Cecile-McLorin-Salvant

Concerts d'artistes africains

Cécile McLorin Salvant, le concert privé d'une jeune Diva du jazz

Présentation du dernier album de Cécile McLorin Salvant dans un studio parisien.

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L'ambiance est intimiste, quasi familiale. Un sentiment d'être privilégié flotte parmi la petite trentaine d'invités réunis ce soir-là !

En 2013, cette jeune lauréate du prix Thelonious-Monk sort l'album Womanchild. Avec ce deuxième opus, le monde du jazz la découvre et s'en entiche immédiatement.

La presse et le public, également emportés par la prometteuse franco-américaine, déploient à son égard les comparaisons les plus flateuses (Billie Holiday, Sarah Vaughan, Joséphine Baker, Laugston Hughes). Il faut dire qu'elle a une des voix les plus délicieuses du monde du jazz actuel, une personnalité réjouissante et l'humilité des plus grandes.

Cécile McLorin Salvant possède une voix époustouflante. N'insistons pas là-dessus, cela est entendu et reconnu par le commun des mortels ayant eu un jour le plaisir de la voir en concert.

Ajoutons cependant pour parfaire le portrait de cette toute jeune chanteuse à la voix mature, (28 ans seulement), qu'elle possède en outre une capacité déconcertante à naviguer entre les registres (jazz, blues, RnB, lyrique, baroque) sans se départir de son sourire communicatif ni de son jeu de comédienne-née.

On dit que ce que l'on fait avec amour est ce que l'on fait de mieux. Gageons que Cécile McLorin Salvant recèle de nombreuses réserves secrètes de ce sentiment élixir pour incarner et habiter si bien les chansons de son nouvel album.

Pour l'aider s'il en était besoin, elle interprète dans Dreams and daggers, son nouvel opus, des thèmes qui lui sont chers et se réapproprie de magnifiques standards. Choix artistiques déjà subtilement infusés dans son album précédent, For one to love.

L'amour romantique est donc ici au premier rang (The best thing for you, would be me ; Mad about the boy, Somehow I never could believe, I didn't know what time it was), arrivent ensuite les histoires d'amour coquines (You've got to give me some), la condition de femme noire (Si j'étais blanche) et de femme (If a girl isn't pretty).

A son sujet, il est également de bon ton de préciser qu'elle ne fait pas démonstration de sa technique. Celle-ci est pourtant bien là mais employée avec parcimonie au service de quelques morceaux, grands standards ou morceaux judicieusement exhumés.

En d'autres temps, Joséphine Baker, Bessie Smith, Ella Fitzgerarld, Nina Simone, Sinead O'Connor, entre autres Divas, les avaient déjà interprétés à merveille. Voilà ainsi l'exploit certainement le plus épatant de la jeune prodige : réussir le tour de force de ne pas faire oublier ces grandes voix qui l'ont précédée, sans pour autant s'effacer du devant de la scène.

Enfin, notons que Cécile McLorin Salvant s'approprie ces mélodies éternelles avec brio accompagnée des musiciens non moins talentueux Aaron Diehl (piano), Paul Sikivie (contrebasse) et Kyle Poole (ndlr : remplaçant à l'occasion de ce concert Lawrence Leathers à la batterie). Sullivan Fortner, également jeune génie au piano, a accompagné Cécile McLorin Salvant sur quelques morceaux improvisés ce soir-là.

Zoom

Le parcours brillant d'une perle de la musique jazz

Cécile McLorin Salvant nait et grandit à Miami, en Floride.

A 5 ans, elle débute ses études de piano classique. A 8 ans, celles de chant en chorale. Jeune, elle s'intéresse au chant lyrique.

Jeune adulte, elle part à Aix-en-Provence étudier le droit, le chant lyrique et baroque au conservatoire Darius Milhaud. Elle y apprend l'improvisation, le jazz instrumental et vocal.

En 2009, elle enregistre son premier album, Cécile. L'année suivante, elle remporte le Concours Thelonious Monk du jazz vocal à Washington DC.

En 2013, elle renregistre l'album "WomanChild" pour le réputé label Mack Avenue. En 2014, elle est nominée au Grammy dans la catégorie du Meilleur Album de Jazz Vocal pour son album.

Son dernier album Dreams and daggers est le fruit d'un enregistrement live dans la Mecque new-yorkaise du Village Vanguard et au DiMenna Center avec son fidèle trio et, en invités sur certains titres, le Quatuor Catalyst et le pianiste Sullivan Fortner.

Un album brillant et authentique à l'image de la chanteuse que l'on qualifiait encore il y a peu de révélation de la musique jazz.

Eva Dréano

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