Aunty-Rayzor

Singles / Nigéria

AUNTY RAYZOR ne se laisse pas abattre

Corona sous acide

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Dans le sillage d'une Yemi Alade, la Nigériane Aunty Rayzor témoigne d'une grande énergie et d'un sens du rythme contagieux. 

On attend déjà son EP, "Virtual Reality", prévu cette année. Par WhatsApp, l'attachante et prometteuse artiste nous en dit plus...

Timbre grave et envoûtant, rythme effréné et happant, Aunty Rayzor débarque sur YouTube avec "Kuku Corona", trois minutes intenses et vibrantes qui donnent envie d'écouter bien davantage de sa part...

Quand avez-vous décidé de devenir chanteuse ?

Aunty Rayzor : J’ai toujours caressé l’idée plus jeune, mais je n’avais pas assez de confiance en moi. Quand j’ai écouté le rap de Ycee Jagaban, la bête musicale qui sommeillait en moi s’est réveillée. J’ai proposé une reprise de ce tube, qui m’a valu des retours positifs, des fans à Lagos et l’attention d’Ycee lui-même. Même si nous n’avons pas collaboré ensemble, j’ai été heureuse de savoir qu’il me considère comme sa version féminine. J’ai alors décidé de me lancer, et de commencer ma carrière de chanteuse professionnelle.

Que pensez-vous que la musique peut apporter ?

Aunty Rayzor : A mon avis, la musique permet aux gens de mieux s’exprimer, et contribue fortement à leur bien-être et leur ouverture d’esprit. Je pense aussi qu’elle peut inspirer positivement, et permet d’oublier les soucis du quotidien et les souffrances du monde. Elle rend plus heureux.

Comment définiriez-vous votre style ?

Aunty Rayzor : Versatile, je dirais ! J’aime tous les sons qui me font vibrer, mes goûts sont éclectiques. Ma musique découle d’un grand nombre d’influences, même si je fais surtout du rap.

Quels souvenirs gardez-vous de vos prestations au festival Felabration, où vous avez fait salle comble et rencontré un beau succès ?

Aunty Rayzor : C’était ma première fois. J’étais très nerveuse en coulisses, et en train de répéter en silence, sous pression. J’ai rencontré un adepte de musique charmant et enthousiaste, un Français qui est maintenant devenu mon producteur. Je le trouvais apaisant et rassurant, il m’a mis en confiance, et nous avions une belle connexion musicale. Il m’a redonné de la force, et nos quelques minutes de conversation ont mis fin à mon anxiété. Sa motivation et ses conseils m’ont galvanisée. Le concert fut excitant, et la foule s’est montrée très réactive et impliquée. Ce fut un moment incroyable.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de « Kuku Corona » ?

Aunty Rayzor : Le virus, bien sûr (rires). Pendant le confinement, mon producteur m’a appelé, en me disant qu’il s’ennuyait fermement, et m’a demandé de venir le voir tout de suite. « Kuku Corona » est alors arrivé. Le morceau raconte ce que nous ressentions alors, mais d’une manière comique et rythmée.

La chanson constitue-t-elle une manière de défier le Coronavirus ?

Aunty Rayzor : Par l’humour, nous voulions surtout compenser l’angoisse ressentie par la population, et l’incertitude qui se prolongeait. Nous ne nions évidemment pas, cela dit, que le virus existe bel et bien et qu’il faut le contrer.

D’où vous vient l’incroyable énergie qui vous caractérise ?

Aunty Rayzor : Je l’ai depuis ma naissance (rires) ! Quand j’arrive dans le studio, je ne pense à plus rien d’autre. Je ne sais pas d’où me vient cet état de transe, mais j’en profite ! Le rythme stimule aussi, ainsi que l’accord qui me relie à mon producteur. Cette complicité électrique que nous entretenons contribue sans doute également à mon énergie débridée.

Comment travaillez-vous avec Blanc Manioc ?

Aunty Rayzor : Blanc Manioc distribue mes morceaux sur des plateformes digitales et assure une partie de ma promotion. Je suis très satisfaite de leur travail.

Prévoyez-vous tout en amont ou improvisez-vous beaucoup ?

Aunty Rayzor : En fait, je m’adapte au projet musical. J’écris mes paroles en écoutant la musique, avec un sujet en tête, et en me laissant porter par la pulsation du morceau ; je ne précipite rien.

Votre EP « Virtual Reality » va bientôt sortir. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Aunty Rayzor : Cet EP combine différentes influences, pour prouver ma polyvalence et m’exprimer sans inhibitions. On y retrouve du hip-hop, du reggae, du rap et d’autres styles musicaux aussi.

Propos traduits de l'anglais par Matthias Turcaud.

Zoom

Les influences d'Aunty Rayzor

Quels musiciens ont-ils notamment nourri votre inspiration ?

Aunty Rayzor : Bob Marley, Fela Kuti et 2Pac, mais mon style de rap ne vient pas d’eux. Je les admire simplement en raison de leurs paroles profondes et puissantes. Mon rap tient de celui de ma Maman ! Elle faisait partie d’un groupe au début des années 90, mais l’a quitté après son mariage à la fin de la décennie. Elle n’a pas pu continuer après ma naissance, mais elle m’a enseigné tout ce qu’elle savait.

Matthias Turcaud

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