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Albums / Burkina Faso

Le fabuleux destin d’Adama Dramé

Dakan : Un douze titre pour fêter son jubilé !

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A douze ans, Adama Dramé débute sa carrière de maître-djembé.

 

 

En 1978, il réalise sa première tournée en Europe. A soixante-deux ans, ce fils de griot, fin pédagogue et joueur virtuose, a plusieurs tours du monde à son compteur. Également, d’innombrables master-class et collaborations.

Il fête aujourd’hui son jubilé de carrière et pour l’occasion, nous offre un formidable cadeau. Le comble de la générosité !

Dakan, destin en malinké, est une belle évocation de son pays, le Burkina Faso et de l’Afrique.

Festif et unissant les plus beaux atours de la culture mandingue, le djembé soutient et accompagne avec vivacité les chants polyphoniques, le balafon ou la flûte mandingue. Il les embellit sans jamais les détrôner. Il mène la cérémonie et porte jusqu’à nos oreilles son message universel. L’académie Charles Cros lui décerne en 2015 le grand prix international du disque.

A la fin de cette année rondement menée, interview avec Adama Dramé, maître-djembé accompli.

Africavivre : Avec votre album Dakan sorti en 2016, vous fêtez vos 50 ans de carrière. Vous recevez en 2015 le grand prix Charles Cros. C’est une consécration. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Adama Dramé : J’ai d’abord un sentiment de grande reconnaissance. C’est un très grand honneur pour moi et pour le Burkina Faso. J’étais à priori le seul du continent à recevoir ce prix. C’est magnifique. Je suis un créateur. Je me nourris de la création. J’ai toujours aimé les rencontres et la création.

Africavivre : Vous êtes un maître-djembé. Qui sont vos propres maîtres ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Adama drame-dakan anne de carvalhoAdama Dramé : Je n’ai pas eu de maître. J’ai grandi dans une famille de griot. Je le suis donc aussi de fait mais je n’ai pas été forcé à cela. Au contraire. Au début mes parents ne m’ont pas poussé à devenir musicien.

Mes sources d’inspirations sont le Burkina Faso et l’Afrique. J’ai toujours vécu au Burkina Faso. Je suis très attaché à mon pays et c’est ce qui fait ma force.   

Africavivre : Quelle musique faites-vous ?

Adama Dramé : Je ne fais pas de musique africaine. Ça n’a pas de sens pour moi de dire que l’on fait de la musique africaine. Il y a tellement de musiques différentes. Aussi, dans mon cas la musique est une affaire de famille. Et celle que je fais est universelle car le djembé s’adapte à toutes les musiques du monde. Il va partout.

Africavivre : Sur cet album Jean-Philippe Rykiel et Ray Lema vous accompagnent. Comment se sont décidées ces rencontres musicales ?

Adama Dramé : Je connais Ray depuis longtemps. Je l’ai déjà accompagné sur plusieurs concerts, en Suède notamment. Il est mon grand frère et aussi un grand créateur. Il a participé à l’album et à son arrangement.

Jean-Philippe Rykiel est un grand ami. Ce sont tous les deux de vieilles connaissances. Plusieurs artistes ont participés à mon album. Le jeune violoniste Clément Janine a aussi collaboré à ce projet. J’y ai mis tout mon cœur et les artistes qui m’accompagnent l’ont fait bien souvent par amitié.

Africavivre : Sur scène, qui vous accompagne ?

Adama Dramé : Ma formation sur scène, le Foliba se compose de quatre sections de percussion et d’un clavier pour illustrer les instruments modernes ayant contribué à Dakan. Aussi de danseuses, d’un balafon et d’une calebasse.

Africavivre : Quel lien entretient la danse avec votre musique ?

Adama Dramé : La danse est étroitement liée au djembé. Ce lien est ancestral. Le djembé est d’abord un instrument de fête populaire qui accompagne les cérémonies. Et, à chaque fois qu’il y a un djembé, il y a la fête et la danse.

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Africavivre : Pouvez-vous choisir un de vos morceaux et nous en parler ?

Adama Dramé : Le douzième morceau, Djomaya, parle du mépris, du rejet et de la méconnaissance de l’autre. De ces façons d’être qui entraînent les conflits dans le monde, la peur et l’injustice. Je dis à travers ce morceau que nulle personne ne peut rien faire seule. Nous avons tous besoin les uns des autres.  

Plus d’information sur la tournée d'Adama Dramé :  http://lafriquedanslesoreilles.com/spectacles/223-adama-drame

Zoom

Adama Dramé répond au questionnaire d'Africavivre

Africavivre : Quel est l'ingrédient indispensable pour concocter un bel album, selon vous ?

Adama Dramé : Avoir de bonnes compositions et de bons musiciens. Et puis, bien répéter est primordial. J’ai le privilège d’avoir un studio d’enregistrement au Burkina Faso. C’est une chance.

Africavivre : Quelle est, pour vous, la journée parfaite ?

Adama Dramé : Est-ce que cela existe ? Une journée parfaite, c’est d’être en bonne santé !

Africavivre : Quel(le) est la femme ou l’homme politique (africain/e) pour laquelle/lequel vous voteriez les yeux fermés ?

Adama Dramé : Jerry Rawlings, un ancien président du Ghana (Celui que l’on nomme le « rédempteur », le lieutenant colonel Jerry Rawlings est resté vingt ans au pouvoir, conforté dans son fauteuil de président ghanéen par les élections de 1992 et 1996. Ndlr)

Africavivre : Dans dix ans, où serez-vous ?

Adama Dramé : Ca ne dépend pas de moi. Cela dépend de Dieu. La vie va tellement vite ! Je souhaite être là le plus longtemps possible et en bonne santé !

Africavivre : Si votre album devait se résumer en un slogan, quel serait-il ?

Adama Dramé : Le passé, le présent et l’avenir !

Africavivre : Qu'avez-vous prévu de faire demain (le jour suivant l'interview) ?

Adama Dramé : De me réveiller en bonne santé. Je vais prendre une bonne chicorée et la journée suivra son cours.

Propos recueillis par Eva Dréano

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