ifriqiyya-electrique-nouvel-album
Mars à mai 2019

Le groupe tunisien IFRIQIYYA ELECTRIQUE en concert

A Perpignan, Rennes, Pont-l’Abbé et Strasbourg

Partager cet article

Les salles de spectacles ont l’habitude de séparer artistes et publics en Occident.
 

Mais des expériences différentes ont lieu de l’autre côté de la Méditerranée, dans le désert tunisien, où le groupe Ifriqiyya Electrique joue le plus.

Il y a quelques années, deux musiciens du groupe, Gianna Greco et François R. Cambuzat, se sont aventurés dans le désert de Jérid pour enquêter sur le rituel religieux appelé ‘Banga’, connu dans la région pour son intensité légendaire. Les deux membres, issus de la scène post-punk underground d’Europe avec leur groupe Putan Club et collaborateurs de Lydia Lunch, sont également des voyageurs insatiables et des chercheurs de sons.

Des voyages précédents, dans la région Ouïghoure en Chine et dans les régions kurdes de Turquie, les avaient déjà préparés à l’immersion musicale entreprise en Tunisie.

L’idée n’était pas de participer au rituel, mais plutôt de chercher à savoir comment cette cérémonie offre une « élévation pure » à ses participants, un état d’élévation et de transe.

Après avoir vécu et voyagé dans le Jérid pendant plusieurs années, les choses ont commencé à évoluer. Un groupe a commencé à se former. Leur première apparition a eu lieu à Nefta dans la ville de Sidi Marzug. Les dix premières minutes furent pénibles, les habitants de la ville étant choqués par cette transformation du Banga traditionnel.

Mais finalement, ils reconnurent une musique spirituelle et de partage et tout bascula : les gens se sont mis à danser, à chanter et à entrer en transe. Ifriqiyya Electrique venait de passer son examen pratique.

Durant le rite, il n’y a pas de chef ou de musicien mis en avant. C’est une improvisation collective, un lien social ritualisé où personne ne se démarque des autres.

Originaire d’Afrique sub-saharienne, acheté à Tombouctou par la famille Beni Ali, Sidi Marzug (le saint noir) était un esclave de Sidi Bou Ali (le saint blanc), célèbre mystique soufi de Nefta au 13ème siècle. Sidi Marzug devint un saint puissant qui disposait d’un diwan (assemblée) de rûwâhînes (esprits). Les communautés noires de Tozeur, Nefta et Metlaoui le commémorent à travers un rituel appelé Banga.

Ifriqiyya Electrique publie son premier album, Rûwâhîne, en 2017. Un album qui réunit chants hypnotiques et percussions métalliques de la musique Banga avec de l’électronique brut et un son rock. Trois membres de la communauté Banga se sont associés à Gianna et François pour l’enregistrement de l’album et la tournée de 18 mois qui a suivi : Tarek Sultan, Yahia Chouchen et Youssef Ghazala.

Le titre de ce deuxième album, Laylet el Booree, se traduit par « La nuit de folie ». Il fait référence à la dernière partie du rituel annuel du Banga de Tozeur : la nuit où les esprits prennent possession des corps. Le groupe y est rejoint par Fatma Chebbi.

En concert :

27/03 - Casa Musicale, Perpignan
12/04 - Le Tambour, Université Rennes 2 , Rennes
20/04 - Seiwa Festival, Le Triskel, Pont-l’Abbé
27/04 - Espace Django, Strasbourg
10/05 : Chabeuil – Festival Rencontres entre les Mondes

Article précédent
Festival RARES TALENTS 2019, édition spéciale en hommage à Hilaire Penda
Article suivant
Expo À L'EST DE BAMAKO - Que sont devenus les étudiants maliens formés en ex-URSS ?
 
Ajouter un Commentaire
Code de sécurité
Rafraîchir
 

On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

Restons en contact


À bientôt !