L'esclave de Dieu de Roger Frison-Roche

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L_esclave_de_dieuRomans / Mali - Sénégal
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L'esclave de Dieu
de Roger Frison-Roche
Collection Classiques Arthaud
Frison-Roche a deux passions : la montagne et l’Afrique ; c’est de cette deuxième passion que naît L’Esclave de Dieu, récit tiré d’une histoire authentique, véritable roman d’aventures à la rencontre d’une Afrique encore inconnue au début du XIXème siècle. 

 

Terra Incognita !

En 1800, au bord de la Charente, naît René Caillié, fils de forçat, garçon solitaire plongé dans les atlas à la découverte des terres encore inconnues du globe, notamment l’Afrique…

Abreuvé de récits d’exploration, René ne vit bientôt plus que d’une obsession : mettre le pied sur le continent africain, puis être le premier occidental à découvrir Tombouctou, la cité mythique aux sept portes d’or.

L’esclave de Dieu

« Le haillon du mendiant est moins voyant que la tunique du roi », c’est ce que le jeune aventurier met en pratique après avoir appris l’échec de grandes expéditions françaises et anglaises vers l’intérieur des terres. Il devient alors Abdallahi, « l’esclave de Dieu », ce personnage qui parfois inquiète, parfois séduit, éveille les soupçons, fascine toujours. Un mythe se construit, qui lui ouvrira les portes des caravanes durant des mois de marche éreintants.

Un long roman pour une longue marche

Dix-huit mois d’un voyage éprouvant, entre la maladie, la faim, l’épuisement, les mauvais traitements, mais également des moments d’émerveillements, de belles rencontres fortuites ; dix-huit mois d’une obstination surhumaine pour découvrir et rapporter les premières informations sur la cité aux sept portes d’or, et un apport considérable sur la géographie de l’intérieur des terres africaines.

On suit l’interminable traversée de René Caillié de manière d’autant plus fervente que l’on est soi-même engagé dans un long roman de plus de cinq cent pages. Cinq cent pages qui en valent la peine.

Tombouctou la promise

Sur la route de Tombouctou, la description des sentiments de René Caillié est saisissante d'émotions et d'interrogations devant l'ampleur du défi en cours. " Voici qu’à son tour il assurait la relève des premiers explorateurs. Il accomplissait son premier pas dans l’inconnu sur la route de Tombouctou. Une angoisse irraisonnée, une véritable panique lui ceintura la poitrine ; il prenait tout à coup conscience de la témérité de son entreprise. Dès qu’il serait engagé sur la piste de l’est, il couperait les ponts avec les siens, avec sa religion, avec sa civilisation. Cela sans rémission possible. De ce jour, 19 avril, jusqu’au bout de son aventure, qu’elle fût positive ou se terminât par un drame, il ne rencontrerait plus aucun homme de sa race. Aucun Blanc ne sillonnait la route de Tombouctou. Son ambition était sans doute démesurée, suicidaire, mais il était trop tard pour reculer. "

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Authentique carnet de voyage de René Caillié

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« Manière de se préserver du froid dans l’intérieur des tentes », « Manière de faire la pêche au filet », « Costumes de Maures », « Récolte de la gomme »… voilà quelques chapitres que l’on peut trouver dans le carnet de voyage de René Caillié intitulé Journal d'un voyage à Temboctou et à Jenné dans l'Afrique centrale et consultable gratuitement en version numérique sur www.gallica.bnf.fr.

C’est une étude détaillée impressionnante, d’autant plus quand on pense au peu de moyens que le jeune explorateur possédait pour tenir ses notes et au danger que cela représentait. Si on le surprenait, le Français était démasqué derrière le costume d’Abdallahi, et il risquait la mort voire pire, devenir esclave et errer sur le sable brûlant au gré des caravanes jusqu’à la fin de sa vie.

Le destin extraordinaire de ce jeune charentais est passionnant pour cette première vision d’une Afrique méconnue des occidentaux, regard fasciné de celui que certains considérent comme le premier africaniste.

Mathilda Chautard
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