Afrolatin via Conakry

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Afrolatin via Conakry

Discograph Milieu du 20ième siècle, des musiques afro-latines guinéennes diaboliquement modernes émergent.

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À l'écoute de la compilation Afrolatin via Conakry, plusieurs morceaux vous sautent inévitablement... à l'oreille. Voici ma sélection non exhaustive.

Rythmes afro-cubain et jazz, lyrisme mandingue de la voix de Mamady Traoré et volupté des instruments de l'orchestre Kebendo Jazz, cette compilation vous introduit à la musique guinéenne d'une manière toute délicate avec ce premier titre, Woulignewa.

Également, la voix de Demba Camara, soliste de Bembeya Jazz, soutenue par un régiment de trompettes et de sax sur le morceau Sabor de Guajira sorti en 1968, extrait du 2ème CD de Afrolatin via Conakry, n'est pas moins impressionnante. Cette voix incroyablement juste, est contenue, comme toute prête à nous réserver de belles envolées. Dans le morceau Dagna, du même groupe, la voix fabuleuse du chanteur y est à nouveau mise en exergue. Mais cette fois sous une coloration mandingue soulignée par une guitare subtile donnant à merveille la réplique au soliste.

Ne pas hésiter à écouter le très instrumental Sabouya, de l'Orchestre de la Garde Républicaine. Un classique guinéen !

Un autre morceau, non moins instrumental, celui-ci venu tout droit d'une autre dimension, d'autres stratosphères, est l'aérien Yamalele de l'Orchestre la Paillote. Méditation assurée.

Amateur de flûte cubaine, écoutez le guilleret Nosotros de Keletigui et ses Tambourini. Fan de Sax, le morceau Sax Parade, sorti en 1970, de la même formation, s'impose à vous. Vous y découvrirez un beau dialogue entre un sax alto et un sax ténor.

Mesurée, la douce voix, certifiée mandingue, de Manfila Kanté, accompagnée par la guitare de Sékou "Docteur" Diabaté, Sakhodougou, de Balla et ses Balladins vous emmène en voyage dans l'empire mandingue et l'histoire de l'indépendance de la Guinée. Kognö Koura du même orchestre laisse découvrir une nouvelle voix, tout autant assurée et promettant tout autant de porter haut l'étendard d'une culture grandiose mandingue et guinéenne.

 Balla et ses baladins

Le groupe Balla et ses Balladins était également connu sous le nom de l'Orchestre du Jardin de Guinée.

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Afrolatin via Conakry, symbole de la ré-africanisation de la culture

1940, côté atlantique guinéenne, les 78 tours amenés par de joyeux marins occidentaux, font rage auprès des orchestres locaux et des fanfares militaires coloniales qui re-jouent de mémoire les airs écoutés.

Jazz, rhythm’n’blues, biguine antillais, high-life ghanéen, chanson française, musiques cubaines et caraïbéennes sont ré-appropriés et ré-africanisés par ces différentes formations.

Le 2 octobre 1958 sonne le glas de l'Indépendance. Le président Sékou Touré dissout tous les orchestres privés, fustigés comme jouant « une musique de laquais ». Il incite à la nationalisation du patrimoine culturel, et fait de l'empire mandingue la pierre angulaire de son édifice culturel national.

Les Mandingues, originaire du Mali, vivent aujourd'hui au Sénégal, au Mali, en Côte d'Ivoire, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Burkina Faso et en Mauritanie.

Eva Dréano

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