Bienvenue-Bazie
23 et 24 mars 2018

Peubléto (Rêves et réalités) - Etre danseur en Afrique, est-il socialement accepté ?

Au Tarmac, Paris 20ème

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Bienvenue Bazié et Auguste Ouedraogo, les deux compères burkinabè, sont de retour au Tarmac. Cette fois, Bienvenue est seul en scène. Auguste l’accompagne à la chorégraphie.  

Le danseur et chorégraphe Bienvenue Bazié a choisi de revenir sur les traces de son adolescence, de questionner ses parents, de feuilleter ensemble le livre des souvenirs et surtout de s’interroger sur ce qui a fait du jeune homme qui poursuivait des études de comptabilité un danseur.

L’adolescence est pour tous la croisée des chemins, l’instant fragile où il s’agit de faire de ses rêves une réalité. Ou de la réalité un rêve !

Bien sûr, il y eut la mère, ses balancements et ses berceuses. Le père qui le mit pour la première fois en scène. Mais pas facile pour l’adolescent d’oser tout plaquer pour faire l’artiste. Pas facile pour les parents d’accepter le choix audacieux de leur fils et risquer de subir l’opprobre de la famille et des autres…

Auguste-Oudreaogo-danse

Entre les images des parents, leur silence et le regard qu’ils portent sur leur fils, entre les instants de doute et la certitude de l’envie, le danseur croise ses gestes avec la vidéo de Gregory Hiétin en contrepoint de la danse. Il nous invite dans la marge de ses souvenirs pour un solo de mémoire.

Heureusement, le père a su donner son accord. « J’espère que tu sais ce que tu fais ! » a-t-il seulement dit.

Pour Bienvenue Bazié, de la comptabilité à la danse, il n’y eut qu’un pas.

Conception, direction artistique : Bienvenue Bazié, Auguste Ouédraogo
Chorégraphie, interprétation : Bienvenue Bazié
Assistanat chorégraphie : Auguste Ouédraogo
Composition musicale : Adama Kouanda
Vidéo : Grégory Hiétin
Création lumière : Fabrice Barbotin
Scénographie : Marc Vallandon

Infos pratiques : http://www.letarmac.fr/la-saison/spectacles/p_s-peubleto-reves-et-realites-/spectacle-147/

Depuis ses premiers écrits, le poète, romancier et dramaturge malgache Raharimanana traque la musique des mots dans ses lignes. Il en joue tel un musicien de ses notes sur la portée. Il en goûte l’harmonie comme la discorde. Il fait vibrer les cordes des voyelles, le souffle des consonnes.

« Les mots lents à tant de vents les mots sans à l’auvent des ans. »

Pas étonnant dès lors que la musique soit si présente dans ses spectacles. Il ne s’agit pas d’une musique d’accompagnement ou d’ornement mais d’une musique consubstantiellement liée à la parole, toutes deux exigeantes, radicales, dressées drues au service du propos.

Au bord du vide, sur une crête fragile, avec son complice Tao Ravaola voix lyrique de soprano Géraldine Keller et les percussions de Jean-Christophe Feldhandler, le poète scande le scandale du monde, et par la force de la poésie, fait face à sa violence.

« Mondialisation. Monde fait aliénation. »

Ensemble, ils font entendre une parole insurgée, insoumise et mutine, portée par « un seul chant, la rhapsodie du vent porteur et du vent migrateur ».

Raharimanana n’a pas la poésie candide et, s’il suggère la douceur pour vaincre, s’il crée le beau pour abattre le laid, il offre un spectacle intransigeant et fort, conspuant les « pourvoyeurs de démocratie ».

« La fierté est le socle de mon debout. »

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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