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Romans / Côte d'Ivoire

Allah n’est pas obligé d'Ahmadou Kourouma

Les éditions Points Une histoire terrible qui laisse sans voix. Du très grand Ahmadou Kourouma !

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Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses ici-bas.

Il s’appelle Birahima. Il a dix ou douze ans, il ne sait pas trop. C’est un Malinké de la Côte d’Ivoire, ça il le sait et il est musulman et croit en son bienfaiteur Allah.

Birahima est le personnage principal de ce roman et aussi le narrateur. C’est à travers ses mots d’enfant souvent maladroits et grossiers que nous connaîtrons tout de son enfance en famille jusqu’à sa vie d’enfant soldat ou small-soldier en anglais.

Inutile de s’aventurer dans des détails fastidieux, il s’agit d’un roman condensé et grave qui frôle la stupeur par tant de cruauté racontée. Nous avons tous une idée des guerres tribales qui ont sévi au Libéria et en Sierra Leone dans les années 90, même avec notre imagination la plus folle, nous sommes très loin de la cruelle réalité.

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A la mort de sa mère, Birahima est confié à sa tante Mahan. Lorsque celle-ci disparaît subitement, c’est aux côtés de Yacouba un féticheur musulman qu’il tente de la retrouver par tous les moyens. En traversant forêt après forêt, pays après pays dans un climat de guerre, il tombera aux mains de différents groupes armés et passera d’enfant soldat novice à plus que confirmé.

Il est espiègle et insolant ce petit Birahima. Grâce à lui et à ses quatre dictionnaires à savoir le dictionnaire Larousse et le Petit Robert, l’Inventaire des particularités lexicales du français d’Afrique noire et le dictionnaire Harrap’s, il raconte ses aventures en définissant les mots ou expressions un peu trop compliqués pour des oreilles non avisées.

Tout au long de leur périple, lui et Yacouba tomberont successivement dans les mains de l’armée du NPFL « Le Front National Patriotique du Libéria », de l’armée du ULIMO « Le Mouvement Uni de Libération pour le Libéria », de l’armée du dictateur Prince Johnson au Libéria, et aux mains de la RUF « Front Révolutionnaire Uni » en Sierra Leone sous la présidence Teffi.

Dans Allah n’est pas obligé, Ahmadou Kourouma fait beaucoup d’allusion à la religion mais aussi aux croyances obscures comme la sorcellerie. Les dictateurs de ces pays ravagés par des massacres et des crimes tiraient leur morale sur des croyances douteuses qui leur donnaient droit de vie et de mort sur tous de manière inhumaine et cruelle. Les enfants soldats drogués et enrôlés de force sont souvent les plus féroces pendant les luttes armées. Ils vivent dans le néant comme des demi-esclaves et n’ont souvent pas de perspective d’avenir.

Ahmadou Kourouma, un écrivain contemporain engagé.

Ahmadou Kourouma (1927-2003) est un écrivain ivoirien d’origine Malinké. Ayant eu l’opportunité de faire des études, il se positionne très tôt en faveur de la lutte contre le système colonial. Exilé en Algérie où il devient écrivain, il maintient son opposition contre toute forme de dictature.

En se distinguant par son écriture où il use de la tradition orale pour transmettre des messages à ses lecteurs, il rend hommage à la culture africaine qui bouillonne de proverbes et de répétitions s’apparentant au griot.

Pour son dernier roman achevé « Allah n’est pas obligé », Ahmadou Kourouma a obtenu le Prix Renaudot 2000 et le Prix Goncourt des lycéens.

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Conférence avec Ahmadou Kourouma sur son livre " Allah n'est pas obligé " au Théâtre du Bourg-Neuf

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Quel avenir pour les enfants soldats ?

Quand on n’a pas de père, de mère, de frère, de sœur, de tante, d’oncle, quand on a rien du tout, le mieux est de devenir un enfant soldat.

Les enfants soldats, c’est pour ceux qui n’ont plus rien à foutre sur terre et dans le ciel d’Allah. – Extrait, p.118-119.

Les enfants soldats ont entre 7 et 18 ans et sont rattachés aux forces armées. On dénombre 250 000 enfants soldats à travers le monde et plus de 2 millions le nombre d’enfants soldats tués lors des dix dernières années. Les garçons ne sont pas les seuls concernés, il peut tout aussi bien s’agir de filles. 

Les continents où le nombre d’enfants soldats est le plus élevé sont l’Afrique et l’Asie. En Afrique, ils se trouvent principalement en République Démocratique du Congo (RDC), au Tchad, en Ouganda ou plus récemment au Mali. En Asie, les pays les plus touchés par ce phénomène sont le Myanmar, le Népal, le Pakistan, les Philippines ou le Sri Lanka.
Source http://www.visiondumonde.fr/

Le retour à la vie normale est très difficile pour ces enfants. Rares sont ceux qui arrivent à retrouver leur famille lorsqu’ils leur en restent encore une.

Grâce à un programme de l’UNICEF visant à aider les enfants soldats à déposer les armes et construire un avenir, depuis 1998, plus de 100 000 enfants ont été libérés et réinsérés dans leur communauté dans plus de 15 pays affectés par des conflits armés.

A noter que le 12 février de chaque année, a été décrété Journée internationale des enfants soldats, dédiée aux milliers de garçons et de filles enrôlés de force dans des groupes armés.

Diane N.

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