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Balade à Alexandrie avec la photographe égyptienne Sara Zoheir

La photographe égyptienne Sara Zoheir a présenté sa dernière série photographique au Goethe-Institut d'Alexandrie le 10 novembre dernier.

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Sara Zoheir a animé plusieurs formations au Centre Culturel des Jésuites et au Lycée Français d'Alexandrie. 

Plusieurs prix sont venus déjà couronner son travail.

Nous avons apprécié au Goethe-Institut la poésie et le tact de ses photos tantôt en noir et blanc tantôt en couleur, qui mettent en exergue les habitants d'Alexandrie dans leur environnement, au bord de l'eau, sur la corniche, dans les parcs de la ville...

La photographe sait capter subtilement une impression, une atmosphère, un contraste, exprimer en un détail saillant les solitudes citadines ou les mélancolies alexandrines et des moments de bonheur fugitifs.

Alexandrie-Sara-Zoheir

Africavivre : Comment le goût pour la photographie vous est-il venu ?

Sara Zoheir : J'aime la photographie depuis mon enfance grâce à ma mère. A cause de ses études et de son travail, ma mère a toujours été obligée de voyager seule hors d'Égypte. Elle a alors acheté une caméra afin de prendre des photos de moi qu'elle gardait toujours avec elle durant ses voyages.

Ma mère était la photographe principale de la famille et elle a ainsi enregistré et gardé plusieurs souvenirs familiaux. Pour mes dix ans, ma mère m'a offert un appareil photo argentique et j'ai pu heureusement, à cet âge déjà, découvrir les secrets de la photographie et le développement de films. Ensuite, quand j'ai eu une caméra digitale, j'ai commencé à prendre des photos de mes amis à l'école et à l'université et d'autres photos au hasard.

Puis, le 25 janvier 2011, la révolution égyptienne est arrivée. Des photos témoignent de cet événement glorieux et important, ce sont ces événements qui ont motivé ma décision de devenir photographe professionnelle.

J'ai d'abord commencé par des photos de manifestations et ensuite j'ai découvert pas à pas différents genres de photographies. Par la suite, j'ai pu participer à 38 expositions en Egypte et à 5 expositions internationales en Allemagne, en Tunisie et en Roumanie. Ma première exposition individuelle, intitulée "Le départ" a eu lieu en 2017, puis a suivi une exposition intitulée "La Voie Canopique" et dernièrement, en 2018, "Balade avec Alexandrie".

Sara-Zoheir-Alexandrie

Africavivre : Quand utilisez-vous la couleur ou le noir et blanc ?

Sara Zoheir : Les couleurs représentent une source principale d'inspiration pour la photographie, spécialement en ce qui concerne la nature - comme la mer, les arbres, les fleurs, le coucher du soleil...

Mais les photos en noir et blanc créent une impression différente, pas nécessairement celle de la tristesse mais parfois celle de la nostalgie ou de l'origine par exemple. Pour moi les photos en noir et blanc sont des photos "intelligentes", parce qu'en tant que photographe je ne compte pas tellement sur les couleurs et je me concentre surtout sur la situation et les sentiments présentés.

Pour cette raison je préfère plutôt les photos en noir et blanc. Elles sont pour moi intemporelles.

Africavivre : Quels sont les sujets et les thèmes qui vous intéressent le plus ?

Sara Zoheir : En général j'aime photographier les portraits de personnes, je cherche toujours leurs aspects cachés. Chacune de ces personnes a son histoire, que j'essaye de montrer dans mes différentes photos.

Récemment, j'ai travaillé pour un projet sur la documentation d'Alexandrie, cette ville qui disparaît jour après jour. C'est un projet à long terme que je continue encore à développer. Prochainement je vais aussi commencer un autre travail sur "la femme et son monologue interne dans notre société".

Africavivre : Préparez-vous vos photos ou les improvisez-vous ? Aimez-vous les contrôler avec rigueur ou vous faire surprendre par elles ?

Sara Zoheir : Parfois je les prépare selon des idées qui me viennent, il peut m'arriver d'avoir mes photos en tête même avant de les prendre. Récemment cependant j'ai expérimenté la photographie de rue, avec les inconvénients et les charmes de l'imprévu. C'est une expérience très difficile, mais je la trouve amusante et agréable, elle me permet de prendre des photos spontanées et non répétitives.

Sara-Zoheir-photographe

Africavivre : Avez-vous d'autres projets en dehors de celui évoqué ?

Sara Zoheir : Je travaille sur plusieurs idées, mais en général j'aime les surprises.

Propos traduits de l'arabe par Germaine Nadi

(après "solitudes citadines", "mélancolies alexandrines") et des moments de bonheur fugitifs 
Zoom

"Balade avec Alexandrie", expo organisée par le CEAlex (Centres d'Etudes alexandrines)

Africavivre : Pouvez-vous nous parler de votre série présentée au Goethe-Institut ?

Sara Zoheir : La série de photos qui ont été exposées à l'Institut Goethe, "Balade avec Alexandrie", concerne les jardins publics et les espaces verts qui se trouvent dans cette ville littorale.

Cette exposition a été une invitation pour redécouvrir Alexandrie afin de dessiner de nouvelles cartes, pour rafraîchir la mémoire collective et redonner vie aux endroits abandonnés que personne ne visite, ces lieux oubliés et négligés qui tendent à disparaitre.

Matthias Turcaud

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