Djeli Moussa Condé

Concerts / Guinée

Djeli Moussa Condé, l’émotion et la puissance réunies

En concert au New Morning à Paris. Longtemps resté dans l’ombre des plus grands, Djeli Moussa Condé achève, cette fin d’année, la tournée de son premier album solo. Le public est conquis. La critique l’applaudit.

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Samedi 7 décembre 2013. Djeli Moussa Condé est sur la scène du New Morning. Le public est au rendez-vous. L’ambiance est chaleureuse et bon enfant.

Ce chanteur et koriste guinéen a le succès humble. Le public le sait. Djeli Moussa Condé a accompagné les plus grands de la musique world. Alpha Blondy, Richard Bona, Manu Dibango, Sékouba Bambino, Hank Jones, Mory Kanté, Cheick Tidiane Seck et Cesaria Evora avaient très tôt reconnu les talents de ce jeune griot.

La vie est faite de succès et de cicatrices.

Arrivé en France en 1993, à la suite d’une tournée avec l’Ensemble Kotéba d’Abidjan, il choisit de rester clandestinement. Il veut donner une chance à sa carrière musicale. S’ensuivent d’illustres rencontres. Egalement, de nombreuses mésaventures. Délogé, affrontant des soucis de papiers, il rencontre un producteur véreux. Ses cicatrices sont encore visibles.

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Mais il fait aussi des rencontres plus heureuses. Dans les années 2000, Bernadette Lafont le parraine et il obtient avec « Musiciens sans frontières » un titre de séjour. Avec Janice DeRosa, diva new-yorkaise de blues, il enregistre l'album " Aduna ", sorti en juin 2003. En 2010, il rencontre Vincent Lassalle, percussionniste, arrangeur et producteur. Il lui propose de produire son prochain album. Deux ans après, l’album éponyme est dans les bacs.

A la confluence des musiques du monde.

Au commencement, sur scène souffle une tornade rock. Rythmes latins et électro sont aussi conviés. La kora est présente. Elle est discrète et mélodique.

Puis, la voix de Djeli Moussa Condé se fraie un chemin. Elle équilibre les énergies de la batterie (Vincent Lassalle), de la basse (Jouni Isoherranen) et de la flûte traversière (Renaud Tenoux). Elle est remplie d’émotions intenses, parfois violentes.

Le morceau « M’bemba » comporte de nombreux changements de rythmes et des harmoniques avec la voix de Djeli et des chœurs. Ici, la flûte malinké nous transporte instantanément en pays mandingue.

« Ménilmontant » est militant. « Dalamoroya » et « Nafi » parlent de trahison et d’hypocrisie. « Le dernier regard de Goré » remémore l’esclavage.

Quelques accords flamenco, une guitare affranchie, les morceaux « Dounia » et « Tama » sont diablement dansants. La kora, seule, courtise la voix gorgée d’émoi de Djeli dans « Haïtï ».

Djeli Moussa Condé a vécu. Il a voyagé. Mais n’a rien oublié. Et, il sait aujourd’hui que : « Où que tu vives les problèmes sont les mêmes ! ».

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Djeli Moussa Condé, " M'bemba " le clip.

Zoom

L’album éponyme " Djeli Moussa Condé ".

Enregistré à Ménilmontant, ce douze titres est à l’image du quartier de cœur de Djeli.

Il est traversé par de nombreuses influences - flamenco, jazz, rock, funk et africaine.

Il évoque des sentiments ambigus et contradictoires : l’amour, la paix, la vie, la souffrance. En malinké, sousou, wolof et français, Djeli se raconte.

Djeli Moussa Condé chante dans une langue universelle, à la confluence des mondes.

Eva Dréano

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