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Albums / Madagascar

LOHARANO, du metal malgache

Libertalia Music Des rythmes malagasy électrisés

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Le groupe malgache LohArano nous nettoie les oreilles par un cocktail aussi détonant qu'efficace, avec cependant, aussi, une vraie profondeur. Rencontre.

Comment le groupe est-il né ?

LohArano : Nous nous connaissions déjà en tant que musiciens actifs de la scène locale, notamment le rock/metal. Nous nous rencontrions dans les concerts, nous partagions des scènes et par nos échanges, on a découvert cette soif de chacun d'apprendre, explorer autre chose à part le rock. Aussi, de nos objectifs communs, nous voulions partager entre nous ce que l'on ressent à travers nos différences. Et c'est là que tout a commencé. Eh oui, LohArano était tout sauf un projet de rock !

Pourquoi vous appelez-vous "LohArano", que signifie "la source" ?

LohArano : Pour nous, tout être humain est une source en soi ; le corps est une source de vie, l'esprit est une source de pensées créatrices, d'inspirations, c'est nous qui façonnons notre monde.

Dans quel état vous trouvez-vous quand vous faites de la musique ?

LohArano : Surtout une combinaison de transe, d'explosion et d'énergie ! C'est le seul vrai moment où l'on se sent bien libre d'exprimer tout ce qu'on a tout au fond de nous.

De quelle manière l'inspiration vous rend-t-elle visite, habituellement ?

LohArano : L'inspiration vient juste de tout ce qu'on vit, tout ce qui nous émeut, il n'y a pas vraiment de mécanisme ni d'habitude.

Comment avez-vous eu l'idée du clip d' "Andriambavitany" ?

LohArano : On a juste reproduit une réalité. Le fond se trouve dans les paroles.

Comment décririez-vous la scène musicale malgache, de façon générale ?

LohArano : Le mainstream ici n'est défini que par le fric, pas le talent. Si Whitney Houston avait été Malagasy, sans argent, personne ne l'aurait connue (rire).

De quelle manière "Fototra" a-t-il vu le jour ? Comment avez-vous abouti à cette énergie gutturale et organique ?

LohArano : Cette remise en question de nos origines (fototra), nous a automatiquement été inspirée par un environnement sonore, qui tend à ramener vers une époque plus antérieure, un environnement de terres vastes, vers une ambiance tribale.

Quels artistes vous ont-ils inspiré principalement ?

LohArano : Pas d'artiste en particulier, on va dire qu'à force d'écouter différentes musiques, on finit par vouloir faire ressortir un son qui nous est propre et qui nous parle le mieux.

Quels messages souhaitez-vous véhiculer avec votre musique ?

LohArano : De manière générale, comme nous avons pu le dire auparavant, c'est nous qui façonnons notre monde ; s'il va bien, c'est grâce à nous, s'il est en déclin, nous en sommes la cause. Dans nos morceaux, on en parle souvent de manière communautaire, nous, Malagasy qui semblons ne pas être conscients d'être la première cause du déclin flagrant de notre pays.

Sinon, nous voulons aussi faire passer le message suivant : soyons unis mais libres, soyons fous, aimons-nous, aimez-vous et essayons de bien faire les choses sans oublier qui nous sommes réellement.

Quels projets nourrissez-vous actuellement ?

LohArano : Nous sortirons notre 1er EP ce 26 mars, dont "Fototra" en est un extrait, avec la sortie du clip d'un autre morceau de l'EP, qui s'intitule "Tandroka".

Zoom

Une fusion inattendue

Comment avez-vous eu l'idée de mêler heavy metal et rythmes ancestraux malagasy ?

LohArano : Chacun a sa manière d'exprimer les choses, et nous, on a trouvé cette manière pour véhiculer nos ressentis. La musique malagasy en fait partie, elle nous a bercé depuis notre enfance : comme tout Malagasy, on dansait sur du Jaojoby dans les fêtes (rire).

Mais on est des rockeurs, du genre rageux (rire), on ne peut s'empêcher d'en faire, cela fait aussi partie de nous, on a besoin d'exprimer cette rage avec des riffs bien lourds. C'est comme ça que la fusion s'est faite.

Matthias Turcaud

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