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Poèmes / Angola

ONDJAKI, entre les vers

Gracieux et sybillin

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L'écrivain angolais Ondjaki, polyvalent et acclamé, vient de sortir un nouveau recueil poétique, "Ha gente em casa".

Nouvelliste, romancier, également auteur pour la jeunesse et réalisateur d'un documentaire sur Luanda avec Kiluanje Liberdade, l'écrivain angolais revient au genre de la poésie, avec lequel il s'était fait connaître en 2000.

Dans "Ha gente em casa", Ondjaki ravive un temps qui n'est plus ; se souvient de son "embusca de maresia" - son enfance passée au bord de l'eau -, de son grand-père qui l'a initié à la pêche, lui a appris à connaître la nature, et à bien savoir regarder la mer et le ciel ; mais évoque en parallèle les dysfonctionnements politiques et la corruption angolais.

"Les jours me brûlent
Je réinvente le monde
j'échoue"

C'est ainsi que commence le recueil d'Ondjaki. Le poète fait parler les silences et les changements de vers, use intelligemment des minuscules en début de vers, et des rejets, des sauts à la ligne soudains.

Elliptique, suggestive, souvent sibylline, la poésie d'Ondjaki arrive aussi, en même temps, à en dire beaucoup, à capter, avec justesse, des sensations, des sentiments et des impressions, à la manière d'un peintre ou d'un musicien, comme on le voit aussi dans l'extrait suivant :

"et de la mer tu passes au vent
pour parler de maintenant, de la
température d'aujourd'hui
pour ajuster le temps de demain"

Très reconnu, Ondjaki a notamment reçu, pour son oeuvre, le Prix Jabuti en 2010, et le Prix José Saramago en 2013. Ses livres sont à la fois traduits en serbe, polonais, suédois, chinois, espagnol, italien, anglais, allemand et français.

Extraits en français traduits par Célia Sadai, cités dans un article de Pierrette et Gérard Chalendar, paru sur Africultures.

Zoom

Jose Luandino Vieira, figure de proue de la littérature angolaise

José Luandino Vieira est un grand écrivain, poète, conteur et traducteur angolais, lauréat du prix Camões en 2006.

Ondjaki lui a consacré son doctorat d'études africaines à l'université de Lisbonne.

On retient notamment de lui son recueil de poèmes "Luuanda" (1965), mais Vieira a également écrit des romans - comme "Nous autres de Makulusu" (1974) -, des recueils de nouvelles, un livre pour la jeunesse ; et l'on sent bien qu'Ondjaki s'est inspiré de son éclectisme.

En tant que secrétaire général de l'Union des écrivains angolais, de 1975 à 1992, Vieira a dirigé la publication d'un grand nombre d'auteurs et de poètes angolais.

Il reste aussi fameux pour avoir utilisé dans ses livres la langue angolaise du kimbundu. L'auteur mozambicain Mia Couto déclare que Vieira "lui a révélé la possibilité de recréer la langue portugaise".

Matthias Turcaud

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