Albums / Mali

SUPER BITON VOL.1, belle valorisation d'un groupe mythique

Deviation Records / Label Mieruba Attention : groupe mythique !

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The Lost Maestros Collection entend mieux faire connaître en dehors du Mali la musique incroyable née dans la région du Mandé.  

Phil Margueron de Déviation Records répond à nos questions !

Comment ce volume Afro Jazz Folk a-t-il vu le jour ?

Phil Margueron : Le Label Malien Mieruba ML et Deviation Records avaient collaboré en 2018 pour le premier Volume de la collection The Lost Maestros. Suite à cette belle réussite, Salia, Elvira - MIeruba ML - et Phil - Deviation Records - ont décidé de relancer un projet ensemble. Salia m’a proposé des bandes qui n’avaient jamais été masterisées, ni même réalisées en Vinyle ou en CD. Je connaissais, bien entendu cet orchestre, et en étais même très fan, j’ai donc été très enthousiasmé et le projet fut lancé. J’ai sollicité toute l’équipe Audio pour réalisé le Mastering.

La chanson "Kamalen Wari" dure 17 minutes, et relate l'épopée Bozo, une des premières ethnies de la ville de Ségou. Pouvez-vous nous en parler ?

Phil Margueron : Le titre "Kamale Wari" est une chanson folklorique Bozo de Mieru Baba que le Super Biton a repris et réarrangé. 

Ndlr : Comme nous l'apprend Elvira, il s'agit d'un chant d'amour bozo retraçant l'histoire d'une orpheline. Ce récital entièrement chanté part d'une volonté d'innovation, et s'apparente à un opéra. Il a été présenté comme morceau de compétition à la biennale culturelle de 1974, où il a d'ailleurs été distingué comme "meilleure musique d'orchestre". 

La pochette du double vinyle est sophistiquée. Pourriez-vous nous l'évoquer ?

Phil Margueron : J’ai directement eu très envie de confier ce projet à une artiste et un graphiste qui seraient à la hauteur du challenge. Je souhaitais restituer le côté seventies et le faire coller aux influences et univers du Super Biton. Le graphiste Bertrand Tondeur s’est donc chargé de la typo, de la mise page et du superbe vernis sélectif à partir d’un tissu typique de Ségou.

L'artiste Emmanuelle Collage s’est chargée des pages intérieures du Gatefold avec un superbe collage mélangeant les membres du Groupe, images de Ségou et du Mali. Nous étions tous très fiers de ce résultat et je crois que les images des membres du Super Biton qui les ont eu entre les mains en témoignent également ! Le texte de François Huguier qui a suivi la tournée européenne du Groupe a enfin considérablement enrichi ce bel écrin. 

Comment le travail s'est-il déroulé ? Comment avez-vous collaboré avec Mieruba ?

Phil Margueron : Trop bien ! Et notamment en visio par Skype.

De quelle manière avez-vous choisi les huit titres qui composent cet album ?

Phil Margueron : J’ai simplement obtenu de quoi réunir deux chapitres en double album !! Le second chapitre est donc prévu pour la fin d’année 2022.

Avez-vous eu envie de remettre ce groupe au goût du jour non seulement pour des questions musicales, mais aussi pour valoriser un pan méconnu de l'histoire du Mali ?

Phil Margueron : Effectivement, pour toutes ces raisons réunies mais aussi pour attirer encore une fois l’attention vers le Label et le centre musical Mieruba et surtout Salia. En effet, Salia - AKA Ardo - fait un travail incroyablement courageux, ambitieux et nécessaire avec L’art Center qui permet aux musiciens et artistes maliens de trouver, en ces temps perturbés, une vraie structure pour créer, jouer et faire perdurer la tradition musicale ségovienne, mandingue, bambara...

Pouvez-vous nous dire un mot sur Karamoko Diang, le parolier du groupe ?

Phil Margueron : Karamako Niang était le principal arrangeur du Super Biton, il est décédé en 2010.

Le 2nd chapitre est-il déjà fixé ?

Phil Margueron : Yes, le second volume du Vinyle et des CD seront disponibles en fin d’année 2022, les titres ont déjà été masterisés

Remerciements chaleureux à Sophie Louvet, Phil Margueron de Déviation Records et le label Mieruba. Crédit photo : Françoise Huguier. A noter : nous avions interviewé un des trois membres restants du groupe, Mama Sissoko

Zoom

Mieruba

On ne sait pas tout sur cet homme à qui on a attribué la soixantaine à sa mort survenue après un accident de circulation.

On n'est pas non plus sûr de son nom, et on le surnomme Miéruba vu qu'il vient de la petite ville de Miéru.

On sait en revanche que ce fut un musicien exceptionnel, comme en atteste son deuxième sobriquet : celui " Faso cémancè jiri", qui veut dire "Pilier de la nation". Ce musicien bozo était réputé pour son sens du rythme inégalable, sa voix apparemment digne de celle d'Orphée. Même des gens ne comprenant rien à sa langue ont été séduits par sa voix. On l'invitait souvent lors de cérémonies de baptême, de circoncision, de mariage, et d'autres manifestations. Faso cémancè jiri était aussi réputé par les belles valeurs qu'il s'évertuait à propager : le travail, le courage et la solidarité auprès des pêcheurs bozos par exemple, qu'il accompagnait près du fleuve. 

Mieruba a énormément influencé les rythmes bozos du groupe Super Biton, et son influence est également perceptible chez bien d'autres artistes, telle que la très renommée Mamou Thiero.

Remerciements au journaliste Issouf Dicko du "Ségovien".

Matthias Turcaud

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