SLOV-RACE-RARE

Singles / Congo-Brazzaville

SLOV RACE-RARE, du rap au dancehall

En pleine éclosion

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Le jeune artiste congolais séduit par son dynamisme et sa versatilité ; et ne manque pas de projets... Nous avons pu nous entretenir avec lui.

Comment êtes-vous tombé amoureux de la musique ?

Slov Race-Rare : Je suis né d’une famille qui aime la musique et il y a des artistes déjà dans ma famille, c’est principalement à l’église que je suis tombé amoureux de la musique. J’écoutais la chorale dont mon père fait partie et s’il y a une chose que j’aimais particulièrement c’est la mélodie. Parfois je ne cherchais pas à connaître les paroles surtout quand c’est chanté dans une langue que je ne comprends pas, je me focalisais sur la mélodie et la musique régnait dans ma tête en reine.

Ecoutiez-vous beaucoup de musique, enfant ? 

Slov Race-Rare : Oui, enfant j’écoutais beaucoup la musique, volontairement voire involontairement, déjà mon père aime la musique et il jouait chaque matin surtout les dimanches. Quand il ne travaillait pas il jouait avant qu’on ne parte à l’église, j’étais habitué à ça. J’ai découvert beaucoup d’artistes chrétiens grâce à lui, mais j’ai grandi dans un quartier avec beaucoup d’ambiance, donc j’écoutais beaucoup dans les discothèques, les salles de jeux. Mon grand frère Fickson, quant à lui, m’a initié à écouter du rap aussi quand papa m’avait acheté mon premier ordinateur j’écoutais la musique tout le temps, et j’aimais tout type de musique.

Quand avez-vous décidé de devenir musicien professionnel ?

Slov Race-Rare : C’est récemment, une fois au Ghana après avoir décidé de reprendre la musique vu j’étais en pause. Donc j’ai fait quelques projets, puis les amis qui sont déjà avancés dans le domaine du show-business m’ont conseillé cela et j’ai décidé donc d’être professionnel au vrai sens du terme. J’y travaille toujours, bien que je n'ai pas le soutien qui va avec, mais je crois avancer quand même - grâce au soutien moral et actif de mes amis.

Quels musiciens vous ont-ils inspiré principalement, sur le continent africain ? Ou quels genres musicaux ?

Slov Race-Rare : Celui qui m’a surtout inspiré pour écrire ma propre musique c’est Kerry James, du rap hardcore, parce que je suis rappeur de base.

Plusieurs genres musicaux m'ont cependant influencé dans mon évolution musicale, comme la rumba - à travers Papa Wemba, Reddy Amisi, Fally Ipupa a l’époque Anelka, Koffi Olomide, Werrason, Ferre Gola, Karmapa, OK JAZZ, Carlito...

J'aime aussi l'Afro dancehall et l'Afro beat, grâce à des artistes tels que Wizkid, P-Square, Patoranking, Tekno, Kiss Daniel, Stonebwoy, Burnaboy...

Sinon, j'écoute également beaucoup du Dancehall Riddim - représenté par Alkaline, Vybz Kartel, Popcan, Shane-o, Masicka, Kranium, Jamiel, Jahvinci, Movado..., de la pop - autrement dit Michael Jackson, Whitney Houston, Lionel Richie..., de la r'n'b - à savoir Craig David, R Kelly..., du coupé décalé  - et doncDj Arafat, Debordo..., du gospel (groupe Gael, Marcel Mboungou...), du ndombolo - avec Bill Clinton, Arafat le congolais, Brigade, BB Kero...

Avez-vous suivi une formation musicale particulière, ou êtes-vous plutôt un autodidacte ? 

Slov Race-Rare : Je n'ai pas suivi de formation ; d’ailleurs on m'a même forcé à intégrer la chorale à l’époque, mais rien à faire, je ne voulais pas. En fait, j’apprends mieux inconsciemment. Je dois d'abord aimer quelque chose avant de le faire. Ensuite, à ce moment-là, je vais tâcher de reproduire ça très sérieusement ; mais si on m'y oblige en me soumettant à des codes stricts, je n'aime pas et je bloque.

