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Romans / Côte d'ivoire

AU-DELA DES BARRIERES de Tidiss Koné

Editions Éden Dans un puissant récit paru aux Editions Eden en Côte d’Ivoire, Tidiss Koné retrace le chemin douloureux de personnages divers pour parvenir au bonheur.

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« Au-delà des barrières » est un récit romanesque de quatre-vingt-quinze pages paru aux éditions Éden à Abidjan en mars 2018.

L’auteur, un jeune ivoirien de 35 ans, promène le lecteur dans les profondeurs de la Côte d’Ivoire du Vieux (Félix Houphouët-Boigny) sans pour autant le nommer.

Le livre s’ouvre et se referme par des poèmes en vers libres adressés « aux hommes d’ici et d’ailleurs » pour plus d’humanité. Tidiss Koné déroule de petites histoires des hommes dont la trame est la même, en fait un savant dosage et les juxtapose au fil des pages brillamment élaborées.

Si Ayéto Bihady a perdu très tôt sa femme en couches, son chemin de croix pour retrouver une autre âme sœur (Nadia Ouattara Imelda) passera par les notables du village qui se sont opposés avant de changer d’avis à leur union.

Dans la deuxième partie, l’on assiste à une guerre de succession au trône en terre d’Éburnie. Ce pays qui, naguère, a prospéré et attirait le monde entier a subitement sombré dans l’horreur et le chaos. Tandis que ses filles et fils se regardent en chiens de faïence si bien que de nouveaux comportements ont vu le jour, la discrimination, le rejet de l’autre, le repli identitaire, sont et demeurent le lot quotidien de ceux-ci.

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L'écrivain Tidiss Koné en pleine dédicace de son ouvrage "Au-delà des barrières".

Par le sport et des actions sociales, une jeune secrétaire du sous-préfet a réussi à mettre en œuvre un plan de pacification des « cœurs et des esprits » ; les différences religieuses et ethniques ont été bannies dans la contrée voire dans tout le pays.

Quant à Abdoul Malick, il voit son rêve se briser en perdant l’usage de sa jambe, parce que sa passion pour le football s’arrête un beau matin sur le terrain lors du championnat villageois. Il a ensuite âprement lutté pour une vie meilleure.

On remarque que la persévérance reste la voie royale à toute réussite dans la vie. N’est-ce pas que ceux qui vivent, sont ceux qui luttent ?

Tidiss Koné a un style de conteur ; il raconte et plonge le lecteur dans l’ancestralité. Il prêche pour que les gens partent « au-delà des barrières » en (re)considérant le statut de la femme dans les sociétés africaines enclines à la misogynie la plus criarde.

Cependant, de nombreuses barrières (sociologiques, linguistiques, anthropologiques, etc.), qui plombent le vivre-ensemble, doivent être cassées pour construire de « nouveaux ponts ». L’humanité en sortira débarrassée des « oripeaux ».

Ce récit romanesque évoque sur fond de péripéties diverses la vie en société, la cohabitation pacifique mise à rude épreuve, le statut de la femme comme « acteur du développement durable ».

L’auteur donne librement la parole à ses personnages qui parlent à cœur joie et livrent leur vison du monde. Les proverbes et vocabulaires puisés dans le terroir (sénoufo et malinké) émaillent le récit, comme en témoigne les traits onomastiques des personnages.

Les personnages dans ce livre sont en quête de justice, de fraternité, de liberté voire d’égalité. Il met en exergue l’attitude des personnages qui s’affirment contre le comportement social et individuel exigé par la seule appartenance à une société donnée.

Nombreux sont ceux qui se soustraient aux traits idéologiques, aux codes d’action qui obligent tout individu et tout groupe social à se comporter uniformément, et de voir l’Autre, le différent, l’adversaire à travers les critères établis par la conscience générale de solidarité et d’intégration.

Au détour de tout cela, on aperçoit un pan de l’histoire de ce pays, traversé par la lagune où il fait bon vivre.

Si la littérature aide à raconter et à comprendre le monde, l’auteur fait savoir que la rancune et la haine sont deux poisons qui détruisent celle ou celui qui les porte. Il faut donc le relativisme du cœur. La vie d’un homme n’est jamais tracée de façon définitivement callée : tout est en devenir !

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Bouakari Sidiki KONE

De son nom complet Bouakari Sidiki KONE, ce jeune auteur est né le 20 mars 1983 en terre ivoirienne.

Nanti d’une maîtrise de recherche option Roman africain et une licence en Lettres Modernes à l’Université Alassane Ouattara, il enseigne le français après une formation pédagogique à l’Ecole normale supérieure d’Abidjan, et dirige une troupe théâtrale.

Sosthène Mbernodji

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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