Marcia-Higelin

Singles / Congo-Brazzaville

MARCIA HIGELIN chante en lingala

La voix des anges

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Pour son deuxième single, la jeune et talentueuse Marcia Higelin a choisi de s'exprimer en lingala, et en résulte le beau et très doux morceau "Nzolani". Rencontre...

Comment le titre "Nzolani" est-il né ?

Marcia Higelin : J'ai composé "Nzolani" en improvisation totale en studio, après avoir totalement raté le morceau que je venais enregistrer initialement... Le résultat de ce dernier était finalement tellement mauvais que je n'ai même pas souhaité le finir, et voyant qu'il ne me restait encore au compteur qu'une petite heure et que je devais absolument quitter le studio avec un morceau d'amour digne de ce nom à 'offrir' à mon fiancé qui fêtait son anniversaire dans les jours à venir, il m'a fallu plonger profond à l'intérieur pour chercher matière à la source de mon amour pour lui.

Je ne l'ai donc finalement jamais pensé, il a été écrit, composé et enregistré au même moment. On pourrait presque dire qu'il s'est écrit tout seul...

Pourquoi avez-vous décidé d'écrire en lingala ? Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement dans cette langue ?

Marcia Higelin : Je trouve les sonorités de cette langue très tendres, particulièrement rondes, ses expressions très poétiques et c'est surtout une des langues de mon fiancé, l'une de mes enfants à venir. Une langue, c'est un outil et c'est aussi le symbole d'une identité... J'ai tenu à utiliser l'outil pour symboliquement, rendre hommage à l'identité.

À part une trompette, vous chantez a capella. Pourquoi ce choix ?

Marcia Higelin : J'ai une grande passion pour les harmonies, pour les sons riches et pleins. Grande passion pour la réverbe, pour les hauts et les bas, les aigus et les graves. J'ai donc toujours composé et écrit avec beaucoup d'harmonies et de choeurs que jusqu'à présent, je fais moi-même.

Nous sommes revenus en studio plus tard uniquement pour ajouter ces deux petites phrases de trompette jouées d'ailleurs par le fiancé dont il est question dans la chanson.

Connaissez-vous bien la scène musicale kinoise et brazzavilloise ? 

Marcia Higelin : Je connais bien sûr certains grands artistes monuments du Congo, comme Zao ou Lokua Kanza, mais ne pourrais pas prétendre connaître sur le bout des doigts la scène musicale actuelle Kinoise : mes attaches familiales avec le Congo étant d'ailleurs plutôt Brazzavilloises...

C'est depuis Dakar que l'on me fait découvrir les langues, les gastronomies est les arts congolais, et je connais quelques jeunes talents congolais au Sénégal que vous ne connaissez pas... encore ! Je suis de très près le développement de Evens Mob, ou encore des Nzolani Brothers...

Higelin-Marcia

Comme vous vivez en partie à Dakar, que pensez-vous de la scène musicale dakaroise ?

Marcia Higelin : Je n'ai jamais rencontré autant de musiciens aussi jeunes, talentueux et sérieux qu'au Sénégal. Ils sont souvent sous-payés et l'organisation générale des événements n'est quasiment jamais à la hauteur du travail qu'ils fournissent et du talent qu'ils ont. Mais malgré tous les désagréments imaginables, je trouve la scène riche, et son niveau très élevé.

Les anciens sont sacrés et il y a une réelle place pour les jeunes. Prenons par exemple Sahad and the Nataal Patchwork (afrobeat) qui m'ont offert l'un des meilleurs concerts de ma vie, prenons Guiss Guiss Bou Bess, Ibaaku ou Dj Cortega (électro), prenons iScience (alternative), Manu Nzolani (jazz, brass), Salimata Diop (pianiste néo-classique), SymSam (afro-fusion), Bolero (african groove) ou encore Kalsoum Diouf et sa voix unique... Tous nourrissent un public ouvert, large et curieux. Et puis, il y a au Sénégal l'inépuisable, immense et immortel mbalax...

Compteriez-vous chanter d'autres morceaux en lingala prochainement ? Envisageriez-vous des collaborations avec d'autres artistes - congolais, sénégalais, ou venus d'autres pays africains ?

Marcia Higelin : J'adorerais bien-sûr ! J'ai travaillé quelques peu sur la composition de l'album à venir d'Obree Daman, prometteur et jeune chanteur sénégalais. Je travaille également avec Salimata Diop, une pianiste néo-classique à un E.P commun et me prépare à bientôt enregistrer une reprise (très différente de l'originale) de "Saya" en malinke de Tiken Jah Fakoly. Pour finir, je travaille bien évidemment en binôme très régulièrement avec Manu Nzolani sur ses projets comme sur les miens.

Pourriez-vous nous traduire en français les paroles de "Nzolani", ou une partie en tout cas ?

Marcia Higelin : Il s'agit de l'état lumineux de mon coeur quand je pense à Monsieur... Ses battements. Comme je l'aime, oh comme il me plaît... Les paroles sont volontairement très "bleues".

Zoom

Les influences africaines multiples de Marcia Higelin

Quels artistes sur le continent africain vous ont influencé ?

Marcia Higelin : Je suis très très inspirée par ce continent qui me connaît depuis toujours...

Des phares pour moi, musicalement : Samthing Soweto pour la spiritualité, Akalé Wubé pour la magie, Ballaké Sissoko et Dhafer Youssef pour la divinité, Fela Kuti pour la force, Oumou Sangare pour la féminité, Blick Bassy pour l'intelligence, Salif Keita pour le vibrato, Habib Koité et Lokua Kanza pour l'humilité, Songhoy Blues pour l'humanité, Sampa the Great pour l'unversalité...

Et certainement des dizaines d'autres...

Matthias Turcaud

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