Herança-de-Lura

Albums / Cap-Vert

Herança de Lura, la mélancolie et la sobriété

Lusafrica Un voyage aux limites du géographique et de l’émotionnel.

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Lura, la chanteuse qui est née dans l’ombre des plus grands de la musique lusophone, assurant les chœurs de Tito Paris, de Cesaria Evora, ou encore de l’Angolais Bonga, est aujourd’hui devenue une des références de la musique cap-verdienne, et sort chez Lusafrica son sixième album studio, Herança ; avec grâce et sensibilité, elle réussit à guider sa musique entre les rythmes de la musique africaine et les écueils de la mélancolie propres aux sons de l’archipel du Cap-Vert.

On pourrait bien sûr penser que cette mélancolie, que l’on retrouve dans l’œuvre de Lura, y compris dans son dernier album, Herança, ne serait qu’un artifice obtenu à grands coups de demi-tons et de mode mineur, par des marchands de musique ayant compris que jouer sur cette corde sensible est une bonne garantie de vente de disque… et bien, il n’en est rien.

Lura


Cette science cap-verdienne de la mélancolie résulterait plutôt d’une philosophie du réalisme né dans un archipel rocailleux balayé par les vents et les influences, où les joies sont intenses, mais jamais aveuglantes, où les tristesses font danser sur les rebords des falaises, et où la douceur devient une nécessité.

C’est à cette exploration géographique et émotionnelle de la musique que se livre Lura, et son disque Herança (que l’on peut traduire du portugais par « Racines ») en serait le « Guide du Routard » ; sur les quelques 14 titres de ce disque, Lura nous emmène visiter le Cap-Vert, de Santiago à Sao Vicente, du fufana au batuque, de la joie à la tristesse, de Boa Vista à Brava, de la morna au coladeira, du local à l’universel.

De plus, le disque révèle quelques collaborations notables comme « Nhu Santiagu », un duo avec la jeune Elida Almeida ; « Herança » titre mystique à la fois magnifique et terrifiant, sur lequel Lura a invité le percussionniste brésilien Nana Vasconcelos ; ou encore le brillant « Barco di Papel » illuminé par la basse du Camerounais Richard Bona.

Mais le plus dur sur cet album sera sûrement de vous détacher les yeux du regard pénétrant que Lura pose sur vous dès la pochette de l’album !

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Lura – « Maria di Lida »

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Lusafrica, un label franco-cap-verdien

LusafricaLusafrica, c’est l’œuvre d’un producteur franco-cap-verdien Jose Da Silva, qui a fondé ce label en 1988, à Paris, après avoir entendu chanter une certaine Cesaria Evora.

Mais le rayon d’action de Lusafrica, ne pouvant se contenter de la seule signature de la diva aux pieds nus, s’est très vite étendu à d’autres artistes de la scène lusophone et d’ailleurs.

Aujourd’hui, même si l’industrie du disque est secouée par de multiples et successives crises, Lusafrica, reste l’un des seuls acteurs sérieux de la scène africaine, ayant encore un pied à Paris.

Aodren Pecnard

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