Films / mauritanie

BLACK TEA, éloge du métissage

Studios Cinéfrance / Archipel 35 / Dune Vision

Une nouvelle pépite du réalisateur mauritanien

Abderrahmane Sissako tourne peu, c'est dire si son nouveau film Black Tea est un événement d'autant plus que son dernier film il y a 10 ans, Timbuktu a connu succès public (1,2 million d'entrées) et récompenses (7 Césars).

Bamako dénoncait les dérives des politiques d'ajustement structurel imposées par le FMI et la Banque mondiale, Timbuktu révélait les atrocités djihadistes, Black Tea fait l'éloge de la liberté et du métissage.

Liberté individuelle d'une jeune ivoirienne qui choisit de dire "non" le jour de son mariage et décide de s'exiler en Chine.

Métissage car Aya tombe amoureuses du patron chinois de l'échoppe de l'export de thé dans laquelle elle travaille. Une idylle s'installe, délicate et secrète, pour ne pas heurter l'ex-femme de Cai et ses parents. Black Tea se concentre sur la relation entre Aya et Cai de façon touchante et émouvante.


Mais c'est aussi un film qui dénonce le racisme à "Chocolate City", le quartier africain de Guangzhou (Canton), et un film profondément féministe puisque Aya choisit de prendre son destin en main.

Abderrahmane Sissako signe un film esthétique, sentimental, plus complexe qu'il n'y parait qui nous embarque dans un univers insoupçonné, l'immigration africaine en Chine, à la croisée d'un monde de plus en plus mélangé.

ZOOM

Chocolate City

C'est au nord de la ville chinoise de Guangzhou (Canton), que l'on trouve le quartier baptisé par les chauffeurs de taxis « Chocolate City ».

Depuis le début des années 2000, plusieurs milliers d'Africains (les autorités chinoises estiment la communauté à 20 000 personnes) viennent y faire du business.

Les Nigérians y forment la plus importante communauté africaine. Loin de leur pays d'origine, les Africains de Guangzhou y recréent un bout de continent.

Maxime Bonin