Une femme parmi les femmes de David et Judith MacDougall

Documentaires / Kenya

Une femme parmi les femmes de David et Judith MacDougall

Un film anthropologique sur le mariage dans la société d’éleveurs semi-nomades des Turkanas.

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Une femme parmi les femmes est le fruit d’une observation participante scrupuleuse. Environ 7 mois d’études de terrain passés aux côtés des éleveurs semi-nomades, les Turkanas, peuple d'Afrique de l'Est surtout présent au nord-ouest du Kenya dans une région chaude et aride située à l'ouest du Lac Turkana.

Aujourd’hui les documentaires sont scénarisés. Ici le procédé est différent.

Il existe bel et bien une recherche préalable, une question centrale : la représentation du mariage chez les Turkanas et plus particulièrement à travers le regard des femmes. Elle fait le trait d’union entre les différentes séquences filmées.

Il existe également une posture. Elle est assurément ethnologique. Il s’agit de n’interférer ni dans le déroulement de la vie quotidienne des Turkanas ni dans le système en place. Rien n’est établit à l’avance, excepté peut-être la destinée de ces éleveurs semi-nomades.

David-MacDougall

Lors du tournage, David MacDougall n'a interféré ni dans le déroulement de la vie quotidienne des Turkanas ni dans le système en place.


Le documentaire débute par une série de questions posées aux femmes : Que serait-il intéressant de montrer ou de dire sur le mariage dans leur société ? Elles répondent : leurs vêtements, leurs objets du quotidien, leurs perles – de grande valeur pour les Turkanas. Puis un glissement s’effectue. Elles filmeraient plutôt les objets du quotidien des réalisateurs, leur Landrover, leur maison…

D’une grande finesse, les femmes interrogées, puis observées dans leur intimité parlent de la polygamie, du système de valeur dans leur société pastorale nomade, de son utilité et de son fonctionnement. Elles dessinent ainsi par l’entremise de leurs voix, réflexions et actions, une vision d’ensemble de leur société, complexe et sans tabou.

Au fur et à mesure que la saison des récoltes approche, le temps des mariages également. Nous assistons à la préparation de l’un d’entre eux. L’occasion de comprendre ce qui se joue dans cette institution. Le montant de la dot est discuté par les hommes – le père et le futur mari. La jeune femme doit épouser un homme plus âgé qu’elle. Elle s’y refuse d’abord ! Puis se range à l’avis de son père et de l’ensemble de la communauté, femmes comprises. Elle devient alors une femme parmi les femmes. Une femme seule ne peut s’occuper en même temps des enfants, de la maison, du champ et des animaux.

Ces femmes savent le nécessaire oubli des individualités au profit d‘un collectif solide et hiérarchisé dans lequel la femme joue le rôle central.

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Les prix du festival Jean Rouch. Un certain regard récompensé.

1982, Jean Rouch crée le Bilan du film ethnographique. 2008, l’événement devient le Festival International Jean Rouch.

Entre temps, 1300 films ont été diffusés. Ces films venus des quatre coins du monde entier, raconte les richesses et la diversité des sociétés humaines. Il est question de tenter de déceler ce qui est de l’ordre de l’universel ou du culturel.

« Il faut rester éveiller, être ouvert, être devant la vie comme un enfant qui se lève, un enfant de la création du créateur… » précisait Jean Rouch citant Paul Klee. En effet, un certain regard, une nouvelle manière d’observer est saluée à travers ce festival. Elle est distante et dénuée de toute pensée préconçue. Elle nous fait voir le monde tel que nous ne l’aurions certainement jamais vu. 

Coffret Filmer le monde – les 25 plus beaux Prix du festival Jean Rouch. Disponible sur la Boutique Africavivre.

Eva Dréano

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