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Albums / Burkina Faso

Ils s’appellent Yélé, lumière en bambara !

Dans le désert australien, un griot chante le blues

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Vous ne voyez pas le rapport entre Blues, Trance et musique mandingue ?

 

Eux si. Ils s’appellent Yélé, lumière en bambara, et ils nous éclairent sur les nombreux points d’accord entre ces trois genres musicaux.

Formés en 2016 sous l’impulsion de leur manager, ils participent dans la foulée au tremplin du festival Africajarc. Ils l’emportent et leur performance rencontre un vif succès. L’année suivante, le trio revient cette fois-ci pour clôturer le festival et partager la grande scène avec le trompettiste Eric Truffaz.

Leur groupe vient tout juste de naître, ils semblent pourtant déjà prêts à conquérir leur public et à le guider sur les aventureuses routes de leur musique sans frontière.

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Le prénom de leur trois enfants signifie lumière en différentes langues. Au départ, leur nom de scène est Keïta. Ce nom de famille, comme celui de Koné, Diawara, Traoré, Coulibaly, Ba, Sy, Diallo fait partie des plus répandus d’Afrique de l’Ouest.

Trop commun pour leur permettre de se démarquer, ils décident rapidement de le changer.

Losso Keïta (chant, ngoni, percussions) réalise à ce moment-là que le prénom de leur trois enfants signifie lumière en différentes langues. Cette curieuse coïncidence leur apparaît comme un signe du destin. Ils s’appelleront désormais Yélé, lumière en bambara.

Le destin et la spiritualité sont d’ailleurs leurs fils conducteur, ce qui les a rapproché dès le début. Un feeling commun, le sens de l’écoute – surtout chez Emmanuel Trezaud (guitare), que Losso qualifie de « psychologue de la musique » – et parfois même une once de mystique dans leur compo, voilà ce qui réunit les membres de ce groupe.

Aussi, l’envie de raconter une histoire. Une histoire dans laquelle « les notes viennent remplacer les images », nous dit Losso. Et puis, il y a le public, leur public. Car leur musique, ils l’écrivent avant tout pour des gens. Leur envie de partager quelque chose est ce qui les motive quotidiennement. C’est pour cela qu’ils créent et que Losso compose ses morceaux.

L’un jouait en 440 et l’autre en 432. A n’y rien comprendre sauf qu’il a fallu qu’ils se mettent au diapason l’un de l’autre. Ils disent faire de l’Ethnoblues et appartenir aux musiques du monde. Pas si faciles à classer, les trois membres de Yélé partagent néanmoins, quel que soit son appellation, un univers commun.

Emmanuel, le sentimental du groupe est celui qui « prend le temps de découvrir ton univers, de t’écouter puis de te proposer des solutions. » Le psychologue du groupe, donc.

Jasper (joueur de didgeridoo et de flûte) et Losso sont des alter égo. Même traits de caractères, même personnalité.

Aussi, au début il a fallu qu’ils trouvent un langage commun. Pas une mince affaire : l’un jouait en « 440 et l’autre en 432 », nous précise Losso. A n’y rien comprendre sauf qu’il a fallu qu’ils se mettent au diapason l’un de l’autre. Et le résultat ? « En 432, les notes sont plus douces. » On n’y comprend toujours pas des masses mais à écouter leur musique, on se rend compte que le didgeridoo et le ngoni se sont en effet accordés l’un à l’autre d’une manière forte heureuse.

Et la suite, comment la voient-ils ? En 2018, sortira leur premier album, avec trois ou quatre featuring avec de grands musiciens. Les morceaux sont écrits mais pas encore enregistrés. « J’ai les idées et nous allons les réaliser. Avant cela, en décembre, nous nous rendrons au Burkina Faso. » ajoute Losso d’un ton franchement décidé.

Zoom

Le questionnaire d'Africavivre

Africavivre : Quel est l’ingrédient indispensable pour concocter un bel album, selon vous ?

Losso Keïta : Des financements et des professionnels qui croient en ton projet. Aussi, de grands musiciens pour t’épauler, connaître ton public et enfin avoir la bénédiction de tes parents.

Africavivre : Quel est selon vous la journée parfaite ?

Losso Keïta : Me réveiller avec une belle mélodie en tête, pouvoir la partager avec mon entourage.

Africavivre : Qui sont vos héros dans la vie réelle ?

Losso Keïta : Il y a beaucoup de façon d’être un héros. Je dirais Salif Keïta car c’est grâce à lui que j’ai décidé d’être chanteur. Il est un prophète de la musique africaine.

Africavivre : Quel est votre slogan ?

Losso Keïta : La musique est un remède à la vie.

Africavivre : Qu’avez-vous prévu de faire demain (le jour suivant de l’interview) ?

Losso Keïta : Demain, nous serons dimanche et nous jouerons à Montauban. J’ai ensuite prévu de composer un titre pour Jack, mon manager, en remerciement de ce qu’il a fait pour moi.

Eva Dréano

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