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OMAR PENE, dans une forme encore étincelante

Diamono Production Bientôt 50 ans de carrière !

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L'iconique Omar Pène revient avec un nouvel album, abouti, militant et musicalement très réussi : rencontre !

Comment la musique est-elle rentrée dans votre vie à l’origine ?

Omar Pène : Cela fait déjà très longtemps. Un musicien m’avait repéré dans le quartier où j’habitais, et on jouait comme ça, avec un ami guitariste. Je faisais partie d’une équipe de foot du quartier et, chaque soir, on chantait. Il passait par là par hasard, et il m’a proposé d’intégrer le groupe dans lequel il évoluait. C’est comme ça que tout a commencé.

Vous êtes célèbre pour avoir participé au groupe Super Diamono. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Omar Pène : On a bourlingué ! L’année prochaine, inch Allah comme on dit chez nous, je fête mes cinquante ans de carrière, donc vous voyez un peu ! On a su garder le cap, et c’est un groupe mythique, quand même, qui existe au Sénégal, et, depuis lors, on suit notre bonhomme de chemin.

Cela fait très longtemps que vous faites de la musique. Quel est le secret de votre longévité s’il y en a un ?

Omar Pène : On prend beaucoup de plaisir à faire ce métier grâce au public composé de plusieurs générations. Des jeunes ont créé une amicale de fans qui nous accompagnent depuis une trentaine d’années, donc on ne se sent pas seul. C’est une énergie positive qui nous accompagne depuis longtemps déjà.

Vous avez collaboré avec Manu Dibango. Que pouvez-vous nous dire de lui ?

Omar Pène : Je crois qu’on s’est rencontrés lors d’un concert en Roumanie, dans le cadre de la francophonie, et puis on s’est retrouvés sur la scène. On a partagé de très bons moments. C’est un grand monsieur.

Pouvez-vous à présent nous dire quelques mots sur Lokua Kanza ?

Omar Pène : On s’est rencontrés à Vincennes, lors de la Francophonie. C’est un mec vraiment très sympa, un très bon chanteur et un très bon musicien, très humble aussi. On a partagé un moment inoubliable.

Sur Ismaël Lo ?

Omar Pène : Avec Ismaël Lo, on a joué au Super Diamono pendant cinq ans, donc on a appris à se connaître. Jusqu’à présent, on est restés très proches et il m’appelle « le grand frère », c’est un super mec, très professionnel aussi.

Et sur Youssou N’Dour ?

Omar Pène : Ca fait 40 ans qu’on se connaît. Nous sommes de grands amis.

 

Comment l’album « Climats » a-t-il vu le jour ?

Omar Pène : On y a pensé avec Hervé Samb, le guitariste qui l’a réalisé et qui m’accompagne depuis plusieurs années déjà. Comme on se connaissait déjà, on n’a pas cherché loin, le choix s’est porté sur lui pour arranger l’album.

Comment avez-vous décidé d'inviter Faada Freddy sur cet album ? 

Omar Pène : Il a été question d’inviter un artiste, et très vite le choix s’est porté sur lui, même si d’autres noms ont circulé. C’est un garçon pétri de talent que j’ai toujours admiré, et on n’a pas regretté notre choix.

Omar Pène Climats

Crédit photo : Mahfouz

Que veut dire « Won Naa La Ko » ?

Omar Pène : Cela veut dire « je lui ai montré le chemin ».

« Wethié » ?

Omar Pène : Ce sont les jeunes qui m’appellent « Père »  aujourd’hui.

Que pouvez-vous nous dire de « Wolou » ?

Omar Pène : C’est une chanson d’amour ! On ne peut pas y échapper lorsqu’on fait un album (rires) !

Une chanson évoque également le terrorisme.

Omar Pène : Oui, le terrorisme s’est implanté dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et c’est malheureux, l’Afrique n’a pas besoin de ça. Il ne faut pas que nos jeunes constituent des proies faciles. Ceux qui prônent le terrorisme sont des gens assez puissants quand même. Il faut faire très, très attention !

On peut donc voir qu’il y a une grande diversité de thématiques dans cet album. Pourquoi avoir choisi de l’appeler « Climat » alors ?

Omar Pène : C’était une évidence. C’est une chose qui nous interpelle tous. Rien ne peut se faire sans un climat serein. Aujourd’hui, le climat est inquiétant. Le dérèglement climatique est un problème mondial. J’associe ma voix à celles qui se sont déjà élevées. J’interpelle les consciences et les décideurs. En Afrique, on commence à vivre en plus les effets du dérèglement climatique.

Comment avez-vous choisi l’image de la pochette de l’album ?

Omar Pène : Pour la pochette et les photos, j’ai été conseillé par mes collaborateurs. On a choisi un lieu à 80 kms de Dakar qui s’appelle « Le Baobab » et qui correspond à l’esprit de l’album et interpelle par rapport au réchauffement climatique.

L’enregistrement s’est déroulé à la fois à Paris et à Dakar. Dans quelle atmosphère de travail ?

Omar Pène : La plupart des musiciens, je les connaissais. Ce sont des musiciens qui m’accompagnent souvent quand je suis en Europe – même si je ne les connaissais pas tous, et que c’est Hervé Samb qui s’est occupé du casting. On était assez détendus, on savait ce qu’on voulait faire et où on voulait aller. L’ambiance était très sympathique, la confiance s’était installée.

Quels sentiments éprouvez-vous lorsque vous chantez ?

Omar Pène : C’est toujours lié à ce que le public me renvoie. Je ne le fais pas pour moi-même. Quand je reçois un retour positif, ça me fait vraiment énormément plaisir, franchement.

Remerciements chaleureux à Omar Pène, joint par What's App, très chaleureux et disponible, et Assane Ndoye, très courtois et avenant.

Zoom

Quelques conseils aux jeunes

Quels types de conseils donnez-vous à la jeune génération dont vous êtes très proche ?

Omar Pène : De croire en eux-mêmes. De croire que l’avenir leur appartient. Je crois qu’il faut savoir rester positif, et aussi respecter son identité – je pense que ça aussi, c’est extrêmement important.

Tout ce qui se passe dans notre monde doit servir de leçon. Je crois qu’ils doivent aussi rester vigilants.

Matthias Turcaud

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