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Romans / Sénégal

AMINATA AIDARA, c'est "quelqu'un", à n'en pas douter

Mêler littérature, histoire et anthropologie

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Invitée au salon littéraire MOSS à Douala, Aminata Aidara a publié l'année dernière son premier roman "Je suis quelqu'un" dans la collection "Continents noirs", chez Gallimard. 

Ecrivaine et journaliste italo-sénégalaise, Aminata Aidara publie des nouvelles en italien et en français, et a été primée, notamment, pour le recueil "La ragazza dal cuore di carta" (La jeune fille au coeur en papier), publié chez Pietro Macchione Editore en 2014.

Détentrice d'un doctorat en anthropologie et en lettres modernes, Aminata Aidara a publié l'année dernière son premier roman, épistolaire, "Je suis quelqu'un", construit autour de la disparition d'un enfant illégitime, dans lequel on retrouve une réflexion qui déborde le cadre romanesque, et relève d'une dimension politique et historique.

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La jeune auteure, également chroniqueuse pour "Africultures" n'hésite pas, notamment, à convoquer des figures de la pensée postcoloniale qu'elle entend rendre accessibles au plus grand nombre, et pas seulement réservées à un public de niche, comme Felwine Sarr, Achille Mbembe, Léonora Miano, ou Frantz Fanon - pour lequel le personnage d'Estelle nourrit dans le livre une admiration très vive.

"Personne ne l'a vu mais je suis une étoile filante qui n'a pas encore touché le fond, la fin du ravin, malgré la chute. Encore une fois j'émerge du péril. Je survis. Je fête. Je vis. J'ultravis." : on le voit dans cet extrait, Aminata Aidara s'intéresse à des figures tourmentées, heurtées, cabossées, en reconstruction, lorgnant vers l'effondrement, tout en se relevant finalement.

Les personnages qui l'intéressent tentent également "de se choisir", essayant de faire fi des déterminismes sociaux ou familiaux, dans une épineuse quête d'identité longtemps prolongée.

La romancière parle aussi de l'immigration ; l'Histoire avec un "H" majuscule se mêle à celle avec "seulement" une minuscule dans un récit ambitieux, un peu byzantin ou baroque, élaboré en tout cas dans la forme.

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Entre l'italien et le français

" Je suis quelqu'un est né en italien. Le noyau, la graine, est italien. L'arbre qui en est sorti, français.

Au-delà des passages écrits directement en français, j'ai fait un long travail de traduction et ensuite d'adaptation de mon écriture de l'italien au français.

Bien sûr aidée par un de mes meilleurs amis, Olivier Gbezara, poète d'exception et polyglotte remarquable. "

(Propos recueillis par chroniquesdesimposteurs.wordpress.com, le 22 août 2018)

Matthias Turcaud

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