Koukan Kourcia, le cri de la tourterelle de Sani Magori

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Koukan_KourciaDocumentaires / Niger
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Koukan Kourcia, le cri de la tourterelle
de Elhadji Magori Sani
La SMAC (France) / Maggia Images (Niger)
Un très beau documentaire primé au FESPACO 2011.

 

Incroyable histoire que celle de Zalaya Hussey !

La cantatrice, âgée maintenant de 75 ans, a durant sa carrière provoqué l'exil d'une génération d'hommes nigériens par ses chansons qui les incitaient à quitter leur pays pour trouver du travail et subvenir aux besoins de leur famille. Parmi eux, le père du réalisateur, vivant à Abidjan en Côte d'Ivoire.

Elhadji Magori Sani réalise un documentaire poignant qui le voit dans un premier temps reprendre contact avec la Zalaya. Elle accepte de chanter à nouveau et de faire le long trajet jusqu'à Abidjan.

A un auditeur d'une radio qui lui demande comment elle compte s'y prendre pour faire revenir au pays des hommes qu'elle a poussés à l'exil, elle explique qu'elle va chanter l'ancienne chanson en retournant les paroles. Les hommes sont partis chercher de l'argent, ils ne sont jamais revenus, les enfants ont grandi, ils ont maintenant des petits-enfants, certains ne donnent pas de nouvelles, le téléphone ne remplace pas le contact physique, il est temps qu'ils reviennent.

Un autre auditeur en rigole : "La Zalaya veut ramener nos vieux parents ou les pousser encore plus loin ?".

Sa popularité est restée intacte, à Niamey, Ouagadougou, Accra, sa voix continue de subjuguer et ses paroles touchent le coeur des gens.

Durant son concert à Abidjan, elle appelle les pères de famille et plus particulièrement le père du réalisateur, à revenir au pays. Celui-ci ne peut retenir son embarras et son émotion.

Un documentaire époustouflant sur le poids de l'exil sublimé par la quête d'un fils qui en appelle à la force de la musique pour renouer le fil car comme dit la tradition africaine, il est mieux que les vieux soient au pays.

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Le phénomène Zalaya

Pour mieux saisir l'influence de Zalaya à travers sa voix et les paroles de ses chansons, laissons la parole aux hommes qui y ont succombé.

Ceux qui sont partis en exil : "J'ai quitté mon village le soir même de son concert".

Et ceux qui vont peut-être faire le chemin du retour : "Je suis en train de chercher mes chaussures pour rentrer", 'Elle m'a ôté la peur de reprendre la route".

Maxime Bonin

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