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MORENA LERABA, berger-rappeur lesothien

Leraba donne des nouvelles du Lesotho, qui plus est en sésotho !

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Sans album ni EP, ce berger lesothien a connu une fulgurante ascension en un temps record.

"Si l’on prend la perspective d'un citadin, baigner dans la musique veut dire être envoyé à l'école pour apprendre le piano. Venant d'un milieu rural, et d'autant plus dans un pays sous-développé, c’est différent... La musique fait partie de la vie quotidienne. On chante tout le temps ! Quand il y a du soleil on chante pour la pluie et quand il pleut on chante pour le soleil."

De son vrai nom Teboho Mochaoa, le musicien et berger - une double- identité qu'il revendique farouchement -, Morena Leraba a su créer un fort engouement et percer sur des scènes internationales.

Pour bénéficier d'un impact plus important, Morena Leraba a délivré une performance notable à la fête de la musique 2018 à Johannesburg, en compagnie d'un groupe improvisé avec célérité, composé de Chris Barca à la basse et Issous Barka Toure aux percussions. 

A cette prestation très réussie succéda une participation en dernière minute aux 40ème Transmusicales de Rennes, suite à une défection non anticipée d'un groupe anglo-ghanéen - K.O.G. & The Zongo Brigade.

Remarquable s'avère notamment son absence de compromissions. A l'heure globalisée où l'anglais, de plus en plus, phagocyte les autres langues, Teboho Mochaoa a fait le choix fort de s'exprimer en sésotho, langue officielle du Lesotho corrélée, pour lui, à beaucoup de poésie, d'émotion et de souvenirs.

Morena Leraba se rend bien compte du grand danger que représente l'invasion de cette langue qui domine aujourd'hui tous les secteurs, affirmant ainsi : "On finit par tous parler anglais, on dérive de nos cultures."

Cet usage du sésotho a également trouvé un grand écho positif auprès de nombreux Sud-africains, qui la parlent également.

A cette mise en valeur d'une langue peu connue et parlée en dehors des pays où elle est officiellement en vigueur, s'ajoute l'envie furieuse et l'impérieux besoin de promouvoir énergiquement un patrimoine autant magnifique que mal connu, lui aussi, hors de ses frontières.

Il s'agit de faire entendre des voix auxquelles les médias internationaux ne laissent en général pas une place très majoritaire. Cela comprend aussi la mise en lumière d'une culture de l'oral et une historiographie propre, non conditionnée par l'histoire des missionnaires français.

Si Morena Leraba a étudié à l'université le journalisme comme la communication, avant de se lancer dans le design graphique en indépendant, le chanteur compte aussi toujours rester ce berger de Lesotho qu'il n'a jamais fini d'être - un statut dont il s'enorgueillit et dont il veut faire connaître au monde la grâce inaltérée.

Zoom

"Impepho" et son clip renversant

L'année dernière, Morena Leraba collaborait avec le sud-africain Mankind ainsi que les producteurs brésiliens Trap Funk et Alivio, pour le titre "Impepho", qui signifie "encens" en zulu.

En remportant une compétition de la marque d'alcool Jameson, le berger-rappeur a pu mettre sur pied ce clip princier et envoûtant, réalisé par Carl Houston Mc Miller, qui fait la part belle à un groupe de bergers lesothiens, comme aux paysages dantesques d'un pays vraiment trop méconnu.

Matthias Turcaud

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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