AWO-uKanDanZ

Albums / Ethiopie

UkanDanz, roots, rock et rythmes éthiopiens

Leur désir : vous hypnotiser, vous mettre en transe et vous faire danser !

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Ethio-crunch jusqu’aux bouts des doigts, UkanDanZ revient en 2016, plus rock que jamais.

Avec leur nouvel album puisant toujours dans des racines éthiopiennes réinventées avec délice, le groupe nous emmène dans des contrées punk inattendues.

Interview avec Damien Cluzel, guitariste et compositeur du groupe UkanDanZ.


UkanDanz

Africavivre : Quatre ans après Yetchalal, vous sortez votre nouvel album, Awo. Il sonne plus rock, plus punk et beaucoup plus brut que le précédent. Comment expliquez-vous cette nouvelle direction musicale ?

Damien Cluzel : Tout d’abord quatre ans, c’est long. Entre temps, celui qui faisait la basse et le clavier est parti. Cela change beaucoup musicalement. D’autant qu’on travaille maintenant avec un bassiste qui est beaucoup plus rock.

Et puis, les retours que j’avais eus sur notre premier album, Yetchalal, m’ont poussé à ce changement. Il en ressortait que notre musique était dense, polyrythmique... Plusieurs personnes nous avaient dit que notre musique était très remplie, très fournie. Du coup, je voulais aller plus dans cette direction. Et, le chanteur, Asnaké s'est fait petit à petit à la direction rock que nous avons prise.

A une époque tout le monde faisait de l'éthio-jazz. On ne voulait pas faire partie de ceux-là. De plus, on n’a jamais considéré que l’on faisait du jazz. Dans le jazz, il y a un rapport très fort à l’impro. Nous, nous composons autour de notre chanteur. On ne savait juste pas, jusque-là, comment définir notre musique. C’était notre manageuse de l’époque qui avait trouvé le terme d’Ethio-crunch pour nous qualifier.

Africavivre : Votre musique parle aux connaisseurs mais pas seulement, n’est-ce pas ?

Damien Cluzel : La musique éthiopienne est une musique dont les gens n'ont bien souvent pas les codes. C'est un univers mystérieux pour beaucoup. Aussi, ce qu'on essaye de faire, c’est de la musique pour tout le monde. Pour faire danser le plus grand nombre. On essaye de faire adhérer le public à notre musique. Et c'est probablement plus facile de toucher les gens en live. D’être plus facile d'accès en live, je crois.

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Africavivre : Le live a donc une place primordiale dans votre travail ?

Damien Cluzel : C’est l'essentiel de notre activité. C'est pour cela que l'on a très peu enregistré de disque. Le live c'est la vie d'un groupe. Ce n'est pas toujours évident car Asnaké habite loin (Ndlr : à Addis-Abeba) mais on a beaucoup tourné. Et on aime ça.

Africavivre : Votre musique s'inspire-t-elle toujours de chansons traditionnelles et populaires éthiopiennes comme vous le faisiez pour composer votre premier album, Yetchalal ?

Damien Cluzel : Oui. Pour composer, je prends un morceau que j'aime bien, généralement des années 70. Je pioche souvent dans le répertoire des tubes de musiques traditionnelles éthiopiennes. On les réarrange ensuite. On a par exemple sur ce nouvel album repris plusieurs morceaux du grand chanteur éthiopien Tilahun Gessesse.

Africavivre : Pour vous la musique doit être intense, brute, vivante mais aussi...

Damien Cluzel : Oui c'est déjà bien cela. La musique c’est un peu tout cela. Lorsqu’on joue, on essaye d'hypnotiser les gens. Asnaké essaye de faire cela avec le public, de le surprendre.

La musique, je l'aime quand elle est chantée, étonnante, envoûtante et quand il y a de la transe. C'est pour cela qu’avec UkanDanZ on joue des rythmes forts.

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uKanDanZ - Tchuhetén Betsèmu (clip)

Zoom

Le portrait chinois de Damien d’UkanDanZ

Africavivre : Si vous étiez un(e) auteur(e) africain(e). Qui seriez-vous ?

Damien Cluzel : Je ne sais pas. Ah si, Sebhat Gebre Egziabhér (Ndlr : Il a écrit Les nuits d'Addis-Abeba). Il est décédé aujourd'hui. J'aime beaucoup cet auteur.

Africavivre : Si vous étiez un(e) réalisateur(trice) africain(e). Qui seriez-vous ?

Damien Cluzel : Je n'en ai pas en tête.

Africavivre : Si vous étiez un(e) musicien(ne) / chanteur/teuse africain(e). Qui seriez-vous ?

Damien Cluzel : Je serais Fela Kuti.

Africavivre : Si vous étiez un album. Qui seriez-vous ?

Damien Cluzel : Je serais le seul 33 tours que Muluken Melesse ait sorti en 1976.

Africavivre : Si vous étiez un plat africain. Lequel seriez-vous ?

Damien Cluzel : Je serais le doro wat. C'est un plat africain avec du poulet.

Africavivre : Si vous étiez une ville africaine. Laquelle seriez-vous ?

Damien Cluzel : Addis-Abeba.

Propos recueillis par Eva Dréano

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