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Expos / Ouganda

L’art ougandais s’expose au grand jour !

Daudi Karungi dynamise le monde de l’art ougandais : un dur labeur portant des fruits d’une rare créativité.

Directeur de la galerie de Kampala, AfriArt, peintre, membre fondateur de la Biennale de Kampala et de la revue d’art et culture StArt, le jeune Ougandais de 38 ans n’a certainement pas besoin de conseil pour occuper les vingt-quatre heures de sa journée.

Très engagé dans la démocratisation de l’art ougandais dans son pays et à travers le monde, Daudi Karungi remplit son rôle activement et de bonne grâce.

A ses côtés nous découvrons ce monde de l’art, ses enjeux et ses acteurs majeurs.

L’artiste ougandais, un outsider en devenir

Jusqu’à il y a peu en Ouganda, rares étaient les institutions existant dans le domaine de la promotion de l’art. Aussi, quelques artistes produisaient des œuvres dans le quasi anonymat faute de moyen de diffusion suffisant.

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Daudi Karungi a préféré se consacrer à la promotion d’autres artistes plutôt qu’à son art conceptuel.

Le résultat nous dit Daudi Karungi, depuis les années 1990, années d’explosion de l’Art contemporain africain à l’international, on connaît mieux certains artistes d’Afrique de l’Ouest, du Nord et du Sud. L’Afrique de l’Est est restée longtemps le parent pauvre des sphères artistiques internationale et africaine.

Un nouveau mouvement est aujourd’hui en train de s’opérer. Le mouvement est justement la thématique de la deuxième Biennale KAB16, ayant eu lieu à l’automne 2016 à Kampala sous le commissariat de la camerounaise Elise Atangana. Une belle occasion de voir entrer les artistes ougandais sur la scène internationale sur une thématique ultra-contemporaine.

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Sanaa Gateja, qu’on appelle le roi de la perle est né en 1950 en Ouganda.

Autour du numérique et à travers 6 expositions, 25 artistes ougandais, français, allemand, indien,... ont pu créer pour donner corps à leur inspiration qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Aujourd’hui, des institutions soutiennent l’artiste ougandais

Kampala a vu progressivement fleurir plusieurs organisations (32° Est, Maisha Garden,…), quelques galeries (Nommo Gallery, AKA Gallery, Afriart Gallery) et espaces culturels (Weavebird Foundation, Makerere Art Gallery).

La capitale offre aujourd’hui aux artistes d’Afrique de l’Est l’opportunité de rayonner localement et internationalement. Jusqu’ici, cette scène s’illustrait pas des productions essentiellement esthétiques. Elle offre dorénavant un panel de création engagée et politique.

Une implication sociale que Daudi Karungi considère comme nécessaire dans la société actuelle ougandaise. 

Artistes émergeants ougandais

Sur les conseils de Daudi Karungi, nous découvrons le travail esthétique d’Eria ‘Sane’ Nsubuga.

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Le travail de Eria ‘Sane’ Nsubuga compile peinture, dessins et collages de presse. 

En 2008, il sort diplômé de l’université des Beaux arts de Kampala. Egalement de sculpture à l’école Margaret Trowell Industrial and fine Art.

Sur des toiles extrêmement colorées ou des dessins quasi intégralement en noir et blanc, il s’approprie des classiques de l’histoire de l’art (La piété et la passion du christ), traite de sujets de société, tente d’être la voix du plus grand nombre et interroge plus qu’il ne répond aux questions.

A travers des personnages grotesques, décalés et sublimés, Eria ‘Sane’ Nsuguba’ critique et transcende les sujets suivants : le quotidien ougandais, la société de consommation, l’équilibre du pouvoir dans une société post-coloniale et la globalisation.

Enfin, pour briller en société et voir au moins le travail de deux artistes ougandais avant de mourir, Daudi Karungi nous invite également à découvrir Sanaa Gateja.

Tissu végétal, perles de papier, découpes de journaux et de magazines, raphia et teinture végétale sont ses matériaux recyclés de prédilection. L’utilisation du Bark cloth, tissu végétal traditionnel, nous en dit plus sur la tradition ougandaise. La récolte de cette écorce, effectuée une fois l’an sur des arbres bordant la région des grands lacs, sert à confectionner des habits de facture unique et traditionnelle portés lors de cérémonie.

Un rite ancestral qu’il magnifie brillamment et sobrement à travers des œuvres semi-abstraites. Nul besoin de manuel pour apprécier l’esthétique épurée et universelle de cet artiste longtemps resté inconnu du grand public.

En savoir plus

Pour plus d’informations sur l’art Africain contemporain à Paris, suivrehttps://www.facebook.com/akaafair/
Ou bien là : http://www.artparis.com/fr

Plus d’informations sur les projets de Daudi Karungi là :
http://afriartgallery.org/
http://startjournal.org/
http://kampalabiennale.org/kab16/

Eva Dréano

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