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Théâtre / Bénin

Cross and Share de Julie Dossavi

Le Tarmac - 159, avenue Gambetta Paris 20ème. Solo à huit mains. Réflexion drôle et sensible autour de la co-création.

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Crâne rasé au sommet duquel se nichent quelques tresses attachées, chemise en cuir noir sans manches, pantalon noir, la danseuse Julie Dossavi se lève de son fauteuil de spectatrice pour rejoindre la scène, suivie du compositeur Olivier Olivier et de la chanteuse Moïra.

Une démarche à la fois sportive et élégante, un jeu de silhouette qui accentue un postérieur rebondi et marque ainsi ses origines africaines (béninoises plus précisément), la danseuse prend place devant le micro… « Disons que mes gênes sont reconnaissables mais je sais que le corps n’est pas aux normes. »

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Le ton « second degré » est donné. Entrons de pleins pieds dans ce qui s’amorce comme une réflexion pluri-artistique sur la co-création autour d’un élément donné, le corps de la danseuse Julie Dossavi.

Pour cela, l’artiste a été chercher des confrères dont elle apprécie le travail : le danseur de hip-hop d’origine marocaine Hamid Ben Mahi, le danseur et chorégraphe burkinabé Serge Aimé Coulibaly, le danseur et chorégraphe français Thomas Lebrun. Trois noms, trois énergies qui, ajoutées à la sienne inventent un solo à huit mains compact et mordant, tout en nuances et variétés de styles, de danses comme de musiques (qui vont des créations des compositeurs Olivier Olivier et Yvan Talbot au célèbre Yeke Yeke de Mory Kanté).

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Tantôt encagoulée, tantôt coiffée d’une perruque blonde, pieds nus ou en talons hauts, exécutant des pas de hip-hop ou des mouvements secs du bassin, Julie Dossavi imprègne chaque style de chorégraphes de sa touche toute personnelle marquée par une nature à la fois sensible et drôle, faisant preuve d’une autodérision parfois hilarante.

Le clou du spectacle demeure à nos yeux ce moment de grâce teintée d’ironie où l’artiste en robe de soirée et talons effectue des pliés sur la version béninoise du Boléro de Ravel par Angélique Kidjo. Séductrice, animale, forte et intelligente.

Au final, Cross and Share se donne à voir comme l’autoportrait incisif d’une danseuse chorégraphe afro-européenne engagée, aimant transcender les codes et se jouer d’eux. Un plaisir à ne surtout pas bouder !

Cross & Share (2012 production) /trailer 4'02

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Julie Dossavi, la danse chevillée au corps

Julie Dossavi découvre la danse très tôt, à l’âge de cinq, six ans en regardant des comédies musicales et en copiant les chorégraphies des danseuses de Claude François et Sheila.

Après s’être lancée un temps dans le patinage artistique, elle décide de laisser la glace de côté et s’inscrit dans une école de danse à Brest. Elle a alors quatorze ans, un âge déjà avancé pour une danseuse, mais qu’à cela ne tienne, elle s’accroche et très vite gravit les échelons pour entrer au niveau avancé de cours de son professeur.

Athlète de formation (elle a une licence d’éducation physique et sportive option Danse contemporaine), Julie Dossavi abandonne son Master au bout de trois mois de cours pour se lancer dans la profession et passera deux auditions : un pour entrer au Centre national de la danse contemporaine d’Angers et l’autre pour travailler avec la compagnie de Jean-François Duroure. Prise aux deux auditions, elle choisit la vie de la compagnie et commence à travailler. Depuis lors, elle n’a cessé de danser et possède sa propre compagnie depuis 2003.

Lola Simonet

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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