaborations entre Bertrand Tavernier et Philippe Noiret est l’occasion d’une plongée dans l’Afrique coloniale française. Jubilatoire.

Vices et médiocrité d’un flic d’une petite bourgade coloniale

Veille de la Seconde Guerre mondiale. A Bourkassa-Oubangui, l’inspecteur Lucien Cordier est la risée du village. Manipulé par le proxénète, trompé par sa femme, il erre comme une âme en peine. Il ne fait pas ou très mal son travail, et méprise aussi bien les Français que ses serviteurs noirs.

Noiret a la dégaine désabusée d’un shérif du far-west. Comme dans un western, il semble accablé par la chaleur et la lassitude, au point de ne pouvoir se lever et d’entreprendre le moindre projet.

La ressemblance avec l’ambiance des récits américains n’est pas sans fondement : avec Coup de Torchon, Bertrand Tavernier signe l’adaptation d’un numéro du magazine Série Noire de l’écrivain californien Jim Thompson.

 

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Les décors sénégalais de Coup de Torchon

Outre l’excellente performance des acteurs réunis dans ce film, de Philippe Noiret en passant par Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle et Eddy Mitchell, on retient de ce film une ambiance particulière, bizarre, un peu pesante.

Les décors du film y sont pour beaucoup. Tourné principalement au Sénégal, du côté de Louga et de Saint-Louis, le film donne à voir l’étrange atmosphère des sociétés coloniales.

Une scène de fantasme a d’ailleurs lieu dans la villa à l’escalier avec double volée circulaire, emblématique de l’architecture coloniale de la « Venise africaine ».

Coup de Torchon a certes un peu vieilli, mais il permet une savoureuse intrusion dans cette ville emblématique de l’AOF : la relation entre Cordier et son serviteur Fêt-Nat’, mélange d’amitié et de condescendance, est d’ailleurs représentative des relations colons/colonisés de l’époque…

A voir donc, si l’on s’intéresse à cette tranche d’histoire et si l’on aime l’univers loufoque de Tavernier.

Romain Dostes

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