Nou-le-morne-2018

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NOU LE MORNE, nouveau festival à Maurice

Trail, danse, musique, expos, photos... un événement en plein air au Morne, sur l'île Maurice

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Le 25 août aura lieu la 1ère édition du festival Nou Le Morne à Maurice, qui commémorera l'abolition de la traite négrière tout en appelant à la protection de l'environnement. 

Il mêlera expositions de photo, nourriture, concerts et arts graphiques.

Rencontre avec son organisatrice, Agathe Desvaux de Marigny, qui entend mettre en valeur la culture mauricienne tout en étant tournée vers l'extérieur.

Africavivre : Comment l’idée du festival vous est-elle venue ?

Agathe Desvaux de Marigny : C’est une longue histoire. Ce n’est pas juste un évènement, derrière tout ça il y a un projet social.

Au départ c’était une idée pour trouver des fonds et relancer l’économie dans la région. J’ai créé une ONG qui s’appelle ADM : Action Développement Le Morne. Pour essayer d’attirer les touristes, les mauriciens, les expatriés, tout le grand public, je me suis dit que c’était bien de faire un festival, un évènement qui allait rassembler tout le monde et avec lequel je pourrais récolter les fonds pour les reverser dans l’ONG.

Nou-le-Morne

C’est venu comme ça, en même temps c’est surtout l’histoire de la montagne du Morne, qui est au patrimoine mondial : toute cette histoire avec le passé, et donc l’esclavage. On a notre musique, le sega typique, qui est aussi au patrimoine mondial. Au début je pensais à un musée, mais finalement j’ai choisi de proposer un festival, avec de la musique, en racontant l’histoire et en gardant les traditions, ça m’a paru plus adapté.

On a imaginé plusieurs choses : un Trail, qu’on avait déjà fait l’année dernière, avec Cécile Gonzales de l’Omada Dance Compagny. On a également pensé à un spectacle qui raconterait le présent, le passé, le futur, avec du sega typique aussi. Je voulais des concerts avec des locaux, et on a une série de concerts qui va du sega typique à la fusion avec des morceaux électroniques.

Je veux aussi donner une dimension internationale au festival, donc on a invité Maya Kamaty de La Réunion, et on a un chorégraphe, de La Réunion également, qui a fait le troisième tableau pour le spectacle de danse. L’idée c’est d’inviter chaque année des artistes de l’étranger et de faire des échanges, travailler avec des résidences et la communauté, et chaque année rajouter des choses.

C’est la première édition d’un festival annuel. On va mettre en avant les talents : au niveau de la danse cette année par exemple les frères Joseph qui sont mauriciens. En musique on a des gens de la région, comme Frico Labelle, Menwar, Emlyn. On a de la nourriture traditionnelle faite au Morne…

Nou-le-Morne-Festival

Le festival est porté sur la nature et la culture, on fait donc très attention à l’environnement, avec des pailles en bambou, des verres en polycarbonate recyclé, des assiettes en palme de coco. On va aussi présenter l’ONG sur place et quelques associations dont « Un Océan vivable », tout ça pour appeler à une prise de conscience vis-à-vis du plastique. On va aussi présenter la montagne du Morne.

Africavivre : La programmation est très variée. D'où vient cet éclectisme ?

Agathe Desvaux de Marigny : Ca s'est beaucoup fait avec les collaborateurs. Pour le trail, "le trail de la liberté", c'était évident : le grand marronnage est de 20 km autour de la montagne du Morne et au petit Morne, et le petit marronnage à 10 km, par rapport à l'esclavage et au passé.

Je voulais aussi un documentaire sur le sega typique, qu'on n'a pas encore réalisé. J'espère pouvoir le faire l'année prochaine. On a une régate qui était prévue, une régate traditionnelle.

Les concerts montrent l'évolution du sega vers le seggae puis la fusion. Babani Sound System, par exemple, mêlent le sega, la fusion et des morceaux électroniques. On aurait aimé des causeries sur l'environnement ou des documentaires. Ca va s'élargir, ce n'est pas figé...


Babani Sound System, programmé au festival Nou Le Morne, fusionne ses mélodies avec des influences électroniques.

Africavivre : Le festival a-t-il été facile à monter ?

Agathe Desvaux de Marigny : En ce qui concerne les artistes, oui. On avait déjà fait une petite présentation il y a deux ans, l'année dernière je n'ai pas pu le faire parce que le lieu n'était pas prêt et ce n'était pas le moment : il fallait vraiment que le lieu puisse accueillir l'évènement et que les fonds soient suffisants.

Africavivre : Quelle est votre formation ?

Agathe Desvaux de Marigny : J'ai appris sur le tas. J'ai une formation en cuisine et j'ai toujours aimé la musique, donc j'ai commencé à faire des évènements dans mon restaurant, sur l'île des Bénitiers également, à quatre reprises, avec 3000 personnes...

Africavivre : Quels mets pourront être dégustés ?

Agathe Desvaux de Marigny : Des plats typiques, à savoir des caris de cochons marrons (ou sangliers), du cerf, de la pieuvre, des coquillages, du manioc...

Africavivre : Pourquoi le sega vous plaît-il ?

Agathe Desvaux de Marigny : Pour son côté mystique. J'aime le rythme assez spécial et son histoire.

Zoom

La culture mauricienne

Agathe Desvaux de Marigny : Je pense que la culture mauricienne n'est pas assez mise en valeur, alors même que son aspect multi-facettes est intéressant et qu'il s'agit d'un peuple avec différentes cultures.

Au niveau de la danse, l'offre reste insuffisante.

On aimerait demander des aides à la fois financières et en termes de partage de connaissances. C'est pour ça que je fais le festival aussi.

Matthias Turcaud

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