Zaïre, le cycle du serpent de Thierry Michel

Documentaires / République Démocratique du Congo

Zaïre, le cycle du serpent de Thierry Michel

Les Films de la Passerelle A Kinshasa, Thierry Michel filme les puissants comme les sans voix. 30 ans après l’indépendance et après 25 ans de gouvernance de Mobutu : le bilan est accablant.

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Dans la démarche de Thierry Michel, l’objectivité prime. La caméra est discrète. Elle sait se faire oublier et nous laisser le temps de découvrir le quotidien de différents personnages.

Zaire-le-cycle-du-serpent-de-Thierry-MichelOn échange ainsi des banalités avec le patron du Medef congolais. Puis on suit un groupe d’handicapés physiques dans leur activité journalière : la mendicité. On assiste successivement à un discours dans les rangs militaires, et dans ceux de l’église catholique et Kibanguiste.

Ensuite, on rencontre un patron blanc contraint de cesser son activité, la fabrication de meubles de luxe, pour se reconvertir dans la fabrication de cercueils. La mort est un marché plus lucratif, semble-t-il. Le souci, ponctue-t-il,
n’est pas le nombre de mort, mais la difficulté des vivants à payer les frais d’enterrement.

le-cycle-du-serpentUn historien intervient à plusieurs reprises dans le documentaire. Son analyse est factuelle et souvent imagée. En 1992, la société congolaise est composée d’agriculteurs-pasteurs – ceux fournissant la matière travail - et de ramasseurs-cueilleurs – ceux n’ayant qu’à se baisser pour se délecter des fruits du travail des autres, dit-il.

Selon l’historien les ramasseurs-cueilleurs dirigent le pays. Depuis l’indépendance, la RDC a connu différentes périodes. Il les qualifie de Cycle. Après celui du lion, puis du léopard, 1992 émerge sous le cycle du serpent. Les serpents, ce sont les militaires et les hommes dont s’est entouré Mobutu. Ces invertébrés enserrent leur proie jusqu’à ce qu’elle se révolte et fasse valoir leur besoin de liberté.

Zaïre, le cycle du serpent de Thierry Michel s’achève sur une scène tragique : l’enterrement d’un jeune homme tué sans sommation ni raison apparente par un militaire. L’événement réveille dans la population un cri de colère et de révolte présageant la fin d’un règne. Mobutu sera d’ailleurs évincé cinq ans plus tard, en 1997.

A l’aube des années 2000, Joseph Kabila prend sa place. Après celui du serpent, sous quel signe sommes-nous aujourd’hui ?


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Rencontre avec Thierry Michel

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Incarnation et sublimation du réel.

Depuis 30 ans, Thierry Michel, photographe, journaliste et réalisateur, filme le monde de son regard humaniste d’observateur hors pair.

Depuis Zaïre le cycle du serpent, la République Démocratique du Congo se rappelle à lui régulièrement et le pousse à filmer encore et encore les mystères de cette nation ayant attisé sa curiosité. Désir de rendre justice et de révéler des vérités tues. Envie de sublimer, ou de transmettre une vision humaniste et sans stéréotype sur ce pays ambivalent.

L’irrésistible ascension de Moïse Katumbi (2013 – Prix spécial du jury du festival international du film panafricain à Cannes), L’affaire Chebaya, un crime d’Etat ? (2011 - Grand prix du festival international du Film des Droits de l'Homme), Katanga Business (2009), Mobutu Roi du Zaïre (1999)… ces différents films sur la RDC portent tous en eux ces vœux pieux, ceux d’un homme solidaire et sensible.

Eva Dréano

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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