Exposition Oeuvres textiles Tentures - Teintures de Abdoulaye Konaté

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Abdoulaye_Konate

 

du 7 mars au 5 mai 2012

Exposition Oeuvres textiles Tentures - Teintures de Abdoulaye Konaté

REVUE NOIRE galerie - 8 rue Cels, 75014 Paris

Abdoulaye Konaté tire de ses sculptures textiles une matière inépuisable dans laquelle il inscrit les signes et symboles des sociétés secrètes maliennes (“Hommage aux chasseurs du mandé” - 1994) ou dévoile une lecture du monde et de ses événements (“Bosnie, Rwanda, Angola” - 1995). 

Avec ce matériau, il teint, découpe, recoupe, coud pour obtenir une structure exploitant la surface plane du tissu. Celle-ci peut devenir le support d’excroissances qui créent des effets d’optique. Peu à peu, l’assemblage de ces corps oblitère la présence de la figure et joue sur les volumes, l’infinité de plis, de rebonds, de creux, d’anfractuosités (“Symphonie Bleue” - 2007). La densité de la matière lui permet de faire danser les formes dans une création tendant vers l’abstraction (“La danse d’une nuit” - 2009).

À ses débuts, il est marqué par la peinture de Bocar Keita, l’unique peintre de sa ville natale, puis entre à l’Institut National des Arts du Mali, à Bamako. Le Mali d’alors, "pays non aligné" d’obédience communiste, lui permet de poursuivre sa formation à Cuba, à l’Institut Supérieur des Arts Plastiques de la Havane et de côtoyer les œuvres de Wilfredo Lam et d’autres grands peintres surréalistes. Ils marqueront fortement son dessin et sa peinture, notamment la série "Ciwara" et bien d’autres par la suite et jusqu’à aujourd’hui, souvent marqués par la figuration des stéréotypes africains (masques, antilopes, cornes de zébu…).

Ce n’est qu’à partir des années quatre-vingt-dix, avec de grandes tapisseries de coton traditionnel malien, qu’il engage un nouveau processus de création en s’intéressant à l’espace et au volume.

Substances fondatrices de son oeuvre, ces sculptures textiles dévoilent un univers profondément conscient des enjeux et des réalités économiques ou sociales. Il prend ainsi des positions politiques engagées traitant de problèmes sociaux, politiques et économiques graves tels que le sida (avec le patchwork de 6000 m2 couvrant le stade lors de la cérémonie d’ouverture de la CAN, Coupe Africaine de football des Nations en 2002 à Bamako), les crises mondiales ("Gris-Gris Blancs pour Israël et la Palestine" - 2006)… dans une démarche contemporaine. Mais le textile est aussi le support à l’évocation de l’essence de la culture mandingue, avec ou sans citations littérales à la tradition comme avec sa célèbre série "Hommage aux chasseurs du Mandé" de 1994. 

Artiste de la matière, Abdoulaye Konaté combine la tapisserie, l’assemblage, la teinture et la sculpture, afin de réaliser un espace à forte présence et à forte évocation. Avec le textile, les gris-gris, les balles de fusil, les vêtements usagés ou le sable, il entre dans le théâtre du monde et de l’art contemporain par la porte soit du spirituel, soit du politique, témoignant ainsi d’une conscience collective malienne, africaine et universelle.

En 1996, il reçoit le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de la Biennale de Dakar, Sénégal. Il participe à de grandes expositions en Belgique, France, Espagne, Etats-Unis, Japon… Il vit et travaille au Mali. Actuellement, directeur du CAMM, Conservatoire National des Arts et Métiers Multimédia de Bamako au Mali, il expérimente de nouvelles pédagogies inédites en Afrique.

du mercredi au samedi de 13 h à 19 h

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