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Albums / Ghana

SANTROFI, "le chemin ne fait que commencer"

Outhere Records Perpétuer le riche héritage ghanéen des années 70.

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Santrofi, groupe très talentueux et déjà grandement plébiscité, a sorti son premier album, "Alewa". Rencontre. 

Comment le groupe a-t-il émergé ?

Santrofi : Notre amour commun pour la musique « highlife » nous a réunis. Le Ghana peut s’enorgueillir d’une histoire très riche, mais il manque de jeunes talents pour perpétuer ce riche héritage aujourd’hui. Cependant, nous, le groupe Santrofi, avons décidé de nous placer dans le sillage de nos prédécesseurs, d’écrire nos propres chansons en y ajoutant une touche de modernité et d’originalité. Il nous tient très à cœur de faire vivre cette musique pour notre jeunesse comme à une échelle mondiale.

D’où vient le nom « Santrofi » ?

Santrofi : Il s’agit d’un oiseau très spécial et mélomane, dans la mythologie akan, doté d’attributs intéressants qui nous décrivent tous. Les ailes colorées de l’oiseau représentent différents talents et différentes personnalités advenant d’un même corps. « Santrofi » veut également dire « force », « équilibre » (positif et négatif) et « beauté exceptionnelle ».

Vous avez fait une grande tournée en Europe l’été dernier. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Santrofi : Beaucoup de souvenirs formidables restent vivaces dans nos têtes. Nous avons partagé la scène avec tant d’artistes mondialement reconnus. Certains d’entre eux ont vu nos prestations et étaient enthousiastes. Pour la plupart d’entre nous, c’était la première fois en Europe, avec la chance d’expérimenter d’autres cultures, d’autres contextes, et de rencontrer de nouvelles personnes.

Que ressentez-vous quand vous jouez pour un tel public ?

Santrofi : Nous sommes toujours comblés. On se sent si fier de les voir apprécier nos chansons, et rien n’est plus doux que ça. L’effet était encore plus fort, en venant en Europe pour la première fois, de voir un public si large vibrant à notre musique. C’est vraiment une bénédiction, et nous ne la prenons pas pour acquise.

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Votre premier album est maintenant disponible. Pendant combien de temps avez-vous travaillé dessus ?

Santrofi : Six mois ont été nécessaires pour finir l’album. Un contact régulier avec notre label et notre agence nous a permis de trouver le bon créneau pour le sortir.

Pourquoi avoir choisi le nom de la sucrerie « Alewa » comme titre de votre album ?

Santrofi : Il s’agit d’un bonbon avec deux barres, une noire et une blanche. L’association des deux couleurs lui donne son goût unique. C’est ce qui définit Santrofi. Alewa renvoie aussi à l’égalité, quelle que soit la couleur, le statut, la religion ou le genre.

Quels artistes vous ont-ils inspiré ? Ebo Taylor ? Pat Thomas ? Gyedu Blay Ambolley ? D’autres ?

Santrofi : Nous avons grandi en jouant avec toutes ces légendes, et nous avons hérité de certaines petites choses en les étudiant et en partageant la scène avec eux. Nos influences comprennent cependant aussi des artistes très divers, tels que C.K. Mann, Noble Kings, J. A. Adofo, Alhaji K. Frimpong, James Brown, Stevie Wonder et beaucoup d’autres.

Les années 70 vous manquent-elles ?

Santrofi : Dans ces années-là, au Ghana, un très grand nombre de groupes composaient leurs propres chansons et les jouaient partout dans le pays. Cette période a été synonyme d’une grande émulation entre groupes et entre artistes ; d’une créativité très féconde. Tout cela nous manque, et nous voulons le revivre à nouveau, et transmettre ce que nous connaissons à d’autres groupes et d’autres artistes.

Comment décririez-vous le paysage musical ghanéen aujourd’hui ? Etes-vous optimiste ?

Santrofi : L’industrie musicale du Ghana grandit vite, et cela est une bonne chose. Nous serions néanmoins plus heureux si nous pouvions vendre notre musique indépendante de la même façon – pour aller plus loin, proposer un son différent, et revendiquer notre singularité. La plupart de nos artistes les plus écoutés ne clament pas assez fort notre identité nationale, à la différence d’autres pays comme l’Inde, la Chine ou la Jamaïque.

Quels messages souhaitez-vous véhiculer avec votre musique ?

Santrofi : La positivité, la force liée à l’unité, l’amour et la transparence.

L’inspiration vous vient-elle aisément ?

Santrofi : L’inspiration nous vient très facilement. Quand nous nous retrouvons pour la musique, beaucoup de belles idées germent. Nous laissons d’ailleurs toujours notre enregistreur allumé, car on ne sait jamais (rires) ! Nous avions même écrit une chanson pendant notre tournée, et l’avons jouée le lendemain sur scène. Cela montre le degré de spontanéité de Santrofi.

Improvisez-vous beaucoup ?

Santrofi : Oui, de temps en temps, hors et sur scène ; mais, le plus souvent, nous revisitons des idées simples, trouvons une structure adaptée, et travaillons à partir de là.

Quels sont vos projets ?

Santrofi : Nous profitons de l’annulation de notre tournée cette année pour faire plus de nouvelles chansons. Nous travaillons aussi à améliorer notre répertoire, notre approche pour notre prochaine tournée de 2021, car, pour nous, le chemin ne fait que commencer !

Remerciements chaleureux à Santrofi et leur attachée de presse, Frédérique Miguel, pour la médiation. Propos traduits de l'anglais par Matthias Turcaud.

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Une collaboration fructueuse avec Outhere Records

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Outhere Records ? Comment la collaboration s’est-elle passée avec eux ?

Santrofi : Un grand merci à l’agence musicale Eiden pour nous avoir dirigé vers ce label incroyable. Le travail avec eux s’est très bien passé.

Outhere Records a tellement fait jusqu’à présent pour faire connaître et exporter notre musique, et sans cesse trouvé des solutions pour que nous puissions rencontrer un public élargi, améliorer notre image, avoir du succès.

Matthias Turcaud

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