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Concerts d'artistes africains / Afrique

lille3000 met cette année le cap sur le continent africain

L’Afrique s’invite à Lille avec une exposition et deux week-ends dédiés.

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La Gare Saint Sauveur est un lieu atypique dans le paysage lillois. Sa programmation est à son image.

Le printemps 2017 de ce lieu emblématique se compose de 14 week-ends de programmation foisonnante et gratuite. Deux « week-end Africa » et Afriques capitales, vers le Cap de Bonne-Espérance, exposition concoctée par le Pape de l’Art contemporain d’Afrique, Simon Njami, donnent la part belle au continent.

Les week-ends Africa présentent des musiques de Zanzibar au Sahara, des danses Steppas, des jeux camerounais...

D’Ouest en Est, du Nord au Sud, se dessine une cartographie artistique non exhaustive du continent. Un beau tableau éclectique, bouillonnant et ultra-moderne.

Interview avec Marc Menis, organisateur de ces événements.

Africavivre : Comment avez-vous composé la programmation des " Week-end Africa " ?

Marc Menis : Comme nous accueillons l’exposition Afriques capitales, il nous semblait important d’avoir également une programmation de spectacles vivants qui reflète d’autres facettes de la création africaine. De là, nous est venue l’idée de consacrer deux week-ends à l’Afrique.

A la Gare Saint Sauveur, les artistes programmés sont des propositions de plusieurs associations lilloises. Charge à nous organisateurs de coordonner l’ensemble. On a essayé d’être éclectique dans la sélection artistique. A travers nos événements, nous cherchons toujours le lien avec le local, Lille et ses habitants.

On a eu jusque-là une très grande fréquentation. On est évidemment ravi car le public suit.

Africavivre : Quels sont les artistes africains que nous pourrons découvrir dans le cadre de ce Printemps 2017 à la Gare Saint Sauveur ?

Marc Menis : Dans la programmation des " week-end Africa ", les artistes viennent d’un peu partout du continent africain. La malienne Mamani Keita, programmée le 20 mai, était accompagnée pour l’occasion d’un accordéoniste bruxellois. C’était un concert gratuit.

Kokoko !, programmé le 25 mai, est un croisement entre le dj producteur Débruit et des artistes congolais. Cela donne une musique très contemporaine et très moderne.

Terakaft, programmé vers la fin juin, joue avec des guitares ishumar un blues du Sahara. Leur nom signifie la caravane dans la langue touarègue, le tamasheq. Ils sont les petits frères de Tinariwen.

Le 1er juillet, nous accueillerons Chancellor & the Bamara. (Ndlr : Une musique énergique, engagée et inclassable).

Egalement Kebra Ethiopia Sound System, les ambassadeurs du mouvement « Roots and culture » en Afrique du Sud. Il y aura avec eux une initiation à la danse Steppa.

Kebra-Ethiopia-Preto-Camila-Portera

S'il est dit qu'elle adoucit les mœurs, la musique des sud-africains Kebra Ethiopia et de son université joue un véritable rôle social.

Le Kithara de Zanzibar, programmé le dimanche 2 juillet, est un orchestre constitué par quelques-uns des plus grands interprètes du pays : Rajab Suleiman, Rukia Ramadhan Makame Faki.

Groupe-Kithara-Zanzibar

Le groupe Kithara produit une musique épicée et un peu sucrée qui nous vient de l'île de Zanzibar, au large de la Tanzanie.

Samira El Ayachi est une auteure d’origine algérienne habitant Lille. Elle interviendra également dans l’un de ces événements.

On a essayé d’avoir des activités complémentaires aux propositions artistiques. On réalise des ateliers de langue douala, langue du Cameroun, de danse sous forme de flashmob. On a aussi des initiations aux jeux traditionnels du Cameroun.

La Gare Saint Sauveur est un lieu particulier. On peut y accéder gratuitement. C’est accessible à tous. On voulait donc rester dans cette idée d’ouverture.

Africavivre : À propos de l’exposition, Afriques Capitales, Simon Njami, son commissaire, parle de « se libérer d’une certaine idée de l’exotisme ». Aussi des « artistes africains qui interrogent leur temps ». Avez-vous également pensé votre programmation dans ce sens ?

Marc Menis : On a cherché à montrer la grande diversité des projets artistiques africains. Sur un continent d’une telle dimension, entre ce qui est proposé en Afrique du nord et en Afrique du sud, la différence est grande. On ne pouvait donc pas être exhaustif.

On n’était pas dans le folklore ni dans l’exotisme. J’ai surtout essayé de montrer une Afrique contemporaine.

Zoom

Les questions personnelles d'Africavivre

Africavivre : Quels sont les ingrédients indispensables pour concocter une belle programmation, selon vous ?

Marc Menis : Avoir de la curiosité. Proposer de la diversité.

Africavivre : Quelle est, pour vous, la journée parfaite ?

Marc Menis : Demain. Sur ce type de programmation on travaille sur des projets en train de se réaliser et sur des événements à venir. Comme c’est un travail sur l’avenir, la journée parfaite n’est déjà plus hier mais demain.

Africavivre : Quels sont vos héros préférés dans la vie réelle ?

Marc Menis : J’aime bien les artistes, les musiciens, les écrivains, les acteurs, les metteurs en scène, les commissaires d’exposition,... Je n’ai pas de nom particulier à donner.

Simon Njami est, par exemple, quelqu’un avec qui il est très agréable de travailler. Ses choix artistique, son engagement et son côté humain m’ont plu.

Africavivre : Qu’avez-vous prévu de faire demain (le jour suivant l’interview) ?

Marc Menis : Je vais accueillir Dj Débruit, les musiciens et chanteurs de Kokoko ! et la programmation de l’Aéronef pour la soirée à venir.

Eva Dréano

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