RAFIKI-FARIALA

Documentaires / République centrafricaine

RAFIKI FARIALA : promesse du cinéma centrafricain

Son premier film MBI NA MO décrit le quotidien des Centrafricains à Bangui.

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Le premier court-métrage - d'une durée de 28 minutes - du jeune réalisateur centrafricain de 21 ans Rafiki Fariala a été sélectionné pour la compétition du Fipadoc à Biarritz, consacré aux documentaires.

Rafiki Fariala y capte des bribes de la vie quotidienne d'Agou, chauffeur de moto-taxi, et de sa femme Emilie. Agou a un accident, ce qui porte dangereusement préjudice à l'avenir du couple, puisque Émilie doit se faisant arrêter d'étudier, et que leur rêve d'enfant s'en trouve compromis.

Également auteur-compositeur, slameur et chanteur, Rafiki Fariala élargit encore son champ d'activités avec ce film qui lui permet de donner des nouvelles d'un pays méconnu, qu'on résume trop souvent à la guerre.

Ici, de guerre, il n'en est pas question. Il s'agit bien plutôt de parler de la manière dont une grande majorité de la population centrafricaine, représentée en l'occurrence par Agou et Émilie, vit, se bat, rêve à des lendemains plus rieurs.

Agou et Émilie, qui interprètent leur propre rôle, se sont pris au jeu et ont apprécié le résultat final. La population aussi, témoin de ce tournage, a réagi positivement. Rafikila Fariala pense d'ailleurs même à réaliser une suite.

Le choix du documentaire s'avère judicieux ; déjà, parce que moins dispendieux, en général, que la fiction, d'autre part parce qu'en adéquation avec les objectifs de Rafiki Fariala : faire connaître des vies méconnues, en restant au plus près de personnes bien réelles, enregistrant avec attention leurs difficultés, leurs vœux et leurs combats, la résilience et la patience dont ces héros méconnus doivent faire preuve pour, tout simplement, s'en sortir, survivre.

Pendant ce temps, le très large sourire de Rafiki Fariala le dit : l'espoir est bien permis.

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Une salle de cinéma à Bangui

Elle a ouvert le 2 février 2019 et pourra accueillir 400 personnes assises et 1000 debout.

Ce lieu projettera des films, mais accueillera également des concerts, des spectacles vivants ou encore des conférences.

Ce sera une grande première pour la Centrafrique, dont témoigne aussi le maître d'oeuvre Fred Ndachi, dont c'était le premier chantier de ce genre.

Bangui a pu abriter des salles de cinéma, mais cela fait plusieurs années qu'il n'y en a plus.

Cette ouverture imminente converge bellement avec un enthousiasme naissant pour le cinéma, vecteur d'histoires comme d'espoir, et outil précieux pour donner de la Centrafrique une image plus fidèle à la réalité ; faire connaître ce pays souvent ignoré voire dédaigné, qui suscite à tort beaucoup d'indifférence.

Matthias Turcaud

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