At Peace de Ballaké Sissoko

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At Peace Ballake SissokoAlbums / Mali
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At Peace

de Ballaké Sissoko
No Format / Mad Minute
Le griot malien Ballaké Sissoko signe son grand retour, trois ans après le succès de Chamber Music. Le violoncelliste français Vincent Segal est toujours de la partie.

 

Si vous êtes parisien et prenez le métro, vous n’avez pu échapper à ces affiches le montrant le visage de profil surmonté de cordes fluorescentes de kora.

Ce n’est pas souvent que cet instrument est ainsi mis en exergue et placardé sur les murs de la capitale. Et s’il n’y avait qu’une raison d’aimer Ballaké Sissoko, ce serait sans doute celle-là. Le remercier pour avoir grandement contribué à faire connaître la douce sonorité et la puissance de la kora mandingue.

Trois ans après le prodigieux Chamber Music, consacré par une Victoire de la musique partagée avec le violoncelliste Vincent Segal, le joueur de kora malien Ballaké Sissoko est de retour.

At Peace, comme son nom l’indique est un album pacifique qui convoque la paix des âmes et des braves, dans une atmosphère sereine, presque hypnotique.

Sept titres seulement composent cet opus, mais quels titres…

Entouré de ses pairs, autres musiciens hors pair dont l’ami proche Vincent Segal (également producteur), Ballaké Sissoko laisse vibrer son moi intérieur au travers de son jeu de cordes et en appelle au dialogue avec le reste des instruments, à cordes bien sûr.

On sombre alors dans une douce rêverie sans fin, transportés que nous sommes dans une cour malienne, comme dans N’tomigoroboudou, formidable échange de dix minutes entre la kora et la guitare à douze cordes d’Aboubacar « Badian » Diabaté, ou aux fins fonds d’un no man’s land idyllique qui entendrait résonner balafon et violoncelle, comme dans le mélodieux Kalata Diata.

Maïmouna, composé pour sa fille à un moment où la vie de l’enfant ne tenait qu’à un fil, émeut par son authenticité et sa pureté. Un titre à l’image de l’album, précieux.

 

Maimouna, extrait de l’album At Peace de Ballaké Sissoko

 

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Ballaké Sissoko, griot malgré lui

Fils aîné du musicien Djélimady Sissoko, grand maître de la kora mandingue, Ballaké n’était pourtant pas destiné à devenir griot lui-même.

En effet, son père refusera de lui enseigner l’art de la kora et c’est à la mort de ce dernier que, devant travailler, le jeune Ballaké prendra place au sein du prestigieux Ensemble Instrumental du Mali, et décidera d’apprendre seul la kora, en autodidacte.

Curieux et ouvert, son parcours est jalonné de rencontres dont il a su tirer le meilleur parti artistique, que ce soit au sein de son groupe, Mandé Tabolo, avec la chanteuse Mama Draba (sa femme), Fassery Diabaté au balafon, Adamaou Tounkara au n’goni et Aboubacar Nembélé au bolon, ou encore avec Vincent Segal.

Sowen Sidoret

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