Lunakii

Singles / Côte d'Ivoire

LUNAKII, grandir avec ses racines

En attendant l'EP

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Oscillant entre hip-hop et sonorités afro, Lunakii se compose des cousins Karifa, Nearzo et Cdeedie. Leur quatrième single vient de sortir. 

De leur genèse à leur nostalgie de l'Afrique en passant par leurs thèmes fétiches et leurs ambitions, les trois compères nous en disent plus...

Comment votre groupe a-t-il vu le jour ?

Karifa : Lunakii se compose de trois membres de la même famille. Cdeedie en eut l'idée et nous a ensuite sollicités, Nearzo et moi.

Cdeedie : Nous avons commencé à travailler ensemble en 2017. Chacun faisait de la musique individuellement jusque-là. 

Comment définiriez-vous votre style ? 

Nearzo : Nous marions le hip-hop avec des sons afros.

Karifa : En fait, nous mélangeons beaucoup de genres. Nearzo apporte du rap, Cdeedie une coloration afro, et moi le chant et le rap. De cette union résulte le son propre à Lunakii.

Quelles sont vos sources d'inspiration ? Et vos thématiques principales ? 

Karifa : Nous la puisons surtout dans le quotidien. "Promesse" (2019) relate une histoire que j'ai vécue. La trahison, la famille, l'éducation reviennent fréquemment. "Soit à l'heure" (2020) aborde, par métaphore, le thème d'arriver à l'heure dans sa vie.

Nearzo : La famille est sacrée pour nous.

Cdeedie : "Géreé" (2021) transmet le message "crois en ce que tu fais, ose, vas chercher, sens toi le meilleur et fonce."

Votre année 2020 fut chargée malgré le Covid...

Cdeedie : On était prêts. Nous avions déjà quatre clips de côté, plus d'une dizaine de sons. Il s'agit d'une sélection, on a le luxe de pouvoir choisir. 

Dans une interview, vous parliez d'un projet dédié à la femme. Où en est-il maintenant ?

Karifa : En bonne voie. Parmi tous nos morceaux, nous en avons isolé six qui traitent plus spécifiquement de la femme. On attend de voir ce que va donner le son que l'on vient de sortir. On ne se fixe pas de date butoir, on prend la température et nous dévoilerons ensuite le projet, un son après l'autre.

Nearzo : On a choisi une date, la situation sanitaire nous conduit à réfléchir. Il se pourrait que l'on repousse, ou que l'on avance aussi la date, mais le projet a été finalisé.

Vous accordez de l'importance aux chorégraphies. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Nearzo : On répète tous ensemble, certains nous conseillent. On a tous des contacts grâce auxquels on avance. Ce n'est pas par choix, mais il est possible que l'on vienne vers nous.

Karifa : L'autoproduction présente l'avantage de pouvoir choisir nous-mêmes ce que nous voulons faire. On se soustrait à de nombreuses contraintes.

Vous tient-il à coeur de transmettre des messages avec vos morceaux ?

Cdeedie : Oui, c'est inscrit dans l'ADN du groupe. Même si on peut parler de sujets "pas très catholiques", on essaie de le faire de la bonne manière. Derrière, on sait qu'il y a des gens qui nous écoutent et que dans le fond, ce qu'on veut apporter c'est une histoire, un vécu. Apporter quelque chose qui touche et qui marque les esprits. On rend notre musique souple, quand on prend le temps d'écouter nos clips, on comprend le message derrière.

Karifa : On fait attention de mettre les formes, à ne pas choquer ceux qui nous écoutent. Ça fait partie de l'éducation qui nous a été prodiguée. Nous partageons la même vision, nous sommes synchrones à ce niveau.

Quelles ambitions entretenez-vous ? 

Cdeedie : Nous ambitionnons d'abord d'aboutir à un Expended Play (sorte de mini album) qui nous corresponde. Le Covid nous freine en ce moment, mais ce ne sont pas les ambitions qui nous manquent. Notre manière de faire face à ça, c'est de partir, par exemple, à Abidjan où on a été invité et il suffit juste d'y être pour faire des concerts sur scène ou passer dans des radios. Actuellement, nos sons passent dans des chaînes donc ça va, cela s'équilibre. Si la situation ne s'améliore pas en Europe cette année, on reviendra chez nous, en Afrique.

L'Afrique vous manque-t-elle ? 

Cdeedie : Nous sommes issus du continent, tous nés en France mais nous avons de la famille en Afrique. En ce qui me concerne, je n'ai jamais délogé l'Afrique de mon coeur. Pour moi, elle reste avant tout synonyme de joie, d'amour et de fraternité.

Karifa : Pour moi, l'Afrique sera le retour obligatoire.

Cdeedie : Nous avons choisi la distribution numérique pour atteindre facilement un public élargi. Ça touche tout le monde et ça part dans le monde entier. Sans Internet, nous aurions juste eu accès à la France ou même seulement à Paris.

Comment préparez-vous les paroles de vos chansons ?

Cdeedie : L'inspiration nous vient souvent sous la douche, en voiture, ou dans les transports. On peut choisir une thématique, puis se passer des idées en studio. Parfois, il t'arrive d'écouter une chanson et tu t'en inspires pour en créer une autre...
Zoom

En attente...

La situation actuelle vous affecte sans doute beaucoup...

Cdeedie : Pour beaucoup d'artistes, en effet, ce n'est pas évident de se développer quand la Covid sévit et qu'elle annule toute possibilité de prestation musicale.

De notre côté, on continue de travailler, de créer et de sortir des titres. Tous nos morceaux sont sortis pendant la Covid, donc il faut faire beaucoup de travail de promotion sur les réseaux...

Si Dieu le permet, on ira chez nous en Côte d'Ivoire, comme beaucoup d'autres, à l'image de Niska, Maître Gims, Koba La D, ou Fianso. C'est de l'autre côté que le game se passe ! Pour Lunakii, c'est parfait, notre public se trouve clairement en Afrique francophone, sans oublier la diaspora francophone.

Iragi Elisha

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