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Romans / République Démocratique du Congo

L'OISEAU DANS LA CAGE, histoire poignante sur la quête de liberté

Quand la justice acquitte un coupable et condamne un innocent

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Remportant le troisième Prix Makomi 2017 du meilleur roman, le deuxième roman de Hilaire Kasongo L'oiseau dans la cage est un livre bouleversant tant par le drame qu'il raconte que par l’humanité de son personnage principal.

Après « L’étudiante à l’ombre du campus », Hilaire Kasongo (notre photo) offre à ses lecteurs une œuvre plus incisive et plus intérieure.

Accusé d’avoir volé un oiseau, Max, encore tout jeune, clame l’innocence de toute sa force, mais personne ne le croit. « Voleur d’oiseau, voleur d'oiseau ! » scande le village derrière lui. Sa mère essaie de le défendre, mais ne sait prouver ni sa culpabilité ni son innocence…

Hilaire-KasongoOn dit que l’histoire est un perpétuel recommencement. Alors qu’il savoure encore sa joie nouvelle d’avoir décroché un boulot à la banque, le sort frappe à nouveau : il est accusé de détournement de fonds et sa belle perspective se mue en une traumatisante expérience qui le précipite en justice. Arrêté, enchaîné et torturé, il clame l’innocence comme le jeune garçon d’alors, mais aucune conscience ne se meut. Les barreaux de la prison se referment et commence pour lui un chemin de calvaire…

L’oiseau dans la cage nous dresse un tableau sombre et insolite des conditions carcérales de l’ère mobutienne. Au-delà de sa richesse narrative et de son intérêt historique, le récit explore l’âme humaine aux prises avec l’adversité. La tension est constante tout le long des pages et rien n’échappe à l’esprit du lecteur attentif : les couloirs obscurs, l’humidité des cellules, les cris de désespoir, le murmure du temps qui passe… Les mots s’insinuent en nous insidieusement et nous touchent au cœur.

Etincelle d’espoir dans une nuit opaque, la flamme semble faiblir au fil des pages, une flamme que rien pourtant ne peut éteindre parce qu’elle éclaire notre route et nous amène à partager le sort du pauvre homme. Nous découvrons le monde derrière les barreaux par les yeux étonnés de Max, qui retrouve en lui le jeune enfant accusé injustement d’avoir volé un oiseau. Il n’en finit pas d’être coupable, coupable jusqu’à la déraison, et le temps s’enfuit, le temps de sa jeunesse. La liberté prend son sens primordial, être libre pour courir le long des rues, fût-ce pour gaspiller ses jeunes années, malgré tout être libre.

L’oiseau dans la cage parle d'un cœur en pleurs, d'une jeunesse entravée, d'un amour contrarié et de l'impuissance devant le destin. Marquant non pas par les réponses qu’elle apporte mais par les questions qu’elle pose, tel un évangile sans message, ce récit enchâssé se lit sans trêve. Le lecteur en sort tout autre.

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Trois questions à Hilaire Kasongo

Hilaire Kasongo, née le 2 février 1964 à Kayeye est un auteur congolais ayant notamment écrit "L’étudiante à l’ombre du campus" et "Entre deux amours".

Quelle place donnez-vous à "L’oiseau dans la cage" dans l’ensemble de votre œuvre ?

Hilaire Kasongo : L’oiseau dans la cage est au centre de mon œuvre parce que contrairement aux autres romans, il est celui qui a été écrit avec le cœur et dont l’écho résonne encore en moi.

Voulez-vous dire que ce roman résume votre travail d’auteur ?

Hilaire Kasongo : Un roman ressemble à la pièce d'un puzzle, il ne peut pas résumer tout mon travail d’auteur. Il est cependant une œuvre majeure dans ma bibliographie.

Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?

Hilaire Kasongo : Le prochain à paraitre s’intitule : La fleur espagnole. Il s’agit d’une nonne qui quitte sa patrie pour travailler au Congo dans une mission catholique de Kayeye…

Patrick Kasongo

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