Origines de Ahamada Smis

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Origines de Ahamada Smis

Colombe Records Nouvel album du slameur franco-comorien Ahamada Smis.

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Après l’album Être, Ahamada Smis nous fait une fois de plus voyager, mais cette fois-ci sur ses propres traces…

Fidèle au travail qu’il avait entamé dans son premier album « Être », le slameur Ahamada Smis poursuit son entreprise culturelle et nous fait découvrir de nouveaux horizons musicaux. Si son premier opus nous faisait voyager sur l’ensemble du continent africain, « Origines », comme son nom l’indique, nous invite à le suivre musicalement sur ses propres traces.

Et on retrouve avec grand plaisir la voix d’Ahamada Smis poser une prose urbaine poétique, tantôt slam pur, tantôt rap de rue à l’accent marseillais inimitable, sur une fusion fine et délicate de musiques traditionnelles de ses chères Comores. Et ce, dans un esprit afro-ngoma (afrobeat comorien), nous précise le communiqué de l’album…

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Ahamada Smis en concert à la Maroquinerie à Paris.


Vous êtes profane dans le domaine des musiques de l’océan Indien ? Entendez par là, si vous ne savez pas distinguer le twarab du mgodro, n’ayez crainte… Vous vous laisserez rapidement porter et envahir par le rythme entrainant de certains morceaux évoquant les musicalités de plusieurs ailleurs riches : l’Orient, la Réunion (marquée par la présence de la chanteuse de maloya Christine Salem), Madagascar, ou encore la Tanzanie, quand le oud de l’icône tanzanienne Mohamed Issa Matona fait son apparition (sur le titre Bachraf), et également dans Gassi Gassi, où Ahamada Smis est accompagné d’un chœur d’enfants.

Toujours précis dans les images qu’il évoque et les tranches de vie quotidienne qu’il aime à raconter, Ahamada Smis nous transporte par la force de son jeu verbal dans des univers très cinématographiques. En cinéphile, il cite Youssef Chahine. En mélomane, Oum Kalsoum. Et au passage, il rend ainsi hommage à deux monstres sacrés de la culture égyptienne, quelque part « tante éloignée » de la culture comorienne…

Voyage initiatique pour l’artiste qui effectue son retour au pays et symboliquement un retour au ventre de sa mère (comme il en est question dans le premier titre Troulilya), il en va de même pour nous. En tant qu’auditeurs, nous découvrons cette trajectoire de vie musicale avec bonheur, tant l’héritage musical arabo-bantu de l’Océan indien nous est peu familier…

Toujours consciente et militante, la voix d’Ahamada Smis demeure singulière et précieuse dans ce qu’elle porte et dans ce qu’elle raconte. L’album « Origines » ne s’explique pas… Il s’écoute et se vit.


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Ahamada Smis album Origines – teaser.


Ahamada Smis
sera en concert dans le cadre du Festival Africolor 2013 le samedi 21 décembre 2013 au Centre culturel Jean Houdremont à La Courneuve. Il y présentera son projet « Le Vaisseau voyageur », performance poétique accompagnée d’un chœur d’hommes et d’un chœur de femmes (deba de Mayotte).

 

Zoom

« Origines » enregistré par un studio mobile

Si l’album « Origines » est vraiment empreint de toutes les musicalités de l’Océan indien, c’est en partie parce qu’il a été enregistré au cours de résidences de créations d’Ahamada Smis à Mayotte, Grande Comore, Anjouan, Das Es Salaam, Zanzibar et La Réunion.

À chacune de ces étapes, le slameur a cherché les sources musicales du sambé, twarab, mgodro, maloya et deba, dont il s’est inspiré pour composer ses propres créations.

Il a donc enregistré certains titres directement sur place. Rusé ! Authentique...

Lola Simonet

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