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Takeifa, la famille la plus afro-rock du Sénégal

Le jeune groupe sénégalais Takeifa sort son 3ème album. Afro-rock plus que jamais, ils nous offrent en prime un featuring avec Baaba Maal.

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Takeifa est leur nom de scène. Gass Giss, celui de leur 3ème album sorti en France, en Europe et sur les réseaux sociaux le 28 juin.

 

A cette même date, les 5 frères et sœur étaient sur la scène du New Morning, à Paris.

En 2006 débute leur carrière. Ils se font d’abord connaître en Espagne, puis au Sénégal et en Europe. Depuis, ils ont la fâcheuse tendance à surfer sur les bonnes vagues.

Ils foncent, saisissent les mains tendues, sont ultra connectés et savent prendre ce qui est bon dans le jazz, le hip hop et la tradition mandingue. Ils sont à tout bien réfléchir l’illustration même du titre de leur nouvel album qui signifie « Qui explore durement finit par trouver le bon filon. »

Interview avec Jac Keita, le leadeur du groupe.

Africavivre : Vous êtes toujours très rock mais pas seulement...

Jac Keita : Notre nouvel album, Gass Giss est aussi jazz et hip-hop. On s’est également inspiré de la musique afrobeat de Fela Kuti. On joue du rock parce qu’on est jeune mais jouer du rock ce n’est pas facile. On a voulu laisser notre inspiration venir de la façon la plus naturelle possible.

Africavivre : Quand la musique a-t-elle commencée à vous attirer ?

Jac Keita : J’ai commencé à jouer de la musique en 1993. J’imitais Mickael Jackson en dansant comme lui. Six ans après, je chantais du rap. J’étais dans l’univers du hip hop. A ce moment-là, en 2000, mes frères et ma sœur m’ont rejoint. On a commencé à répéter chez nous avec les moyens du bord.

Avant de travailler avec mes frères et soeur, j’ai travaillé avec d’autres instrumentistes. J’ai créé plusieurs groupes mais on ne partageait pas les mêmes envies. Cela arrive rarement. Les autres musiciens étaient très bon mais plus dans le traditionnel, le mbalax. A chaque fois, j’étais très déçu car on n’arrivait pas à être en accord les uns avec les autres. Petit à petit mes frères ont commencé à vouloir jouer avec moi.

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Africavivre : Comment composez-vous ? Pouvez-vous nous parler de votre musique ?

Jac Keita : Il y a des morceaux que je compose seulement à la guitare. Je propose la mélodie aux autres et ils composent dessus en ajoutant leur instrument.

Je dirais qu’il n’y a pas d’autres groupes au Sénégal faisant comme nous de l’afro-rock. On a d’abord tourné en Europe car on ne pensait pas avoir de succès au Sénégal.

On était très présents sur les réseaux sociaux. On a essayé de faire des vidéos clip, de financer nos propres concerts. On s’est fait des fans clubs dans beaucoup de régions. On a commencé à se faire connaître sur le plan national et international. Des jeunes Espagnols venaient souvent danser dans nos concerts. Par leur biais nous avons pu faire une tournée en Espagne. Pendant trois ans, on a joué en Espagne.

De retour au Sénégal, on a réalisé de nouveaux concerts et cette fois on pouvait montrer qu’on était connu à l’étranger.

Africavivre : Pouvez-vous choisir un ou des morceau(x) et m’en parler ?

Jac Keita : Ndanane signifie être humble en wolof. Nous avons sortie ce morceau en clip. Baaba Maal chante dedans.

Sur Macoumba, je chante en français. Le morceau parle de la politique en général. On refuse les hommes politiques qui pillent le continent et sacrifient les jeunes générations.

Dans Macoumba on montre l’Afrique autrement. Notre continent n’est pas pauvre. Non plus seulement un ensemble de territoires en guerre où règne uniformément la corruption. Quand on a la chance de pouvoir faire passer de tels messages, on le fait.

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Africavivre : Comment la rencontre avec Baaba Maal s’est-elle passée ?

Jac Keita : Baaba Maal est mondialement connu. Plus jeune, j’avais dansé sur certains de ses morceaux. Baaba Maal croit en nous et nous croyons en lui. Il nous a beaucoup accompagné et soutenu. Il nous a offert des opportunités dont nous nous sommes saisis. Notre relation ne date pas d’hier.

Africavivre : Qu’avez-vous prévu pour cet été et cette fin d’année 2017 ?

Jac Keita : On est en tournée tous les mois de juin et juillet. On a plus de vingt-cinq dates de prévues. Fin juillet, repos et on se remet en studio en septembre. Des gens sont intéressés par nous, on va donc battre le fer tant qu’il est encore chaud.


Zoom

Jac Keita à coeur ouvert

Africavivre : Quels sont les ingrédients indispensables pour concocter un beau concert, selon vous ?

Jac Keita : Se préparer et être relax.

Africavivre : Quelle est, pour vous, la journée parfaite ?

Jac Keita : Une journée qui se termine par un très très bon concert.

Africavivre : Quel serait votre plus grand bonheur ?

Jac Keita : D’avoir un disque d’or ou de platine.

Africavivre : Quels sont vos héros préférés dans la vie réelle ?

Jac Keita : Mes parents.

Africavivre : Avez-vous une devise ?

Jac Keita : Je n’en ai pas. Les devises et les principes, il faut en avoir. Mais lorsque tu en as trop tu deviens invivable. Ça ne fait que compliquer la vie, les devises.

Africavivre : Qu’avez-vous prévu de faire demain (le jour suivant l’interview) ?

Jac Keita : Demain. Beaucoup d’interviews.

Propos recueillis par Eva Dréano

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