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Février et mars 2017

Traversées théâtrales du monde arabe

Au Tarmac, Paris 20ème


Ces traversées sont une invitation à jouer à saute-frontières, passer d’un bord à l’autre, tout simplement changer de côté le temps d’un spectacle.

Pour défier les forteresses qui s’érigent inexorablement, nous vous proposons de rassembler des artistes de disciplines et d’horizons différents pour convoquer des pensées et des imaginaires qui cherchent à tisser des liens entre eux et font émerger à la fois des résonances et des différences.

Six semaines de danse, de théâtre et d’événements pour rebâtir les chemins qui nous relient aux autres.

Au programme du continent africain :

Théâtre | Maroc / France
Du 22 au 25 février 2017
GALILÉE - « EXTRAITS DE LA VIE DE GALILÉE DE BERTOLT BRECHT » B. Brecht / F. Maragnani

GALILÉE-EXTRAITS-DE-LA-VIE-DE-GALILEE-DE-BERTOLT-BRECHTEt pourtant elle tourne...

Quoi ? La terre ne serait plus au centre du Monde ? Sous un ciel immuable et divin ? Et le monde ne tournerait plus autour d'elle ? La Révolution est en marche et c'en est trop pour l'Eglise et ses dogmes, pour la Science et ses certitudes. Ainsi, en son temps, Galilée a fait tourner les têtes... Et pourtant elle tourne...

Bertolt Brecht, plus tard, reprend le destin du savant contraint d'abjurer sa découverte devant le tribunal et voit en lui le symbole de la révolte contre l'obscurantisme, ce tôt matin du commencement, ce souffle du vent qui vient des rives nouvelles.

A son tour, Frédéric Maragnani propose une révolution, une autre révélation : Galilée est une femme ! Et c’est donc une jeune femme marocaine qui endosse le rôle, bouleverse la donne et le regard. La langue est autre. Le centre est ailleurs et la parole surgit des anciennes périphéries. Ici, d'une place de village dans le Maroc d'aujourd'hui.

GaliléE... comme un éloge à ceux qui disent les temps nouveaux, à ceux qui dérangent et agacent, à ceux qui malmènent les certitudes et nous empêchent de penser en rond.

E pur si mueve.

Théâtre | Maroc / France
Du 14 au 17 mars 2017
LA CIVILISATION MA MÈRE !... D. Chraïbi / K. Troussi

LA-CIVILISATION-MA-MERE-Chraibi-TroussiHors les murs dans les établissements scolaires et sociaux.

Au départ il y a le roman de Driss Chraïbi, écrivain pionnier des lettres marocaines. Un roman dans lequel, la vie d'une femme se trouve bouleversée grâce à l'entremise de ses deux fils qui, selon leurs tempéraments, fort différents, lui donnent accès à une autre civilisation et lui permettent de s'émanciper des pesanteurs des traditions et des oppressions collectives ou individuelles.

Ce livre, publié en 1972, permet de découvrir, au plus près et au plus juste, le quotidien d'une femme marocaine, dans les années 30 et 40, et témoigne du bouleversement occasionné par la tutelle coloniale, dans un Maroc sous protectorat français. A travers ce double portrait aimant, dressé par les deux fils, le romancier fait preuve, comme souvent dans son œuvre, d'innovation littéraire et thématique, en particulier par la place faite aux femmes et par une très explicite dénonciation des servitudes qu'elles soient coloniales, religieuses ou masculines.

Emilie Malosse, dans son adaptation, et Karim Troussi, dans sa mise en scène, ont choisi d’ajouter un personnage, celui de la petite fille de cette femme. Amal Ayouch est cette petite fille et devient, de la sorte, l'interprète du roman à la scène. Ainsi, au troisième jour de deuil suivant la mort de sa grand-mère, elle s'empare de cette histoire et, dans l'attente de l'arrivée de son père et de son oncle, donne, à son tour, son portrait de l'aïeule et de sa destinée.

La Civilisation, ma mère !... est un roman de dénonciation comme savait les écrire l'écrivain marocain, c'est aussi une déclaration d'amour filial et une plongée "au sein" de la part féminine de la société comme le suggère, par un clin d'œil, le titre.

Joué dans des lieux qui ne sont pas initialement destinés au théâtre, ce spectacle entend aller à la rencontre des publics, dans une dramaturgie de proximité, intimiste, "à portée de souffle".

Théâtre | France / Algérie
Du 21 au 23 mars 2017

AMER A. Adjina / A. Bascunana

AMER-Adjina-Bascunana"De mon corps des cendres / De mes cendres un désert / Un désert en Algérie"

Petite fille, Azyadé Bascunana a promis à sa grand-mère de disperser ses cendres en Algérie. A ce jour, elle n’a pas pu tenir sa promesse. Alors, la comédienne a demandé à Amine Adjina d’écrire une fiction à partir de son histoire...

Azyadé Bascunana est toutes les voix et tous les personnages mais... "est-ce qu’au Théâtre on répare la mort ?"

Amer débusque les souvenirs lovés, au creux de l’intime, dans les interstices de la mémoire. L’appel à la prière, les taxis jaunes, la palmeraie. La première cigarette, les confidences, le désert, les mouettes et la musique de la mer.

Avec une tendre connivence et un sourire complice, c’est depuis l’enfance que la petite fille regarde sa grand-mère comme ce pays. Tous deux aimés, tous deux toujours présents mais désormais un peu plus lointains.

Car il y a aussi le poids de l’Histoire, celle de l’Algérie et de la France. Et celle de la famille, la violence du départ, l’arrachement, la vie après, la vie ailleurs. Et ce retour dans une autre Algérie, celle des attentats, de l’assassinat de Cheb Hasni, le prince du raï.

Et les "silences au souffle chaud" et le "sommeil peuplé de ce là-bas"...

Théâtre | Maroc / France
Du 29 au 31 mars 2017
LE DÉTERREUR M. Khaïr-Eddine / C. Gourmelon

le-deterreur-Mohamed Khair-EddineDu fond de sa cellule, un condamné à mort confie, en un récit âpre et puissant, les coins d’ombre de sa douloureuse existence. A ses mots, se mêlent ceux de l’écrivain narrateur, confondus dans une même révolte, une même "guérilla linguistique".

De Tafraout à Rabat, en passant par Agadir et Paris, Mohammed Khaïr-Eddine a, durant toute sa vie d’exil et d’errance, fustigé le père, le Roi, les religieux et tout ce qui pouvait représenter à ses yeux l’autorité et l’ordre. Son mal être d’enfance et son mal vivre d’homme en ont fait un mal aimé dont la complainte a ressurgi dans ses livres aux fulgurances incandescentes, avec une rage à fleur de lignes. "Enfant terrible", "écorché vif", les mêmes mots reviennent pour dire la personnalité de ce trublion iconoclaste qui a marqué de ses "encres vives" les lettres marocaines.

Dans le dépouillement de l’espace, Cédric Gourmelon fait entendre la voix et les mots dressés de l’écrivain rebelle. Le propos est là, cru et nu, comme la poésie qui le porte.

Le Déterreur est un "séisme". Un roman de l’urgence et de l’alarme dont la beauté vénéneuse semble renaître du sordide. L’oeuvre d’un insurgé provocateur, autant dire un complice de Jean Genet et de son Condamné à mort, ce demi-frère, cet "assassin si beau qu’il fait pâlir le jour".

Infos pratiques : http://letarmac.fr/la-saison/traversees-du-monde-arabe/

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