Kokokyinaka d’Oy

Albums / Ghana

Kokokyinaka d’Oy

Creaked Records Le deuxième album hors norme de la suisso-ghanéenne déjantée. Un conte lyrique et électronique. Un périple musical et motorisé à travers l’Afrique.

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L’album Kokokyinaka débute sur la voix d’Oy, Joy Frempong, jouant la guide touristique. Une entrée en matière ludique et théâtrale qui annonce la couleur.

Dans l’album se côtoient sonorités du quotidien, dictons africains, la voix d’Oy transformée mécaniquement, ainsi que des parties plus lyriques.

Kokokyinaka, un album-livre de comptines ou d’histoires pour enfant ? Pas vraiment. Mais on y découvre néanmoins des histoires de sorcières et de traditions, des scènes de vie amusantes et des proverbes africains. Une vraie immersion dans ce continent.

Cette fois, on échappe à la vision télévisuelle et stéréotypée. Pas besoin de resservir le même plat froid proposé déjà tous les soirs ! Ici, on entend un moteur de bus, les bruits de fabrication du foufou, un plat local du Ghana, la machine à laver de la mère d’Oy au Ghana, des chaussures sur le sol… Nous voyageons à travers le continent à bord d’un véhicule spatial étrange. Les paysages et personnes rencontrés sont dévoilés par le regard amusé et bienveillant de Joy Frempong. Elle-même, incarne également, en empruntant selon le besoin sa voix de rappeuse ou de chanteuse, plusieurs personnages.

Oy-chanteuse

Oy ne laisse pas indifférent. Elle incarne de nombreux personnages et alterne avec brio, hip-hop, chant a cappella et composition de sons électroniques.


Le morceau « Doondari » raconte la création du monde. De sa voix mystique rythmée par des percussions ghanéennes, Oy nous divulgue sa propre cosmogonie.

« Market place » évoque la vie : « Life is like a mobile phone, your unit comes, your unit goes ! ». (trad. : La vie est comme un téléphone portable. Un jour tu as du crédit, le lendemain plus.) Amusante évocation de la place prépondérante du téléphone portable dans les sociétés africaines.

« Funny » intervient sous forme d’intermède musical. Pour une touche plus lyrique, « Gyere » est composé de chants polyphoniques et de sons électroniques cosmiques. Inclassable, « Akwaba » est rappé et accompagné de sons bizarroïdes et futuristes.

« Halleluja Hair », chanté en anglais sur une ritournelle enfantine, est une prière pleine d’humour remerciant Dieu pour les nombreuses coupes afro existantes. Synthétiseur, sifflement, balafon, et bruitage de rasoir de coiffeur de rigueur.

« Tortoise and hunter » composé de bruits de klaxons remixés, de sons ultra-saturés et de percussions, nous donne le sentiment d’être tombé dans un épisode de Star Strek qui aurait mal tourné.

 

Halleluja Hair, single de l'album Kokokyinaka d’Oy.

Zoom

La machine et la femme-machine

En 2001, « Cryptique », « électro joyeuse », « ultra-inventive », « album ovni », « une ronde dinguette de sorcières », « Sons mystérieux et perturbés »… Pas facile de qualifier l’album ou son auteure. 

Trois ans après le remarqué First Box Then Walk, Kokokyinaka, ce deuxième opus composé avec l’aide du batteur et producteur Marcel blatti, surprend plus encore.

On l’a dite fille spirituelle de Zappa, de M.I.A. et d’Ebony Bones, mi-sorcière et mi-femme-machine : Oy ne laisse pas non plus indifférent. Elle incarne de nombreux personnages et alterne avec brio, hip-hop, chant a cappella et composition de sons électroniques. Ces sons viennent directement du continent africain et sont des boucles re-travaillées et arrangées en studio à Berlin. La batterie provient de live et la voix a été ajoutée dans un second temps.

Le résultat : Un ensemble étonnant, fruit d’une improbable union de l’humain avec la machine. Une expérience musicale fascinante.

Eva Dréano

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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