Aujourd’hui, j’apprends quand même différemment. La musique, je l'ai apprise seule, mais j’ai quand même besoin d’un coach vocal pour atteindre mes objectifs particuliers.

Quels effets cherchez-vous à procurer chez vos auditeurs avec vos morceaux ? 

Slov Race-Rare : Avant, d'abord, quand je faisais du rap dur et poétique, je voulais intriguer l'auditeur, qu’il se demande : mais qui rappe ? Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? L'écriture étant ma première passion, je me concentrais surtout là-dessus.

Aujourd'hui, j'accorde également beaucoup d'importance à la mélodie, je veux détendre ou apaiser les mœurs, j'aimerais aussi que les gens voyagent en écoutant ma musique.

Comment qualifieriez-vous la scène musicale brazzavilloise, actuellement ? 

Slov Race-Rare : Une scène musicale se crée actuellement à Brazzaville, et on relève des artistes qui gardent toujours la tête levée, mais il manque une industrie. Sans industrie il n’y aura jamais d’artistes riches ni même des stars, c’est pourquoi le premier et vrai combat doit être centré sur la création de l’industrie. Les autorités le savent, mais se disent que les sponsors existants suffisent ; or, non.

Les majors en musique ne viendront jamais s’il n’y a pas d’industrie : par là j'entends un système qui régularise les droits d’auteurs, les streams, qui contrôlent tout passage à la radio ou sur la télévision, des salles, le fait de valoriser d’abord les artistes du pays. Cela impliquerait d'ordonner que les radios et télévisions diffusent beaucoup plus les artistes locaux, car même passer à la télévision et à la radio, c’est un vrai combat.

Généralement, de quelle manière l'inspiration vous vient-elle ? 

Slov Race-Rare : Je trouve l’inspiration dans la sérénité, quand je suis au calme et seul, je joue de la meilleure façon possible, et je pense au voyage émotionnel. Les mélodies arrivent, je trie ; je cherche, ça vient, je fais un choix et garde les meilleures mélodies. 

Souvent je me mets dans un état que je veux communiquer à travers cette chanson, je fais vibrer mon "moi" intérieur, je trouve la vibe puis je place les paroles.

Comment le morceau "Personne" a-t-il vu le jour ?

Slov Race-Rare : Pour le son "Personne", je voulais essayer quelque chose de nouveau. A chaque morceau, j'essaye de me renouveller. Je m'adapte à la mélodie, et je rajoute l'ingrédient qu'il faut - je n'ai pas de recette appliquée de façon mécanique.

Là, j’enregistrais ma mixtape “ Au Chant de L’aura” avec le dessein en tête de faire un autre projet en changeant de style. J'ai pris le beat, et ça a coulé de source, j’ai fait signe à mon ingénieur de son "Manuel de vie" - que je salue - et c'était parti. Ca aurait pu bien fonctionner, mais ça reste un beat à utilisation non lucrative.

Quels sont vos prochains projets ?

Slov Race-Rare : Là je compte faire une mixtape pour vendre maintenant. Entre temps je vais poster chaque mois un son sur ma chaîne YouTube tout en travaillant avec des Beatmaker. Avec l'un d'entre eux, nous allons bientôt aboutir à une première collaboration ; on verra ensuite pour la mixtape.

Zoom

Le son "I see you" - un accouchement finalement très rapide

Slov Race-Rare : "Pour "I see you", je voulais d'abord un freestyle, mais on m'a conseillé de le sortir en single.

Il me tenait à coeur de produire un morceau auquel un large public pourrait adhérer facilement.

Pendant deux ou trois jours, j’avais écouté un beat sans rien produire de constructif. Un jour, mon ingénieur me taquinait "Hey mais t’es plus productif, hein, frère ! Faut travailler !". Directement, j'ai répondu : "Frère, allez, je rentre dans la cabine, et je fais un truc vite fait !"

Joignant les actes à la parole, je l’ai tout de suite fait ; de son côté il l’a mixé et masterisé le même jour !

 

Matthias Turcaud

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