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ESINAM, un voyage onirique et envoûtant

W.E.R.F. La flûte enchantée

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La belgo-ghanéenne nous fait découvrir un premier album envoûtant et hypnotique, où elle collabore entre autres avec le poète Nadeem Din-Gabisi et le chanteur sud-africain Sibusile Xaba. 

Rencontre avec un vrai ovni musical, au carrefour d'influences diverses.

Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?

ESINAM : Je pense que la musique m'a bercé depuis toujours, ma mère allait écouter des concerts quand elle était enceinte de moi.

Quand avez-vous su que vous deviendriez musicienne ? 

ESINAM : J'ai commencé la musique très jeune, ça a toujours été une passion, mais j'ai décidé d'en faire mon métier assez tard. Petit à petit. Au fond de moi, j'ai toujours su que voulais faire ça de ma vie, mais il a fallu un temps pour rendre cela concret.

Comment la flûte vous a-t-elle séduite ?

ESINAM : J'ai eu la chance d'en avoir une prêtée par une voisine. J'avais déjà flashé sur le son, et j'aime essayer différents instruments. En essayant, j'ai tout de suite adoré, et j'ai un sentiment de liberté lié à cet instrument.

Pouvez-vous nous parler de la percussion tama ?

ESINAM : J'avais un tama (talking drum) parmi mes jouets d'enfants, instrument ramené du Ghana. J'ai retrouvé des vieilles photos de moi à 2 ans en train de m'amuser comme une dingue avec le tama, avec un énorme sourire. Le rythme est un élément important dans ma musique.

Esinam - Shapes in Twilight of Infinity

Comment avez-vous conçu l'album "Shapes in Twilights of Infinity" ?

ESINAM : C'est la continuité de mon projet. C'est une suite musicale, et l'album reprend mes morceaux en solo et les collaborations avec d'autres artistes et d'autres musiciens. J'ai voulu rassembler les morceaux de mon répertoire qui me tiennent à coeur. Ces morceaux forment un tout, un large spectre et regroupent mes influences musicales.

L'album se compose de morceaux assez différents les uns des autres. Dans chaque morceau, il y a cet aspect cyclique et quelque part, cette idée d'Infini.

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

ESINAM : C'est un titre, ou une phrase poétique pour susciter l'imaginaire. Chaque morceau fait partie de mon univers. J'ai envie qu'en écoutant la musique de cet album, on en ressort avec une sensation d'horizons où tout est possible.

Qui a réalisé l'affiche de cet album ?

ESINAM : C'est un travail d'équipe, mais j'avais une idée de visuel assez précise. J'ai composé le décor de la photo. J'ai travaillé avec un photographe qui a réalisé la photo que je voulais, et puis j'ai ajouté des détails en dessinant de fines lignes et incrustations en feuille d'or. J'ai aussi créé le logo en forme de cercle. J'aime concrétiser des idées visuelles qui vont dans le détail et la finesse. Les visuels permettent d'accompagner la musique et d'illustrer mon univers.

De quelle manière l'inspiration vous vient-elle ?

ESINAM : De plein de manières différentes, je pense que l'essentiel est de rester curieuse et ouvert d'esprit. J'adore être inspirée par d'autres formes d'art, la danse, la photo, la peinture... écouter plein de musiques différentes aussi.

Que vous ont apporté vos différentes expériences de flûtiste et de percussionniste ?

ESINAM : J'ai joué dans des groupes de style différent et ça m'a permit de jouer dans des festivals ou sur des scènes très variés. Cela m'a formée et donné un "backround" musical très riche et pas mal d'expériences professionnelles différentes.

Quels artistes vous ont-ils surtout inspirée sur le continent africain ?

ESINAM : J'aime l'afrobeat, j'aime les anciens Ebo Taylor, Pat Thomas du Ghana. J'aime les artistes plus récents comme M.anifest, Wanlov et Fokn Bois. Blitz the Ambassador, dont j'ai beaucoup aimé le film The Burial of Kojo et puis BurnaBoy nous donne bien envie de danser quand même.

Revenez-vous régulièrement au Ghana ?

ESINAM : J'essaye d'y aller régulièrement oui, chaque année ça serait bien ! J'y retourne bientôt.

Quels sont vos futurs projets ?

ESINAM : J'ai des concerts qui arrivent en groupe et en solo. J'espère avoir de plus en plus de concerts et voyager avec la musique.

Plusieurs projets sont en cours. Je suis très contente d'être invitée en avril prochain pour le festival WOMAD en Afrique du Sud. Je vais continuer ma collaboration avec Sibusile Xaba, qui figure sur mon album, et je vais aussi rencontrer et collaborer avec les musiciens de The Brother Moves On.

Qu'éprouvez-vous quand vous faites de la musique ?

ESINAM : De la joie, la musique ça me rend heureuse malgré qu'en faire son métier est loin d'être facile. Une fois sur scène, on partage la musique en live avec le public, quelque chose de magique se produit. Je pense aussi que créer et écouter de la musique permet de m'évader de certaines réalités et ça fait du bien.

Pouvez-vous nous décrire une journée de travail typique ?

ESINAM : En ce moment, j'enchaine pas mal de concerts, les jours où je n'ai pas de concerts, je travaille, je répète, je prépare la suite... Pas de journée type pour moi, je m'adapte, à chaque jour son challenge, à chaque jour un horaire différent.

Remerciements chaleureux à ESINAM et Erwan Jule.

Zoom

Méthode de travail

Tous les morceaux ont-ils été écrits avec rigueur, ou sont-ils aussi le fruit d'improvisations ?

ESINAM : La manière dont je travaille sur les morceaux est chaque fois différente. Certains morceaux ont été écrits avec un thème ou une structure claire dès le départ, puis enregistrés en studio avec le groupe.

D'autres ont été élaborés en plusieurs étapes, en travaillant seule avec mon ordinateur, mes claviers, mes machines, puis en enregistrant tous les morceaux moi-même.

D'autres, enfin, partent d'une improvisation qui évolue en concert, et puis je fixe une version pour l'album. Il n'y a pas de règles, ça reste musicalement intuitif.

Matthias Turcaud

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