Hôtel Rwanda de Terry George

Partager cet article

 

Hotel_Rwanda_Terry_GeorgeFilms / Rwanda
3_etoiles
Hôtel Rwanda
de Terry George
Lions Gates Entertainment et United Artists
L’histoire poignante d’un gérant d’hôtel qui sauva des familles tutsies du génocide rwandais.

 

Bien sûr, il y a quelque chose de foncièrement hollywoodien dans ce film. Le récit de ce brave homme, d’abord calculateur et égoïste, puis humaniste, puis héroïque, et le happy end ont de quoi décontenancer si l’on s’attend à examiner attentivement les circonstances historiques de ce drame. 

La mécanique appliquée au massacre rwandais consiste précisément à n’en faire qu’une toile de fond, et cette légèreté peut légitimement agacer. Mais si Hôtel Rwanda se veut grand public, il réussit le tour de force d’être instructif et passionnant en même temps. 

Sans tomber dans la romance, ni l’exhibition des horreurs, Terry George livre au contraire un film subtil, porté par un Don Chadle tout en retenue.  

Un film qui n’esquive pas les grands enjeux du conflit rwandais

D’avril à juillet 1994, l’ONU a eu à faire face à un des pires massacres du XXème siècle, à l’origine de 800 000 morts. Hôtel Rwanda met en avant la difficile gestion du conflit par les Nations Unies, et le retrait prématuré des troupes.

La responsabilité française est elle aussi évoquée : il est question du soutien du gouvernement français apporté aux forces hutus. En revanche, le réalisateur ne s’appesantit pas sur l’attentat commis contre l’avion transportant le président Juvénal Habyarimana, qui marque le début du génocide.

Troisième enjeu majeur : les importantes vagues d’exode vers les pays voisins ou vers l’Europe à la fin du conflit. Le film met en scène le rapatriement de familles entières présentes dans l’hôtel et se termine par l’exode de nombreux modérés hutus vers le Congo.

Cet exode a lui aussi une fin tragique : on estime à plus de 50 000 le nombre de réfugiés qui ont trouvé la mort dans les pays voisins à la suite du conflit.

en-vente-a-la-boutique-africavivre


Romain Dostes

​ 

Article précédent
Sénékélaw Ka Kuma - Paroles de paysans d'Idriss Diabaté
Article suivant
Desert Rebel de François Bergeron
 
Ajouter un Commentaire
Code de sécurité
Rafraîchir