Talé de Salif Keita

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Tale de Salif KeitaAlbums / Mali
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Talé

de Salif Keita
Universal
La grande voix de la musique malienne sort Talé (« personnel » en bambara). Un album lumineux aux accents électro-mandingues.

 

Quand une icône de la musique entre en studio, c’est que le défi à relever est de taille.

La carrière de Salif Keita, longue et brillante, n’étant plus à démontrer, seuls les territoires musicaux encore inconnus ou les rencontres artistiques inédites pouvaient encore venir stimuler son inspiration...

C’est justement une de ces rencontres qui se trouve à l’origine de son dernier album Talé, celle qu’il a faite en janvier 2011 avec le compositeur français Philippe Cohen Solal, du célèbre Gotan Project.

 Deux univers éloignés nouant le cœur de l’album.

Le résultat de cette rencontre, une fusion entre la musique électro/high-tech et la musique mandingue pure, aurait pu ne pas prendre. Mais la magie et là, et, hourra, elle opère !

Du premier titre Da à Natty, sur lequel chante la petite dernière de la famille, en passant par le « rumbesque » Tassi où l’âme de la musique cubaine « électro-isée » évoque l’histoire d’une femme de Bamako dont le fils a été exécuté aux États-Unis, Salif Keita et Philippe Cohen Solal nous surprennent et nous comblent.

Justes qu’ils sont dans ce dosage précis de douceur électro-mandingue où les envolées lyriques puis rythmiques des n’gonis, balafons et calebasse répondent aux effets électriques et aux accents organiques d’instruments numériques.

L’album révèle également de savoureuses collaborations : Manu Dibango, aux solos funks terribles, le londonien Roots Manuva, Bobby McFerrin sur le cristallin Simby.

Et, cerise sur le gâteau, le dernier titre Chérie s’en va révèle un duo avec la princesse du jazz contemporain, la jeune Esperanza Spalding, dont la voix onirique et la basse langoureuse nous rapprochent un peu plus des cieux.

Heureux que nous sommes d’avoir exploré de nouveaux horizons musicaux en compagnie du griot devenu Sage parmi les Sages, Salif Keita.

 

Talé, le making-off

 

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Salif Keita veut nous faire danser

À l’album La Différence (2009), militant et engagé, répond ce dernier opus qui découle de l’objectif premier que se sont fixés les deux complices, Keita et Cohen Solal : faire danser les mélomanes.

À l’heure où son pays, le Mali, connaît de sombres heures, le grand Keita prend le contre-pied de l’environnement ambiant et sort un album dansant, comme un baume apaisant à la formule douce et empathique.

 Rassurant, nécessaire, salvateur… Et pour groover, ça groove ! Et pour apaiser les cœurs, il apaise.

Sowen Sidoret

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