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BD / Côte d'Ivoire

ULTIMES GRIOTS, pour une BD respectueuse des traditions

Perpétuer l'héritage

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A travers la BD - médium populaire et facile d'accès - les Ultimes Griots comptent faire découvrir un héritage africain méconnu à la jeunesse, notamment du continent, mais aussi de la diaspora, ou d'ailleurs. 

Arnaud Kosséa, le créateur, nous en dit plus !

Comment Ultimes Griots a-t-il vu le jour ? 

Arnaud Kosséa : Tout au long de mes différents voyages dans les pays africains, j'ai remarqué une réelle unicité dans l'apparente différence des peuples, des cultures et des coutumes. J'ai ainsi eu l'idée de créer une œuvre qui serait le brassage de toutes les cultures africaines.

Je désirais créer un imaginaire propre à l'Afrique. Une fiction uniquement inspirée des contes, légendes, mythes, et récits locaux dans lesquels on retrouverait des héros, des divinités, des pouvoirs occultes, des esprits protecteurs ou malsains, des animaux mythiques et bien d'autres... Une œuvre, qui dans sa forme simple et ludique, faciliterait le partage de tout ce savoir.

La bande dessinée m'apparut comme le canal par excellence pour transmettre toute cette richesse culturelle. Les BD de mon enfance avaient réussi à me faire connaître les cultures des autres peuples ; pourquoi donc ne pas reproduire le même schéma pour la culture africaine ?

C'est ainsi qu'est né Ultimes Griots, une BD qui prône dans son essence la fierté de nos origines, de notre histoire, de notre identité.

Une certaine ignorance de la jeunesse africaine vis-à-vis de son héritage traditionnel explique-t-elle en partie la naissance d'Ultimes Griots ?

Arnaud Kosséa : On peut en effet affirmer que la jeunesse africaine est quelque peu ignorante de son héritage traditionnel, et la raison à cela est qu'elle est très peu exposée à cet héritage-là au détriment de la culture des autres. Il est plus facile pour un jeune africain de connaître les traditions des autres peuples (Japon, Occident...) plutôt que les traditions et cultures de son peuple. Cela est majoritairement dû au manque de représentativité africaine dans les canaux de divertissement et éducatif. Et c'est ce à quoi Ultimes Griots a voulu apporter sa pierre. Mettre à grande disposition des Africains une multitude de contenus - livres, BD, dessins animés... - qui donneront une chance aux enfants de grandir entourés de leur culture, de leur réalité.

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Quelles ambitions nourrissez-vous avec Ultimes Griots ?

Arnaud Kosséa : Par Ultimes Griots et toutes les autres œuvres dérivées, nous envisageons de donner à plus de 400 millions de jeunes africans et afrodescendants des contenus qui leur permettront de savoir qui ils sont et d'en apprendre plus sur leur héritage culturel. L'entreprise Ultimes Griots se donne pour mission de reconnecter les Africains et les Afro-descendants à leur histoire et de permettre à tous les peuples d'Amérique, d'Asie, d'Europe de découvrir l'Afrique sous d'autres facettes. 

Pouvez-vous nous parler de "Autour du feu" ?

Arnaud Kosséa : Autour du feu c'est le magazine des enfants africains fiers de leur culture et prêts à inventer un futur différent pour le continent ! En un mot, ce livre interactif partage la saveur des coutumes africaines et aide l'enfant à s'en inspirer pour imaginer des technologies, des architectures, des équipements médicaux, etc... qui rendront son futur plus radieux.

Comment la série "Dissongo" s'est-elle développée ? 

Arnaud Kosséa : Dissongo est le deuxième tome de la saga Ultimes Griots (prévue sur 7 tomes). Elle marque le début réel des aventures de Imana. Dissongo ou "le prix du miel" s'est appuyé sur les tournois de lutte traditionnelle. C'est donc évidemment qu'on y retrouve Yarada Lo, le roi des arènes. Sur ce noyau, les éléments majeurs de l'intrigue se sont greffés : tels que les œuf de la parole, le conseil des anciens dans l'arbre à palabres, ou la prémonition des jumelles. 

Etes-vous satisfait des retours du public ? 

Arnaud Kosséa : Oui, notre public est vraiment encourageant et nous donne beaucoup de force. Aussi, nous prenons les critiques en vue d'améliorer notre travail, ce en ne dénaturant pas ce qui fait la ligne de base d'Ultimes Griots.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur le roi Béhanzin ? 

Arnaud Kosséa : Vous trouverez des informations en suivant ce lien de notre site internet : https://ultimesgriots.com/le-roi-behanzin-un-heros-de-la-resistance-africaine-a-la-colonisation-partie-1/

Vous vendez beaucoup de produits dérivés. Pourriez-vous nous en parler ?

Arnaud Kosséa : Nos produits dérivés sont généralement des gadgets destinés à tout ceux qui nous suivent de près ou de loin et qui désirent matérialiser leur soutien à ce que nous faisons. Cependant ils ne sont pas que destinés à eux, ils revendiquent une plus large communauté, de personnes intéressées par notre propos mais pas forcément adeptes de bandes dessinées . Que sont généralement des t-shirts, des mugs, des bijoux inspirés de l'univers Ultimes Griots, des posters stylisés.

Comment comptez-vous vous développer par la suite ? Quels projets avez-vous notamment ?

Arnaud Kosséa : Nous travaillons actuellement sur notre dessin animé principal : "Warabaden, les enfants du lion", qui est un spin-off de la saga.

Remerciements chaleureux au responsable de la communication Suame Ekra.

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Le choix des sujets

De quelle manière choisissez-vous vos sujets ?

Arnaud Kosséa : Au-delà de l'aspect divertissement et de la découverte qui met en avant les souvenirs d'enfance, les mythes et légendes..., les sujets traités sont essentiellement basés sur des problématiques actuelles : les albinos, le jeu de pouvoir, la solidarité et l'entraide, la place de la femme, etc.

Avec un débat moral en fond : faut-il s'inspirer du passé pour réinventer l'Afrique, ou faut-il repartir de zéro ?

Matthias Turcaud

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